Les balades de farfa II

samedi 8 mai 2010

Express Deauville Cowes

Un aller-retour
très rapide de l'autre coté

   Farfa II est parti samedi après-midi 8 Mai, après une bonne pizza mangé avec pégase (et en plus chacun une), au 1er sas de 15h30. Cet horaire théorique correspondait à une ouverture théorique ; car, avec les petits coefficients, l’éclusier ne nous a relâchés qu’à 16h15. Un Nordet, d’abord très gentil avec pas plus de 10 nœuds établis, m’attendait dehors, dans cette très belle baie de Seine. Et puis ce Nordet est devenu de plus en plus soutenu en s’établissant à 20 nœuds ; chic alors me suis-je dit ! Cela était une promesse de belle et rapide navigation !

Le départ, le soir

   Cap au 300, direction le phare de Sainte Catherine (la pointe sud de l’île de Wight) sous GV & génois à 1 riz, à 70° du vent soit une allure entre bon plein et largue ; et cela va durer durant les 17 prochaines heures…. Belle vitesse pour farfa II qui est régulièrement à 6 nœuds voir plus. Durant toute cette traversée, je fais un très lent arc de cercle, du 300 pour me retrouver au 350 devant Sainte Catherine en fin de parcours, le vent passant de Nordet à quasiment Est.
   Le bateau est bien gîté sur bâbord, et aussi pas mal secoué par une mer devenue agitée ; les paquets de mer atterrissent de temps en temps sur la capote, avec un « splash » caractéristique. Avec ce niveau de confort (ou d’inconfort), il n’y a eu ni vrai repas le soir, ni petit déjeuner possible.

  Mais cette nuit s'est passé cependant assez bien; avec le réveil toutes les heures qui voit le matelot, toujours habillé de son ciré et de son gilet, émerger de son sommeil, sortir prudemment et vérifier que tout est OK avec un large tour d’horizon sur la mer; de temps en temps par un paquet de mer s’écrase sur la capote, suivi du glouglou caractéristique de l’eau qui s’évacue du cockpit.
   Avec cette vitesse (5,8 de moyenne) le passage des rails s’effectue plus tôt que prévu, entre 3 et 5 heures du matin, en pleine nuit. Certains prétendent que l’on voit mieux les cargos de nuit avec leurs feux ; je crains qu’ils n’aient pas du souvent traverser les rails de la Manche ; car il y en avait du trafic, et j’ai eu jusqu'à 50 cargos sur mon AIS.
   Ah ! Oui, l'AIS, quel beau progrès que cet AIS; et pour ma première traversée de nuit avec ce nouvel outil, j’en suis très satisfait et j’ai pu tranquillement faire ma route ; avec un changement de cap pour passer derrière deux gros cargos pour le rail montant, et sans avoir besoin de changer de cap pour le rail descendant. Le plus important étant d’avoir pu garder l’esprit tranquille.


L'arrivée le lendemain matin
   Ami lecteur, il n’y a pas de photos pour cette nuit héroïquement rapide, mais que j’aimerais te faire partager cette impression typiquement « voileuse » d’un matelot faisant complètement confiance à son « yote » pour traverser une longue étendue de mer qui s’appelait ce jour là la Manche. La cavalcade continuant, je me suis présenté devant Saint Catherine, le phare au Sud de l’ile de l’ile de Wright, vers 8h30 : j’avais donc fait 90 nautiques en 16 heures !!! Cette exceptionnelle moyenne de 5.6 est sans aucun doute la plus belle moyenne de farfa II sur une traversée de plus de 50 nautiques;  ce record restera très difficile à battre .. pour moi.
   La suite va être soit moins chanceuse soit moins réussi ; en effet il me faut mettre le cap sur le 10, soit au près, avec une houle assez sèche renforcé par un courant la fin du flot.



   Quelles sont inconfortables et désolantes ces navigations au près contre mer et courant ; de plus, le courant s’inverse et le jusant me rejette lentement vers le Phare de Sainte Catherine; un calcul rapide me montre qu’entre le près et courant, ma VMG ne va pas dépasser 2 nœuds au mieux durant les trois prochaines heures ; de plus le coin est parsemé de gros cargos à l’ancre ; au final je mets le moteur.
   Mais quel plaisir de voir le moteur à 2000 tours et (grâce à la MaxPro) faire, contre un vent de 15 nœuds de des vagues, du 5.5 sur l’eau et 4.8 sur le fond !
   Au bout d’une heure, je remets les voiles pour un bord de près vers le pointe Est de l’ile de Wright nommé Bembridge ; le bord est un peu court et un ultime quart d’heure de moteur est nécessaire pour rentrer dans le Solent Est en passant entre les deux grands forts qui en gardent l’entrée.
   Entre ces deux grands forts et la terre (Angleterre coté nord et ile de Wight coté sud), il existe des digues submersibles qui empêchaient les navires ennemis de passer ; on m’a dit qu’il était possible de naviguer dessus avec un voilier de croisière callant moins de deux mètres. J’en ai traversé des seuils mais Je n’arrive pas à me faire à celui-là et continue de passer entre ces deux forts


    
   Durant cette fin de matinée, le vent est tombé lentement, le moteur est remis pour arriver à Cowes Haven Marina vers 15 heures ; cette transmanche se termine par un bon repas au Pub Anchor en face de la sortie de la Marina ; suivi d’une sieste ; et celle-ci, le matelot étant bien fatigué va durer….. jusqu’au lendemain matin, c’est à dire que le diner fut prit en dormant.
   Cependant la nuit n‘a pas été si bonne que cela, à cause du « washing » ce balancement irrégulier qu’un bateau attrape quand les vaguelettes d’autres bateaux qui avancent trop vite le font bouger.
   Le lendemain matin, je pars en ville et tombe (une fois de plus) sur le magasin de Beken fermé ; il est dit que je ne pourrais jamais y aller. Après un bon repas dans le « pub en face de la mer dont j’oublie toujours le nom » je quitte le port vers les 15 heures, direction la Hamble River, au moteur.
   Je remonte cette rivière typiquement « old fashion Cowes » avec des milliers de bateaux (90% d’entre eux étant des voiliers) amarrés devant-derrière sur des milliers de pieux; cette très agréable remontée va durer presque une heure.
   Tout au bout de cette rivière Hamble, il y a la Swanwick marina ; il faut savoir que cette marina est juste à coté des chantiers « Princess » qui construisent des vedettes de 30 à 50 mètres. La conséquence la plus amusante en est le fait que les pontons de cette marina, pour accueillir ces mini-paquebots, sont deux fois plus larges et long que la moyenne ! Bizarre de voir deux voiliers l’un derrière l’autre an même catway.
Balade le soir, et repas au pub « Joly Sailor », certes ce pub est à la fois typique et agréable cependant, et AMHA, il n’est pas aussi extraordinaire que le « Cunliffe » le décrit et que sa réputation le précède.
   Au matin, je visite un shipchandler et trouve des vis identiques à ceux qui sont (par centaines ou milliers ) à l’intérieur de farfa II et que je souhaiterais changer avec le temps qui passe. J’en achète 50 et en pose 40 sur le coup ; le midi très bon repas au “Old Ship Inn”; juste à coté de la marina ; c’est un très beau pub, avec une superbe décoration marine ancienne et une bonne nourriture pour les matelots affamées.
   Départ 15 heures vers Yarmouth avec un temps mitigé, nuageux et belles éclaircies ; je savoure les joies des « 9 heures de flot », en effet le courant de flot dure très longtemps, soit bien plus qu’une marée de 6 heures 30 ; j’ai donc droit à un tenace courant contraire entre 1 & 1.5 nœuds.
   J’arrive à Yarmouth en fin d’après-midi, l’installation du port est étonnante, avec uniquement des pieux et des voiliers mouillés devant derrière ; ces bateaux forment un large U qui remplit tout le port. Je suis invité à boire l’apéro par deux vieux anglais (sans commentaires) qui naviguent sur un bon vieux Westerly, les « french ricards » et « english whiskey » sont nombreux avec des discussions incompréhensibles pour le commun des mortels sur l’avantage des coques des seventies versus le reste du monde. Bon diner dans un bon pub dont j’ai oublié le nom.
   Lever 5 heures UK soit 6 heures France ; je pars en refoulant le début du flot jusqu’aux Needles ; belle et tranquille navigation dans la manche et cela juste qu’à 16 heures où je remets le moteur. J’hésite entre aller à Cherbourg et Saint Vaast la Hougue ; mais le courant de flot me fait décider d’aller directement à Saint Vaast, même si au final j’arrive assez tard, et que le repas se limite à un croque monsieur au Perrey. Désolé de le dire, mais le récent changement de propriétaire est une catastrophe pour ce restaurant.
   Le lendemain matin, je m’accorde une bonne grasse matinée car le planning est d’aller à Grand camp, cela veut dire partir juste avant la fermeture de Saint Vaast et d’arriver à l’ouverture de Grand Camp. Je prends un vrai déjeuner après une visite de la si minuscule, si mignonne mais si triste église des marins disparus en mer de Saint Vaast.
   Après la sortie du port, le nombre de fanions de casiers est impressionnant et ressemble à un vrai champ de mines !! Je mets tranquillement le cap sur les iles Saint Marcouf, et prévoie une pause sur ancre de 15 heures jusqu’à 18 heures. Je ne suis par le seul d’ailleurs, il y a l’affluence des grands jours ensoleillées de la baie de Seine, et de nombreux bateaux sont au mouillage, beaucoup d’entre eux ayant sorti leur annexe pour aller visiter le fort de la grande ile.
   Le cap est mis sur Grand Camp qui ouvre ses porte à 20 heures ; le repas (d’accord dans pizzeria) est un vrai désastre : on me sert des pétoncles d’Australie dans un port réputé pour sa pèche aux coquilles Saint Jacques de la baie de Seine !!!
   Le lendemain, le départ est à 8 heures 30, dés l’ouverture ; le vent est, comme souvent dans les belles journées, batard : du Sud Ouest jusqu'à 12H, deux heures pétole et puis le vent rentre en Nordet ; je réduis voile réduire pour arrivée juste à l’ouverture des portes à Deauville. Et je peux vérifier que l’on peut passer avec 1.6 de tirant d’eau juste à l’ouverture des portes de la marina.

Une belle balade des deux cotés de la Manche.   


lundi 5 avril 2010

La ballade à Honfleur

Qu’ils sont nombreux ces weekend
avec un aller-retour à Honfleur !


Nous avons là une navigation si plaisante que l’on ne s’en lasse pas;
et on la recommence souvent car jamais elle n’est identique.


   D'abord, pourquoi se décide-ton à passer la nuit à Honfleur ? Tout commence, comme très souvent dans notre belle baie de Seine, par les horaires de marée; si la mer est au plus bas en fin d‘après midi, on ne peut rejoindre Deauville pour y dormir; et il faut choisir un port qui sera accessible à basse mer.
     Ouistreham est exclue, car avec une arrivée tardive on ne peut espérer sasser dans la foulée, ce sas ne se fait pas après mi-marée. Il ne reste que Le Havre et Honfleur. Le premier choix (Le Havre) veut dire aller dormir dans une ville moderne après avoir évité les cargos parmi les plus gros du monde ; Honfleur est synonyme d’une remontée de la Seine pour atteindre une ville qui est une voyage dans le temps.
     Et le choix se fait souvent pour Honfleur, à la fois pour le plaisir mais aussi pour la navigation. Il faut commencer par la remontée de la Seine, et celle-ci doit être bien préparée ; comme l’on part alors avec la marée est descendante, il ne sert à rien de se présenter trop tôt à l’entrée de ce fleuve; le courant de marée peut atteindre 4 nœuds ! Il suffit de tirer des bords dans la baie de Seine, et d’attendre la fin du jusant avant de s’engager dans la remontée de l’estuaire de la Seine. Un pylône, qu'y s'appelle le marérographe car il possède une échelle à marée, marque le début de ce chenal.

Le centre de la baie de Seine
   Du haut de ses presque 10 mètres de haut, il est très visible dans la baie de Seine.
Honfleur se situe en effet sur la rive gauche de l’estuaire de la Seine, à une dizaine de kilomètres en amont de l’embouchure. A ce niveau, les deux rives ont été encadrées par deux grandes digues qui se poursuivent bien au-delà d’Honfleur ; ces digues sont conçus pour canaliser les sédiments de ce grand fleuve, de manière à limiter l’envasement. Il se dit qu’avant, et cela jusqu’au milieu du XX siècle, l’estuaire de la Seine était quasiment impraticable ; les bancs de sable mouvants ne permettaient qu’à quelques pilotes expérimentées  de remonter un bateau vers Honfleur, voir Rouen.
   Et puis les grands travaux arrivèrent, et le fleuve fut maîtrisé, encadré entre deux longues séries de digues qui partent quasiment de l’estuaire du petit fleuve la Risle (entre Honfleur et Tancarville) et qui dirigent le flot puissant du fleuve vers la Manche ; bien sur, il faut toujours draguer et veiller à ce que les sédiments ne réduisent pas la profondeur et ainsi permettre aux cargos de remonter vers Rouen, mais la Seine est devenu un fleuve facilement navigable.
  Pour le spectacle, on peut regretter que ces deux digues aient supprimées le trop fameux « mascaret » ; mais de quoi s‘agit-il ? Et bien, quand les coefficients de marée étaient importants et que la lutte entre le flux de marée et celui de la Seine étaient au plus fort, il arrivait régulièrement que la victoire de la marée se traduise par une vague d’un demi à un mètre de hauteur remontait l’estuaire de la Seine, en déferlant sur les berges. Les promeneurs venaient de loin pour profiter de ce spectacle ; mais celui-ci pouvait devenir tragédie, car c’est, on raconte, un mascaret qui noya la fille de Victor Hugo. Enfin, nos sommes au XXI siècle, et maintenant la Seine coule encadrée par ces digues qui contiennent et dirigent son flux puissant ; et les voiliers peuvent remonter la Seine sans aucun problème de navigation, sous la seule condition d’attendre durant le plus fort du jusant.
  Le paysage est très contrasté durant cette remontée ; nous avons sur la gauche une zone industrielle moderne, avec Port 2000, le (très) grand port à containers du Havre, on dit même que c’est le plus grand d’Europe; hélas cela n'est que trop faux !! Le Havre aurait pu, aurait du devenir le premier port à containers d'Europe .. mais cela est une autre histoire; et puis sur la droite la cote normande avec des petits manoirs à flanc de colline, une forêt clairsemé, le vieux Phare de la Falaise des Fonds qui guide durant la remontée de la Seine avec une des plus complexe signalétique que je connaisse, trois secteurs et autant de signaux; et sans oublier la nouvelle île dite des oiseaux; amas de rochers complètement inutile bâti selon les consignes écologistes d'ignares patentés.
  Il y a deux parties bien distinctes entre ces deux grandes digues ; d’abord le chenal des cargos dans sa partie sud, au raz de la digue sud dite du Ratier. Ce chenal est toujours dragué, tous les jours de la semaine , de manière à garantir une dizaine de mètre d’eau sous la quille des cargos. Et puis il y à la partie nord de la Seine, qui occupe les trois quarts du fleuve, jamais dragué; mais ayant toujours 3 à 4 mètres de fond ; et où la navigation des bateaux de plaisance est à la fois facile et obligatoire. Il nous est interdit d’aller dans le chenal des cargos; cela est bien compréhensible, car ces monstres doivent naviguer dans un très étroit chenal, et ils ne pourraient pas physiquement éviter un bateau de plaisance, même s’ils le voulaient.

  Cette remontée fait 7 à 8 nautiques, et il faut entre une à deux heures pour arriver en face de l’entrée du port d’Honfleur. Est-il ou non facile d’entrer dans ce port ? C'est-à-dire difficile de passer le sas ? Les avis sont partagés. En positif, nous avons un sas dont le fonctionnement est bien connu : les heures pleines pour entrer dans Honfleur et les demies pour y sortir;  des éclusiers sympathiques prêt à attendre quelques minutes si on les appelle par VHF. En négatif : les bollards (les grosses pièces en fer auxquels les bateaux s’accrochent par des amarres durant le sas et qui montent et descendent avec le changement des hauteurs d’eau) ne sont pas si pratiques, et sont conçus pour des grosses vedettes voir les petits cargos.




   Le sas reste-il parfois ouvert ? OUI, cela m’est arrivé de rares fois, il reste ouvert quand la cote est sans doute supérieure à 8 mètres.
  Je ne dirais pas que ce sas soit parmi les plus faciles, il faut avoir une gaffe solide en solo pour agripper les bollards, mais enfin, le sas est assez profond pour que l’on soit à l’abri des rafales de vent, et je ne garde de pas mauvais souvenirs de sassage, comme à Ouistreham par exemple.
   Une fois le sas passé, et dès que les deux portes s’ouvrent, le paysage de la ville apparaît et nous avons un autre monde. Nous voila plongés dans le passé, et, dans un premier temps, il s’agit du début du XX siècle que nous voyons, avec cette architecture à la fois solide et bourgeoise ; le bateau se déhalant dans un grand chenal, entre deux solides jetées.
  Il y a une intersection en Y, et sur la gauche un chenal mène à ce qui fut l’ancien port industriel de Honfleur, ce port est dit « de l’est » ; honnêtement, je n’y suis jamais allé bien que je sache qu’il y ait des horaires d’ouverture de son pont qui se lève. Sur la droite, le long du quai, on peut voir les premiers voiliers qui se sont mis à l’aplomb de celui-ci, ce sont souvent des grands voiliers qui sont au-delà de la taille maximum pour entre dans le bassin intérieur.
  Depuis peu, le printemps 2011 il me semble, il y a un vrai ponton pour les visiteurs sur la droite; ponton bine plus confortable mais aussi moins aventureux que l'ancienne halte; ce ponton est équipé de tout les confort (eau + électricité), et sa prote est protégé par un code qui est inscrit sur la partie intérieure de cette porte. 
  Et puis on accède à un large bassin, où sont amarrés les bateaux de pêche et les vedettes de promenade ; juste sur la droite, il y a une petit bout de quai qui joue le rôle de "ponton" d‘attente pour entrer dans ce lieu quasiment sacré pour un voileux, le saint des saints : le bassin de la Lieutenance.
  Ce merveilleux vieux bassin, qui constitue une partie importante de l’attrait touristique d’Honfleur, nous plonge en quelques mètres dans une atmosphère du XVII siècle. Mais il est fermé par un pont, sur lequel très nombreuses sont les voitures qui passent, et qui semblent en interdire l’accès. Comment fait-on pour y pénétrer avec un voilier ? Rien de plus simple ! Toutes les heures demies (tombant pile à 30 minutes de l’heure) ce pont se transforme en pont-levis, se soulève majestueusement pour laisser passer les voiliers. Il suffit de se présenter quelques minutes avant, et le préposé, toujours soigneusement caché, fait son ouvrage.
  Si en basse saison, le fait d’arrêter la circulation pendant quelques minutes pour un seul bateau peut sembler un luxe ; en haute saison cela constitue plutôt un spectacle très amusant pour les nombreux touristes ; et je suis sur d’être sur des centaines, milliers de photos en train de traverser ce passage pour accéder au bassin de la Lieutenance; car tel est le nom du vieux bassin intérieur de Honfleur.
  Une fois à l’intérieur de ce bassin pas si grand, y trouver une place parait au début difficile ; le ponton visiteur se limite à DEUX places sur lesquelles les bateaux visiteurs se mettent à couple, souvent sur 4 à 5 rangs en pleine été. Pour échapper à cela, il existe une botte secrète : le dernier levage du pont à lieu, en été à 19 heures 30, donc aucun voilier ne peut se présenter après, donc les places de propriétaires libres ne peuvent plus être prises par leurs légitimes occupants; si le matin suivant on est sur de partir tôt, ou de rester à bord, on peut les occuper sans causer aucune gène ; j’ai d’ailleurs pu vérifier l’accord tacite des gestionnaires du port.


farfa à Honfleur sur une place propriétaire
  Une fois amarré à un emplacement, la fin de journée commence souvent par un petit repos, une bonne sieste ; le tout est suivi (ou précédé) d’une petite balade autour de ce bassin.
  Quand vient de début de la soirée, et où doit commencer le diner, un débat toujours revient : manger sur le bateau ou chercher un restaurant ? Et alors, sur cette question, je crains d’apporter une réponse décevante : il n’y a pas, à ma connaissance, de restaurant à recommander autour du bassin de la lieutenance. Certes, nous avons des dizaines de restaurants ouverts sur le bassin, avec leurs terrasses accueillantes ; mais, en toute franchise, je ne peut pas recommander un de ces restaurants pour son rapport « qualité / prix ».
  Enfin, l’équipage est restauré, une bonne nuit de sommeil a suivi ; et nous sommes le lendemain matin, c'est-à-dire très souvent le dimanche matin.
  Le bassin de la Lieutenance s’est doucement éveillé ; quelques promeneurs sont venus prendre leurs cafés, et l’équipage de farfa II en fait de même. La principale et grande question que l’on se pose est à quelle heure partir sachant qu’il faut négocier entre les heures d’ouverture du bassin, les courants de marée dans la Seine et les heures d’ouverture de port Deauville ; le capitaine trouve toujours la bonne solution.
  Alors que, la veille, la levée du pont de la lieutenance se faisait avec une foule compacte ; le départ du dimanche matin a lieu dans le calme et la solitude ; et, pour peu, on pourrait craindre que le préposé au pont ne soit absent. Après le franchissement de cet obstacle, en avant toute vers l’écluse.
  Il est par contre fréquent que l’horaire du sas soit réglé en fonction des vedettes de promenade, cela n’est pas grave mais impose une attente entre 5 et 15 minutes. Mais une fois sorti, c’est toujours une surprise de se retrouver entrainé par le courant, soit de flot ou alors de jusant ; dans les deux cas ( le flot avec la tenue du plein, ou le jusant avec le courant de la Seine) le résultat est parfois spectaculaire, et je me rappelle les nombreuses fois où je me suis retrouvé scotché et immobile ou alors dévalant la Seine à une vitesse proche de 5 nœuds.
  Une fois le marérographe paré, il ne reste qu’à mettre le cap sur Deauville, en direct si le banc du Ratier le permet, avec une large boucle dans le cas contraire.

Et voila, nous voici de retour, juste à temps pour prendre
le train qui me ramène vers la capitale.

dimanche 22 novembre 2009

Un BMS de légende

OUI j'aime les BMS

   Et celui du weekend des 2& & 22 Novembre 2009 fut un BMS de légende, un BMS parfait; que cela veut-il bien dire ? Un BMS ultime permet de voir une météo déchaîne  une mer sportive, un vent terrible dans des conditions de sécurité adéquates, on dira aussi raisonnables.
  Que veut bien vouloir ce mot, proche de prudent?  


dimanche 9 août 2009

La cornouaille britannique

En visitant l'autre coté
de la Bretagne ...


   Pour cette deuxième partie de navigation "été 2009", le départ a eu lieu de Saint Malo en début d'après-midi dans vent faible, hésitant, variable et avec une sacrée canicule. Après une à deux heures de rythme, ce vent faiblard finit par se stabiliser au Nord et je peux mettre le cap au 290; et oui, c'est le cap qui m’emmènerait vers les Scillys !
   Dans mon journal de bord je lis "Le Grand Lejon, phare d’approche de la baie de Saint Brieuc est paré vers la tombée de la nuit"; j’ai aussi pu apercevoir le phare des Roche Douvres dans le soleil couchant. Malheureusement, dans la nuit le vent tourne Ouest puis Ouest-Nord-Ouest en s'établissant dans les 20 nœuds, exactement dans la mauvaise direction pour un voilier voulant rejoindre les Scillys. Le nouveau cap est vers les 340 bâbord amures avec la GV à deux riz et le génois roulé au premier riz. La nuit se passe tranquillement, sans oublier le traditionnel réveil toutes les heures. Au petit jour, je passe les rails, avec l’aide du radar, comme d’habitude.
   Mais, durant toute la journée, le vent refuse de plus en plus, tournant vers un Nord Nord Ouest, et au près je mets le cap au Nord entre 10 à 20 et me résigne à mettre le cap vers la baie de Plymouth. De plus de nouvelles infiltrations d'eau de mer dans l’équipée tribord mouille des livres et mon portefeuille. La journée est difficile, maussade, j’ai peu donc pas assez mangé ; vers minuit je me fais une très chaude alerte due à un cargo. mes calculs n’emmenaient juste à l'est de Plymouth, et une baire fut repéré avec des possibilités de mouillage de nuit; j’arrive donc en baie de Cowsand pour planter la pioche vers 3 heures 30 le dimanche 2 Août.


   Après ces presque 48 heures de navigation, de plus décevantes car n’ayant pas pu faire de l’ouest comme je l’aurais voulu, je m’accorde une journée de repos typique farfa: un bon restaurant à midi et un super pub le soir.


Vue du très bon resto
   Le seul évènement de la journée fut un changement de mouillage pour être moins brassé pour la nuit suivante.

   Départ à 10 heures, avec un cap au 240 vers le Cap Lizard, pour le dernier espoir de franchir ce cap et de rejoindre les Scillys. Hélas, j’ai toujours du vent du Nord à 20 nœuds et ce type de pluie fine, constante et démoralisante. Vers 15 heures, je prends la décision de mettre le cap sur Falmouth, et je mouille sur corps mort dans la baie de Saint Mavres. 
Sans commentaires
   Il y a de nombreux cargos dans la rade; je vais au pub le soir et fais un retour sous la bruine voir la pluie.

   Après un bon repos et un repas dans le même pub que la veille, je prends la décision de rester et de rester en Cornouaille. Après avoir attendu l’arrêt de la pluie, vers les 17 heures, et je lève l’ancre ; j’ai le plaisir de passer devant un Old gaffer qui porte le nom de Florence dans la baie.




   Direction Helford River, une petite heure au moteur suivi d'un dîner à bord. et, surprise, dès le lendemain, j'ai droit à du grand beau temps.


  

   Je prends l’annexe et m’offre un bon repas, avec moules marinières cuisinés à l’anglaise, sur la tof, il y a dans l'axe, ma bière et farfa au mouillage, la vision parfaite d'une bonne nav'.


   Départ vers Megavissey avec un bord de spi symétrique durant 3 heures. Les places visiteurs se limitent à 3 corps morts dans l'avant port, surlequels les voiliers s'attachent devant-derrière.

Le lendemain, visite du musée et balade sur la colline. Achat du RNLI T shirt. Ce port est célèbre pour ses "fish and ships" et on voie des centaines d'anglais manger leurs "fish & ships"le long des quais; en conséquence je m'en offre un, et cela n'est pas si mauvais que cela!
Départ vers Fowey à la voile, mais rapidement j'ai de la pétole et je finis au moteur. Je mouille sur corps mort sur la rive droite, et il y a du monde.

Ce coté Porluan me décoit, un seul pub et une suite de chantier navals plus ou moins à l'abandon. Pour son repas du soir, je traverse et dine en face.

Le lendemain matin est consacrée à la remontée de la rivière avec ces énormes cargos qui chargent le kaolin. Et quand ces cargos redescendent, juste escorté par une petite vedette, le spectacle est garanti.
Départ l'après-midi vers Yealm river, que l'on dit être la perle de la Cornouaille, avec un bord de spi asy. L'entrée de cette rivière est à la fois difficile mais très bien balisé, et la remontée est effectivement splendide. Mouillage très tranquille sur corps mort au milieu de la rivière.

Pour gagner mon pub du soir, je dois faire une belle marche d'une demi-heure.
Je suis réveillé le samedi matin par le harbour master qui me demande son du, et je part vers 10 heures pour Dartmouth, avec "soleil et pétole" pour passer devant Start Point; j'ai quand même pu mettre un peu le spi symétrique.

Sur ancre à Dartmouth, mais 5 £ quand même. Enfin trouvé du cash pour continuer à payer les mouillages !!!

Après une bonne nuit, je fais l'avitaillement en bière pour mon ambitieuse navigation du jour, avec départ un peu tard, après le plein de gasoil. Grand soleil et canicule ; spi symétrique puis moteur direction le raz de Portland. Au milieu de la baie, j'ai la surprise d'être éscorté par quelques dauphins, la tof n'est pas terrible, mais enfin on les voit plus ou moins bien

A partir de 11 heures du soir, dans la nuit avec un vent faiblard et le courant de jusant, j'ai toute la flotte de la course du Fastnet à contre bord. Eux doivent lutter, à la voile, contre le courant, tandis que moi je l'ai favorable et que je suis au moteur!!!
Grace aux instructions nautiques, je sais que je peut passer au raz du cap de Portland, car les conditions sont bonnes; ce cap peut générer un "raz" presque aussi mauvais que le Blanchard
Arrivée 3 heures à Portland Inner Harbour.
Ah ! Le matin, l’ancre légère chasse !! Départ en vrac et puis direction Weymouth. Ouf !! Sur un ponton avec électricité, à la 3ème place sur quatre. Balade vers le Noth Fort mais j'arrive trop tard la visite.
Départ 7 heures 30 le lendemain pour la traversée de la Manche. Au début pétole avec moteur et puis le vent rentre par le nord ouest ce qui permet de mettre le spi symétrique. Vent + soleil + chaleur !! Mais je lambine et arrive à Aurigny un peu tard, la nuit venant de tomber. Le port est plein comme un œuf, mais, grace à mon achat récent d'un vrai projecteur nocturne, je peut voir la situation et je prends un corps mort résident suivi d'un repas à bord.
Départ 10 heures le lendemain matin (sans avoir été à terre car j'étais sur un corps mort de résident!!!) pour le Blanchard avec un vent parfait d’ouest de 10 à 15 nœuds, mais du brouillard puis ou moins brumeux.
Pas de spi dans le Blanchard !! Ma navigation loin d’être parfaite avec un bord trop sud avant le Blanchard et trop Nord après. Avec la brume, je n'ai vu le phare de la Hague qu'à la jumelle. Arrivée vers 16 heures au port de Chanterenne, avec un grosse faim calmé par une orgie de Mac Do suivi d'une sieste.

En fin d'après-midi, je suis perplexe car ma prise à quai ne marche pas; mystère. Je finis par la démonter et découvre horrifié que le branchement était mal fait, trop peu de fil de cuivre faisait passer le courant, et qu'elle commençait à fondre. 
Ma première activité le lendemain matin a été de trouver une nouvelle prise et de la changer. Et puis, j'ai fait une superbe navigation vers Saint Vaast la Hougue, avec utilisation des courants et des chenaux entre les cailloux ; d’abord les trois pierres puis le Hardouin et le Run au final.
Exemple avec le passage du raz du cap levi au plus près

Suivi d'un passage "à terre" du Phare de Gatteville.

Farfa II était le plus petit mais a été le plus rapide des 15 à 20 bateaux ayant quitté Cherbourg en même temps pour rejoindre Saint Vaast la Hougue. Cela m'a aussi permis de prendre une place visiteur tranquille avant la cohue des poursuivants
Moules frites au Perey à 15 heures et assiette de fruits de mer le soir. J'ai ensuite transféré la chaussette du spi asymétrique au symétrique car il était prévu de l’ouest le lendemain.
Lever à …. 5 heures 30 !! Et oui, l’écluse ferme à 6h17 et le matelot obéi à la marée. La sortie de fait de nuit, cela n’est pas si facile, même avec un GPS et son lecteur de cartes ; chaque ombre devient un fantôme. Je suis récompensé par un lever de soleil de face, le vent est favorable au début, du Sud ce qui signifie spi asy sans chaussette pas de chance. 
Mais lentement le vent faiblit et tombe, et suivent 4 heures de moteur. Je passe devant un gros cargo à l’ancre au large de Port en Bessin, bizarre. Le retour du vent se fait au final avec un vent due Nord, avec une brise thermique typique d’un après midi estivale. L’arrivée à Deauville est vers les 18 heures avec un sas typique de la mi-août ; les habituées comprendront. Cette croisière de finie par un diner au Pirate.
600 nautiques pour une belle balade couplant Anglo+ Cornouaille.

mardi 21 juillet 2009

Vers les Anglo


De Deauville à Saint Malo
en passant par les Anglo ...

   Samedi 18 juillet, je suis parti de Ouistreham en taxi, pour rejoindre Deauville et ramener farfa II à Ouistreham. Le temps était beau : soleil avec quelques nuages et un peu de vent. Bien sur, il y avait ce « BMS en cours » qui annonçait un « force 7 ou plus d’ouest» pour l’après midi, mais comme j’avais décidé de faire la route au moteur, vent et mer de face, et je comptais faire cette route, habituelle pour moi, assez facilement.
En fait de « force 8 » j’eus droit a un 40 nœuds établi soit force.. 9, et l’ouest s’est transformé en Noroit, qui m’a apporté de la mer que l’on peut qualifiée de « forte », c'est-à-dire 4 heures pour faire Deauville Ouistreham au moteur par 40 nœuds, la PIRE nav’ que je n’ai jamais faite ; comme quoi, les surprises restent courantes en mer, et la MTO reste la reine.

   Le lendemain, départ Ouistreham 10 heures, le vent est SSO à SO entre 15 et 20 nœuds et je pars avec 1 riz dans les voiles; le cap est mis sur Saint Vaast le Hougue. Une belle navigation, sauf les infiltrations dans l’équipet tribord quand il y a des vagues plus du vent et donc des embruns. Arrivée 19 heures ; suivi d’un repas surprise avec Pegase que je retrouve par hasard au port.


Gatteville


   Sortie de Saint Vaast la Hougue et direction Cherbourg par le Raz de Barfleur au programme de la journée suivante; les conditions sont excellentes et (mais ?) je me donne comme objectif de chercher « le raz » en passant dans le coin déclaré le plus roof (dur) et me trouve avec une déferlante et 50 litres dans le cockpit. Arrivée Cherbourg avec Pegase vers 16 heures.




   Pour rejoindre Guernesey, nous partons, avec pégase, vers les 7h30 pour être au fort de l’ouest avant 8H30 ; l’objectif est le Raz Blanchard, que l’on doit toujours passer avec un certain respect et dans le cadre d’une navigation bien préparée et puis Guernesey dans la foulée. Après le fort de l’ouest, nous faisons une partie de rase cailloux, selon les recommandations du matelot écumeur, pour profiter des différents contre courants et cela jusqu’à tourelle « Basse Brefort » en profitant d'un noroît 10 à 15 nœuds. Le matelot pégase, récemment équipé d’un GPS lecteur de cartes, s’en donne à cœur joie dans et passe les cardinales Nord par leur sud.
   Et puis nous arrivons au raz Blanchard et le tapis roulant se met en place, nous entraînant sans effort vers le sud-ouest.




   Belle et calme navigation, malgré un temps qui est devenu nuageux, et à 17 heures j’arrive au ponton d’attente; une demi-heure plus tard nous entrons dans la marina du vieux port de Saint Peter. Il est toujours impressionnant de passer sur un seuil, tout d'un coup un mur sous marin se révèle et on croise les doigts que cela passe; n'oublions pas qu’il s’agit sans aucun d’un des plus anciens ports de plaisance à seuil, voir le plus ancien. Diner à bord de Pegase, cuisine faite par le skipper.

   Pour gagner Jersey, je dois sortir, au lendemain et à cause des horaires de marée, de la marina avant 9 heures 30 ; et je vais me (re) mettre au ponton d’attente. Pour gagner la ville, et comme à chaque croisière estivale, l’annexe est gonflée.



   Une fois en ville, je cherche quelque chose qu’il m’a été dit de traditionnel, il s’agit trouver du crabe en vente à Guernesey ! Malheureusement, les traditions se perdent, et dans ce port si connu pour ces crabes frais, il m’a été impossible d’en trouver un seul ; et l’ancien marché aux produits de la mer a été transformé en magasin de mode. Départ 13 heures vers Jersey, avec un suroît 15 nœuds. Arrivée dans la 1er marina, mais surprise je ne trouve que des places résidents, et la porte automatique pour sortir est fermée ; donc repas à bord.

   Le 23 Juillet, je suis sortie assez tôt de la marina, et me suis mis au ponton pour attendre 13h30: c'était en effet la meilleure heure de départ pour aller à Chausey. Petit tour en ville, et j’en profite pour acheter diverses choses dont mon nouveau parfum le « Light Blue ». Je me précipite dans le premier pub ouvert et m’offre un bon English burger. Le départ vers Chausey a lieu vers 13 heures, en même temps que le bateau auquel j’étais à couple ; une fois parti nous avons eu un peu de vent et puis pétole. J’arrive à Chausey toujours émerveillé par le spectacle des rochers. Je prends le Passage de la « grande porte » et remonte le Chenal Beauchamp.


   Superbe mouillage entre les rochers « la Culassière » et « la grande mauvaise » Ah ces noms de rochers toujours aussi misogynes.

La Culassière


La Grande Mauvaise
   Je suis réveillé le lendemain avec l’alarme GPS car l’ancre (la nouvelle légère en alu) dérape, entre les 2,5 nœuds de courant et le force 6 dans le même sens. Il faut dire que je m’y attendais, et j’imaginais bien que ce matin cette ancre légère pouvait déraper. Mais j’étais tranquille, car j’avais repéré que les fonds remontaient lentement et que l’ancre devait raccrocher. La remontée du mouillage fut très pénible, main sur main sur le guindeau. Et puis la navigation s’est faite au moteur ; à quoi bon monter les voiles, j’avais qu’une heure de navigation pour rejoindre le Sound. La sortie du chenal Beauchamp me donna une sacré frayeur avec la vue des « Piliers », une tête de rocher qui ne dépassait que de 20 ou 30 centimètres, et cela quasiment au milieu du chenal. 




   Vous voyez sur la photo, cette écume n'est pas une vague, mais un rocher !! J’y aurais bien mis une perche. Au final direction vers le Sound toujours au moteur. Après m’être mis au mouillage devant-derrière comme cela se fait dans le Sound. Je m’offre un superbe restaurant avec palourdes farcies et homard tout en ayant une vue (lointaine) sur farfa II. 
Croyez moi sur parole,
farfa est au mouillage en face

   Juste en sortant, un énorme orage, avec une pluie diluvienne. Revenu sur farfa II, j’ai le plaisir d’admirer la patience et la technique d’un grand goéland marin en train de massacrer une grande sole pour arriver à l’avaler ; au bout d’une demi-heure, et après plusieurs essais infructueux, ce goéland arrive enfin à l’avaler… et il reste après une bonne dizaine de minutes à démarrer sa digestion.

   La dernière étape Chausey Saint Malo fut une promenade de santé, avec un beau soleil et une vraie pétole ; je rate l’entrée du port de peu, et doit attendre 3 heures que la marée remonte sur une des bouées d’attente situé juste à l’entrée du port des Sablons. Mon fils et ma future belle fille viennent me faire un coucou à pied. Je rentre finalement dans le port vers 18 heures.

jeudi 16 juillet 2009

Croisière 2009


En guise d'introduction...

   Comme toutes les cinq dernières années, mes projets de croisière estivale tenaient en un seul mot : cap à l’ouest ! Cap vers ces contrées magiques qui sont pour tous les voileux, celles qui sont au delà du soleil couchant !!
   Et comme souvent, les vacances ont été intégrées à cette croisière, et j’ai (nous) avons commencées avec quelques jours à Ouistreham.

PS: Il y a moins de photos, mon appareil "waterproof" est HS, et il ne me reste que le téléphone portable pour immortaliser ces quelques jours de navigation.

mardi 26 mai 2009

Retour 2ème journée

De nuit sous BMS


   J’avais bien trouvé le rythme avec un réveil toutes les heures grâce au minuteur ; à chaque fois je jette un coup d’œil sur le radar qui est bien réglé sur son mode alarme car, enfin, je maîtrise ce réglage; de plus les voiles ont droit à un nouveau réglage régulier. Le vent forcit, passant de 20 à 25 nœuds; et je me mets sous grand voile et génois à un riz et puis deux riz, ce passage au deuxième riz est d’ailleurs assez sportif mais roger tiens très farfa qui, avec le courant de flot, cavale de plus en plus vite, toujours entre 6 et 7 nœuds voir 8.
   Avec le temps qui est devenu pluvieux, j’ai droit à mes premières alarmes radar dues à des zones de pluie qui sont parfaitement repérées. Entre 3 et 4 heures, nouveau réveil due à l’alarme radar ; et j’ai la surprise de voir un « gros truc éclairé de partout »; je fais une tof, et essaye de garder ma peur pour moi.





  Dans la nuit, je me trompe sur sa route et sur son feu rouge, et je fais demi-tour; avant que tous rentre dans l’ordre ; j’aurais du me souvenir « rouge sur rouge rien ne bouge ». Le BMS est annoncé et répété sur le 16 à partir de 4 heures du matin; le vent est devenu très tonique, 25 nœuds établis et de longs rafales plus fortes, orienté d’Ouest à Ouest-Nord-Ouest; mais farfa tient très bien le coup.
  Au petit matin, j’avance toujours aussi fort, cela tartine malgré la mer qui a grossie; mais tout est incroyablement OK sous deux riz grande voile et génois, et farfa fait une belle chevauchée ; très au large de l’Antifer, 3éme alarme radar avec un cargo qui a une route type Le Havre Fécamp.
   Durant la matinée, vent et pluie sont bien au rendez vous; avec mes deux riz grand voile et génois, farfa tiens très bien le coup ; j’ai droit à des quasi surfs sur les vagues ; la vitesse maximum de 9 nœuds est tenue pendant quelques secondes !! Je fais une vidéo mais on ne voit pas l’intensité des vagues.




   Vers 10 heures, le vent se calme, et je peux larguer un riz du génois ; l’arrivée à Deauville est sportive, il est bien précisé, dans les instructions nautiques, que l’accès à la rivière de la Touques est fortement déconseillé par tempête de Noroit, cela pouvant provoquer des déferlantes dans ce chenal ; ce sont justement les conditions de ce matin ; seul point positif, nous sommes en tenue de plein, donc à l’étale, et il doit y avoir peu de courant.
   Enfin, après quelques beaux coups de roulis, et quelques larges lacets, farfa tourne à droite vers la marina, et puis voilà le sas grand ouvert qui m’attend, farfa est a son ponton.


C'était mon premier "express" Deauville Cowes.
250 nautiques et deux nav’ de nuit;
 avec un météo allant
de la pétole tropicale
à la tempête hivernale.

lundi 25 mai 2009

Retour 1er journée

En attendant le BMS



   Le reveil du matin montrait une pluie fine, tenace, déprimante et typiquement britannique; mais le ciel finit par s’éclaircir et, vers les 11 heures, tout le petit monde des bateaux à couple est parti quasiment en même temps.



   Ah l’incroyable capacité des anglais à partir d’un ponton à plusieurs ! Cela donne un vrai ballet de manœuvres ou chacun connaît son rôle, et cela sans se dire un mot.



   Je pars moi aussi en début d'après-midi en sachant très bien que la pétole va m’accompagner une bonne partie de la journée, mais qu’un BMS d’Ouest à Nord-ouest est prévu pour le milieu de la nuit et la matinée suivante. Me présentant un tout petit peu trop tôt dans le Solent, d’une heure pas plus, je dois refouler la fin du courant de flot ; mais cela me permit de profiter de l’étale de pleine mer aux Needles, avec peu de vent et mer d’huile, et de faire une (très) belle vidéo de ces trois dents ou aiguilles.



      Et puis car au 140°, avec un courant de jusant légèrement défavorable dans le vent faible ; le résultat est une alternance de voile et moteur jusqu’au milieu de la nuit, vers 11 heures voir minuit. Durant cette période je ne que trois ou quatre voiliers rentrant sur Cowes.
   Le passage des rails s’est fait à la nuit tombante, avec une légère brume ; et le radar est mis route pour bien repérer tous ces cargos. Enfin vers minuit, la bascule Ouest arrive enfin, et le vent s’établit en se renforçant minute après minute : 10, 15 et puis 20 nœuds. Le moteur est enfin coupé et farfa s’envole à plus de 5 nœuds sur voiles seul.

dimanche 24 mai 2009

Entre Cowes et Lymington

In the Solent

     Le lendemain, en me réveillant, je découvre à couple de farfa un autre bateau;  habitué aux voiliers anglais si bien entretenus, je suis étonné de découvrir une quasi épave comme je n'en que j’ai rarement vu ; c’est un sailmaster (équivalent d’un petit westerly centaur), l’équipage se compose du père et de ses deux fils qui ont, par exemple, un vieux ventilateur rouillé en guise de pseudo éolienne.


      Petite visite dans Cowes, avec arrêt et recueillement devant la boutique « Beken of Cowes » ; elle est fâcheusement fermée car « Sunday Close » œuf corse.


     J’ai aussi repris le chain-ferry, et entendu son bruit à la fois nostalgique et insupportable, mais si utile pour aller vers Cowes East. Au retour je m’achète un ensemble short plus T-shirt Musto Rouge, la couleur de farfa, ainsi qu’un nouveau matereau arrière en acajou; c'est toujours lui qui me sert à montrer le drapeau tricolore, celui de la marine qui n'est pas 33/33/33 mais 37/33/30.

Les canons donnant les départs de régate
   Déjeuner en face de la Marina, dans un très ancien pub, le Pier View; et puis départ vers Lymington, juste en face un peu vers l'ouest, avec le courant favorable de jusant et peu de vent ; les voiles sont hissées et rapidement rangés car courant plus moteur à 1800 tours m’entraînent à la vitesse de 8 nœuds vers ma destination.
    En arrivant près de Lymington, je passe devant un pylône en mer dont le nom est très exactement « Jack in the basket » ; une petite explication sur cette appellation, elle vient du guide Cunliffe. Dans les temps anciens, le temps où la pêche se faisait à la voile, la tradition rapporte que les femmes de marins venaient mettre le casse-croûte de leur marin sur ce pylône à la sortie du port ; ainsi ceux-ci pouvaient venir prendre leur « basket » ou panier à la volée et recommencer à pêcher dans la foulée, tout en ayant la satisfaction de prendre le bon repas comme à la maison ; d’où le nom de ce pylône à l’entrée du port de Lymington. Le chenal qui suit est très bien balisé, et les nombreuses boucles ont embouquées sans problème. Par contre, je n’arrive pas à trouver un ponton visiteur dans la première grande marina à bâbord. Remarquant que de nombreux bateaux sont amarrées à des corps mort « devant- derrière » et avec des pare-battages sur le coté extérieur, j’imagine qu’il est permis voir recommander de se mettre à couple ; et c’est ce que je fais.
    Mais le harbour master arrive et me demande si j’ai une annexe ; après ma réponse négative car mini-farfa n'était pas gonflé, il m’emmène au ponton visiteur; imaginez deux places cote à cote sur un petit ponton, avec les bateaux qui se mettent à couple. Je me retrouve rapidement le 3ème de 5 bateaux ; le prix est quand même modéré pour la cote sud : seulement 13 livres.

farfa troisième sur les cinq voiliers à couple

    S’en suit une petite balade en ville sous une chaleur écrasante qui devient écrasante, et cela en Angleterre au mois de mai avec un BMS à venir. Le dîner se passe au pub en face du port avec comme commande l’habituel burger double, la surprise est venu d’une bonne bière qui nous venait d’Italie.

samedi 23 mai 2009

aller vers Cowes 2ème jour

Arrivée à Cowes

     En fin de nuit, alors que nous approchons des rails dans la très pale couleur rose orangé d’un lever de soleil sur la Manche avec un vent d’est faible et une mer d’huile; le spectacle d’une trentaine de voiliers à contre sens régatant sur le parcours inverse du mien apparut ; et oui ils font la course Cowes-Deauville; et pour eux pas de moteur, pas de risée Nanni ou Volvo.
     Vers les 9 heures, le vent est revenu; le moteur fut éteint et le spi asymétrique envoyé. Léger petit déjeuner dans un vent d’est-sud-est de 10 à 12 nœuds ; cela avançait bien, le nouveau bout dehors résiste, il travaille cependant aussi un peu en souplesse et prend parfois des angles étonnants. Vers 14 heures, je fais bonjour très amicale à la très célèbre tour Nab ; mais que se passe-t-il ?
   Elle semble bien malade avec son cerclage en poutrelle d’acier. Cela fait exactement 100 nautiques depuis Deauville en plus ou moins 24 heures; la moyenne, pénalisé par le manque de vent, est 4,2 noeuds. 

La tour Nab en réfection

     Le chenal du Solent Est est embouqué peu après, le courant passe de neutre à légèrement contraire ; dans ce type de situation (avoir plus ou moins prévu d’arriver à la renverse du courant), le skipper est assez heureux voir fier de lui et de mes capacités à calculer les marées. Mais le vent faiblit et je remets le moteur en face de Ryde.
     Juste avant l’entrée de Marina River, deux voiliers se sont échouées près de la cote, sur un banc de sable; on peut facilement imaginer qu’ils aient été en train de régater bord à bord et que, l’œil rivé sur l’autre, ils en aient oublié de regarder le sondeur. Ensuite ils se sont fait prendre par le courant de jusant sur un des nombreux et traîtres bancs de sable de cette partie du Solent.


   L'arrivée au Haven Yacht Club se fit vers les 18 heures, bien sur au ponton visiteur mais coté intérieur; et cela après une belle manœuvre au moteur pour me mettre dans le petit trou de souris entre plusieurs voiliers à couple dont un catamaran. Cette arrivée est suivie d‘un repas délicieux et copieux face à la mer ; un peu même trop copieux avec deux « meals » ou plats principaux « burger special » et puis « crab cake ». Enfin, je n’avais pas fait de vrai repas depuis presque 36 heures ! Est-il utile de préciser que je suis dans ma couchette dès 8 heures ? 7 heures en local, et cela pour une nuit très réparatrice.

vendredi 22 mai 2009

Aller direct vers Cowes : 1er jour

Le vendredi 22 Mai,
nous y voila !

     La matinée est très chargée; je n’arrive que le matin, vers 11h30 heures et le sas est prévu pour fermer à 13h30 ; farfa II est rapidement préparé, le plein d’eau fait ainsi que les courses au supermarché; puis je prends une bonne platée de spaghetti chez Bertella et je quitte le ponton à 12h30. et là, mauvaise surprise, le sas vient juste de fermer et je dois faire des ronds dans l’eau pour attendre l’ouverture suivante, j’en profite pour faire le plein de gasoil. Alors que l’heure limite de sortie de Deauville est fixée à 13h30, je quitte le sas à 13h10, pour une nouvelle séquence émotion.
     L’œil rivé sur le sondeur, j'essaye de garder farfa sur la partie la plus profonde du chenal, partie gravée qui doit être gravée dans mon cerveau reptilien, car il ne faut surtout pas échouer farfa II ; cela consisterait d’abord un contretemps fâcheux pour ma croisière mais aussi une honte gênante voir insupportable.
   Cela passe, même si pendant une cinquantaine de mètres, je n’ai eu que seulement 30 centimètres d’eau sous la quille, et je suis enfin dehors. Cap au 360°bâbord amures dans un petit Noroît de 6-8 nœuds et grâce au courant de jusant, je suis lentement dépallé vers l’Angleterre par ce bel après-midi ensoleillé.

La vie est belle dans on va vers l'Angleterre

     Navigation très tranquille durant toute l’après-midi, comme je les aime ; vers 19 heures, le vent vire lentement vers le NE, toujours aussi faiblard ; pour le suivre, je vire de bord et repart tribord amures. Et puis, car même si j’ai le temps, il faut cependant avancer et le moteur est mis vers 21 heures, 1800 tours pour 4,8 nœuds.
     Superbe nuit sans nuage, ciel étoilé de 10 000 étoiles; et cela même si l’humidité tombe vite et mouille tout. Je me mets au rythme d’un réveil toutes les heures bercé par le bruit du moteur.

jeudi 21 mai 2009

De Deauville à Cowes d'une seule traite.

Comment aller à Cowes
en partant 
de Deauville.

   Depuis déjà quelques temps déjà, une idée me travaillait : pour aller en Angleterre et plus particulièrement à Cowes, en partant de Deauville, il me fallait faire :
  • soit Deauville puis Saint Vaast la Hougue, Cherbourg, et enfin Cowes ; au final trois grandes journées de navigation avec, à chaque fois, un départ vers 7 heures du matin ; de plus le détour vers Cherbourg rallonge la route.
  • ou alors Deauville, Fécamp, Newhaven, soit deux jours de navigation; mais il faut rajouter une ou plusieurs journées pour faire route vers l’Ouest et rejoindre Cowes, et on a le risque de se faire bloquer par des vents d'Ouest. 
     Ces deux options sont longues, durent entre deux, trois, voir quatre jours et rajoutent des miles par rapport à ………… la route directe, bien sur ! En jetant un coup d'oeil sur une carte, la route la plus simple pourrait être la route directe: une ligne droite relie Deauville et Cowes. Oui mais la distance est de 120 nautiques, soit un temps de trajet de 24 heures à 5 nœuds et de 30 heures à 4 nœuds. Le plan "route directe" impose une « nav’ de nuit ».
     Cependant, en étudiant ce trajet d’un peu plus près, on peut imaginer qu’avec un départ de Deauville fin de matinée, on abordait les rails vers 5 heures du matin, et on pouvait arriver à Cowes vers le milieu de l’après-midi.
     Et pour le retour, avec le même départ fin de matinée, les rails sont traversés en début de nuit et l’arrivée se fait la aussi en milieu d’après-midi. Enfin, s’habituer à faire des navigations de nuit en solo en Manche est un nécessaire et important entrainement pour pouvoir envisager de rallier un jour, qui j’espère est proche, ce mythique phare du Fastnet qui constitue toujours pour moi un Himalaya à atteindre.

Le vendredi 22 Mai 2009, nous y voila !

dimanche 22 février 2009

La "bouée phare" du Havre

Samedi 21 Février au large du Havre


   Au large du Havre, et portant le qualificatif de "phare d'approche", il existe une ... bouée ? ... Phare ? ... Émetteur radar ? Cette "structure", qui est toutes les trois à la fois, se révèle des plus étonnantes.
  
   De quoi parlons nous ? Et bien de cette "grande chose" qui a été mis là pour que les bateaux, hier voiliers aujourd'hui cargos, la voient bien, allongent leurs routes vers ce point, et qu'ils sachent qu'à partir de là ils seront sous le contrôle, la protection des autorités du port du Havre.
  J'étais depuis longtemps intrigué par ce point sur mes cartes, et un jour, le bon vent, l’opportunité, ou la chance m'a permis d'approcher cette objet si bizarre.

La Bouée - Phare en question 

Presque DIX mètres de haut !!!


La plate forme de plus près

   Voilà, fin du reportage, un objet
de curiosité de plus en Baie de Seine !