Les balades de farfa II

mardi 21 juillet 2009

Vers les Anglo


De Deauville à Saint Malo
en passant par les Anglo ...

   Samedi 18 juillet, je suis parti de Ouistreham en taxi, pour rejoindre Deauville et ramener farfa II à Ouistreham. Le temps était beau : soleil avec quelques nuages et un peu de vent. Bien sur, il y avait ce « BMS en cours » qui annonçait un « force 7 ou plus d’ouest» pour l’après midi, mais comme j’avais décidé de faire la route au moteur, vent et mer de face, et je comptais faire cette route, habituelle pour moi, assez facilement.
En fait de « force 8 » j’eus droit a un 40 nœuds établi soit force.. 9, et l’ouest s’est transformé en Noroit, qui m’a apporté de la mer que l’on peut qualifiée de « forte », c'est-à-dire 4 heures pour faire Deauville Ouistreham au moteur par 40 nœuds, la PIRE nav’ que je n’ai jamais faite ; comme quoi, les surprises restent courantes en mer, et la MTO reste la reine.

   Le lendemain, départ Ouistreham 10 heures, le vent est SSO à SO entre 15 et 20 nœuds et je pars avec 1 riz dans les voiles; le cap est mis sur Saint Vaast le Hougue. Une belle navigation, sauf les infiltrations dans l’équipet tribord quand il y a des vagues plus du vent et donc des embruns. Arrivée 19 heures ; suivi d’un repas surprise avec Pegase que je retrouve par hasard au port.


Gatteville


   Sortie de Saint Vaast la Hougue et direction Cherbourg par le Raz de Barfleur au programme de la journée suivante; les conditions sont excellentes et (mais ?) je me donne comme objectif de chercher « le raz » en passant dans le coin déclaré le plus roof (dur) et me trouve avec une déferlante et 50 litres dans le cockpit. Arrivée Cherbourg avec Pegase vers 16 heures.




   Pour rejoindre Guernesey, nous partons, avec pégase, vers les 7h30 pour être au fort de l’ouest avant 8H30 ; l’objectif est le Raz Blanchard, que l’on doit toujours passer avec un certain respect et dans le cadre d’une navigation bien préparée et puis Guernesey dans la foulée. Après le fort de l’ouest, nous faisons une partie de rase cailloux, selon les recommandations du matelot écumeur, pour profiter des différents contre courants et cela jusqu’à tourelle « Basse Brefort » en profitant d'un noroît 10 à 15 nœuds. Le matelot pégase, récemment équipé d’un GPS lecteur de cartes, s’en donne à cœur joie dans et passe les cardinales Nord par leur sud.
   Et puis nous arrivons au raz Blanchard et le tapis roulant se met en place, nous entraînant sans effort vers le sud-ouest.




   Belle et calme navigation, malgré un temps qui est devenu nuageux, et à 17 heures j’arrive au ponton d’attente; une demi-heure plus tard nous entrons dans la marina du vieux port de Saint Peter. Il est toujours impressionnant de passer sur un seuil, tout d'un coup un mur sous marin se révèle et on croise les doigts que cela passe; n'oublions pas qu’il s’agit sans aucun d’un des plus anciens ports de plaisance à seuil, voir le plus ancien. Diner à bord de Pegase, cuisine faite par le skipper.

   Pour gagner Jersey, je dois sortir, au lendemain et à cause des horaires de marée, de la marina avant 9 heures 30 ; et je vais me (re) mettre au ponton d’attente. Pour gagner la ville, et comme à chaque croisière estivale, l’annexe est gonflée.



   Une fois en ville, je cherche quelque chose qu’il m’a été dit de traditionnel, il s’agit trouver du crabe en vente à Guernesey ! Malheureusement, les traditions se perdent, et dans ce port si connu pour ces crabes frais, il m’a été impossible d’en trouver un seul ; et l’ancien marché aux produits de la mer a été transformé en magasin de mode. Départ 13 heures vers Jersey, avec un suroît 15 nœuds. Arrivée dans la 1er marina, mais surprise je ne trouve que des places résidents, et la porte automatique pour sortir est fermée ; donc repas à bord.

   Le 23 Juillet, je suis sortie assez tôt de la marina, et me suis mis au ponton pour attendre 13h30: c'était en effet la meilleure heure de départ pour aller à Chausey. Petit tour en ville, et j’en profite pour acheter diverses choses dont mon nouveau parfum le « Light Blue ». Je me précipite dans le premier pub ouvert et m’offre un bon English burger. Le départ vers Chausey a lieu vers 13 heures, en même temps que le bateau auquel j’étais à couple ; une fois parti nous avons eu un peu de vent et puis pétole. J’arrive à Chausey toujours émerveillé par le spectacle des rochers. Je prends le Passage de la « grande porte » et remonte le Chenal Beauchamp.


   Superbe mouillage entre les rochers « la Culassière » et « la grande mauvaise » Ah ces noms de rochers toujours aussi misogynes.

La Culassière


La Grande Mauvaise
   Je suis réveillé le lendemain avec l’alarme GPS car l’ancre (la nouvelle légère en alu) dérape, entre les 2,5 nœuds de courant et le force 6 dans le même sens. Il faut dire que je m’y attendais, et j’imaginais bien que ce matin cette ancre légère pouvait déraper. Mais j’étais tranquille, car j’avais repéré que les fonds remontaient lentement et que l’ancre devait raccrocher. La remontée du mouillage fut très pénible, main sur main sur le guindeau. Et puis la navigation s’est faite au moteur ; à quoi bon monter les voiles, j’avais qu’une heure de navigation pour rejoindre le Sound. La sortie du chenal Beauchamp me donna une sacré frayeur avec la vue des « Piliers », une tête de rocher qui ne dépassait que de 20 ou 30 centimètres, et cela quasiment au milieu du chenal. 




   Vous voyez sur la photo, cette écume n'est pas une vague, mais un rocher !! J’y aurais bien mis une perche. Au final direction vers le Sound toujours au moteur. Après m’être mis au mouillage devant-derrière comme cela se fait dans le Sound. Je m’offre un superbe restaurant avec palourdes farcies et homard tout en ayant une vue (lointaine) sur farfa II. 
Croyez moi sur parole,
farfa est au mouillage en face

   Juste en sortant, un énorme orage, avec une pluie diluvienne. Revenu sur farfa II, j’ai le plaisir d’admirer la patience et la technique d’un grand goéland marin en train de massacrer une grande sole pour arriver à l’avaler ; au bout d’une demi-heure, et après plusieurs essais infructueux, ce goéland arrive enfin à l’avaler… et il reste après une bonne dizaine de minutes à démarrer sa digestion.

   La dernière étape Chausey Saint Malo fut une promenade de santé, avec un beau soleil et une vraie pétole ; je rate l’entrée du port de peu, et doit attendre 3 heures que la marée remonte sur une des bouées d’attente situé juste à l’entrée du port des Sablons. Mon fils et ma future belle fille viennent me faire un coucou à pied. Je rentre finalement dans le port vers 18 heures.

jeudi 16 juillet 2009

Croisière 2009


En guise d'introduction...

   Comme toutes les cinq dernières années, mes projets de croisière estivale tenaient en un seul mot : cap à l’ouest ! Cap vers ces contrées magiques qui sont pour tous les voileux, celles qui sont au delà du soleil couchant !!
   Et comme souvent, les vacances ont été intégrées à cette croisière, et j’ai (nous) avons commencées avec quelques jours à Ouistreham.

PS: Il y a moins de photos, mon appareil "waterproof" est HS, et il ne me reste que le téléphone portable pour immortaliser ces quelques jours de navigation.

mardi 26 mai 2009

Retour 2ème journée

De nuit sous BMS


   J’avais bien trouvé le rythme avec un réveil toutes les heures grâce au minuteur ; à chaque fois je jette un coup d’œil sur le radar qui est bien réglé sur son mode alarme car, enfin, je maîtrise ce réglage; de plus les voiles ont droit à un nouveau réglage régulier. Le vent forcit, passant de 20 à 25 nœuds; et je me mets sous grand voile et génois à un riz et puis deux riz, ce passage au deuxième riz est d’ailleurs assez sportif mais roger tiens très farfa qui, avec le courant de flot, cavale de plus en plus vite, toujours entre 6 et 7 nœuds voir 8.
   Avec le temps qui est devenu pluvieux, j’ai droit à mes premières alarmes radar dues à des zones de pluie qui sont parfaitement repérées. Entre 3 et 4 heures, nouveau réveil due à l’alarme radar ; et j’ai la surprise de voir un « gros truc éclairé de partout »; je fais une tof, et essaye de garder ma peur pour moi.





  Dans la nuit, je me trompe sur sa route et sur son feu rouge, et je fais demi-tour; avant que tous rentre dans l’ordre ; j’aurais du me souvenir « rouge sur rouge rien ne bouge ». Le BMS est annoncé et répété sur le 16 à partir de 4 heures du matin; le vent est devenu très tonique, 25 nœuds établis et de longs rafales plus fortes, orienté d’Ouest à Ouest-Nord-Ouest; mais farfa tient très bien le coup.
  Au petit matin, j’avance toujours aussi fort, cela tartine malgré la mer qui a grossie; mais tout est incroyablement OK sous deux riz grande voile et génois, et farfa fait une belle chevauchée ; très au large de l’Antifer, 3éme alarme radar avec un cargo qui a une route type Le Havre Fécamp.
   Durant la matinée, vent et pluie sont bien au rendez vous; avec mes deux riz grand voile et génois, farfa tiens très bien le coup ; j’ai droit à des quasi surfs sur les vagues ; la vitesse maximum de 9 nœuds est tenue pendant quelques secondes !! Je fais une vidéo mais on ne voit pas l’intensité des vagues.




   Vers 10 heures, le vent se calme, et je peux larguer un riz du génois ; l’arrivée à Deauville est sportive, il est bien précisé, dans les instructions nautiques, que l’accès à la rivière de la Touques est fortement déconseillé par tempête de Noroit, cela pouvant provoquer des déferlantes dans ce chenal ; ce sont justement les conditions de ce matin ; seul point positif, nous sommes en tenue de plein, donc à l’étale, et il doit y avoir peu de courant.
   Enfin, après quelques beaux coups de roulis, et quelques larges lacets, farfa tourne à droite vers la marina, et puis voilà le sas grand ouvert qui m’attend, farfa est a son ponton.


C'était mon premier "express" Deauville Cowes.
250 nautiques et deux nav’ de nuit;
 avec un météo allant
de la pétole tropicale
à la tempête hivernale.

lundi 25 mai 2009

Retour 1er journée

En attendant le BMS



   Le reveil du matin montrait une pluie fine, tenace, déprimante et typiquement britannique; mais le ciel finit par s’éclaircir et, vers les 11 heures, tout le petit monde des bateaux à couple est parti quasiment en même temps.



   Ah l’incroyable capacité des anglais à partir d’un ponton à plusieurs ! Cela donne un vrai ballet de manœuvres ou chacun connaît son rôle, et cela sans se dire un mot.



   Je pars moi aussi en début d'après-midi en sachant très bien que la pétole va m’accompagner une bonne partie de la journée, mais qu’un BMS d’Ouest à Nord-ouest est prévu pour le milieu de la nuit et la matinée suivante. Me présentant un tout petit peu trop tôt dans le Solent, d’une heure pas plus, je dois refouler la fin du courant de flot ; mais cela me permit de profiter de l’étale de pleine mer aux Needles, avec peu de vent et mer d’huile, et de faire une (très) belle vidéo de ces trois dents ou aiguilles.



      Et puis car au 140°, avec un courant de jusant légèrement défavorable dans le vent faible ; le résultat est une alternance de voile et moteur jusqu’au milieu de la nuit, vers 11 heures voir minuit. Durant cette période je ne que trois ou quatre voiliers rentrant sur Cowes.
   Le passage des rails s’est fait à la nuit tombante, avec une légère brume ; et le radar est mis route pour bien repérer tous ces cargos. Enfin vers minuit, la bascule Ouest arrive enfin, et le vent s’établit en se renforçant minute après minute : 10, 15 et puis 20 nœuds. Le moteur est enfin coupé et farfa s’envole à plus de 5 nœuds sur voiles seul.

dimanche 24 mai 2009

Entre Cowes et Lymington

In the Solent

     Le lendemain, en me réveillant, je découvre à couple de farfa un autre bateau;  habitué aux voiliers anglais si bien entretenus, je suis étonné de découvrir une quasi épave comme je n'en que j’ai rarement vu ; c’est un sailmaster (équivalent d’un petit westerly centaur), l’équipage se compose du père et de ses deux fils qui ont, par exemple, un vieux ventilateur rouillé en guise de pseudo éolienne.


      Petite visite dans Cowes, avec arrêt et recueillement devant la boutique « Beken of Cowes » ; elle est fâcheusement fermée car « Sunday Close » œuf corse.


     J’ai aussi repris le chain-ferry, et entendu son bruit à la fois nostalgique et insupportable, mais si utile pour aller vers Cowes East. Au retour je m’achète un ensemble short plus T-shirt Musto Rouge, la couleur de farfa, ainsi qu’un nouveau matereau arrière en acajou; c'est toujours lui qui me sert à montrer le drapeau tricolore, celui de la marine qui n'est pas 33/33/33 mais 37/33/30.

Les canons donnant les départs de régate
   Déjeuner en face de la Marina, dans un très ancien pub, le Pier View; et puis départ vers Lymington, juste en face un peu vers l'ouest, avec le courant favorable de jusant et peu de vent ; les voiles sont hissées et rapidement rangés car courant plus moteur à 1800 tours m’entraînent à la vitesse de 8 nœuds vers ma destination.
    En arrivant près de Lymington, je passe devant un pylône en mer dont le nom est très exactement « Jack in the basket » ; une petite explication sur cette appellation, elle vient du guide Cunliffe. Dans les temps anciens, le temps où la pêche se faisait à la voile, la tradition rapporte que les femmes de marins venaient mettre le casse-croûte de leur marin sur ce pylône à la sortie du port ; ainsi ceux-ci pouvaient venir prendre leur « basket » ou panier à la volée et recommencer à pêcher dans la foulée, tout en ayant la satisfaction de prendre le bon repas comme à la maison ; d’où le nom de ce pylône à l’entrée du port de Lymington. Le chenal qui suit est très bien balisé, et les nombreuses boucles ont embouquées sans problème. Par contre, je n’arrive pas à trouver un ponton visiteur dans la première grande marina à bâbord. Remarquant que de nombreux bateaux sont amarrées à des corps mort « devant- derrière » et avec des pare-battages sur le coté extérieur, j’imagine qu’il est permis voir recommander de se mettre à couple ; et c’est ce que je fais.
    Mais le harbour master arrive et me demande si j’ai une annexe ; après ma réponse négative car mini-farfa n'était pas gonflé, il m’emmène au ponton visiteur; imaginez deux places cote à cote sur un petit ponton, avec les bateaux qui se mettent à couple. Je me retrouve rapidement le 3ème de 5 bateaux ; le prix est quand même modéré pour la cote sud : seulement 13 livres.

farfa troisième sur les cinq voiliers à couple

    S’en suit une petite balade en ville sous une chaleur écrasante qui devient écrasante, et cela en Angleterre au mois de mai avec un BMS à venir. Le dîner se passe au pub en face du port avec comme commande l’habituel burger double, la surprise est venu d’une bonne bière qui nous venait d’Italie.

samedi 23 mai 2009

aller vers Cowes 2ème jour

Arrivée à Cowes

     En fin de nuit, alors que nous approchons des rails dans la très pale couleur rose orangé d’un lever de soleil sur la Manche avec un vent d’est faible et une mer d’huile; le spectacle d’une trentaine de voiliers à contre sens régatant sur le parcours inverse du mien apparut ; et oui ils font la course Cowes-Deauville; et pour eux pas de moteur, pas de risée Nanni ou Volvo.
     Vers les 9 heures, le vent est revenu; le moteur fut éteint et le spi asymétrique envoyé. Léger petit déjeuner dans un vent d’est-sud-est de 10 à 12 nœuds ; cela avançait bien, le nouveau bout dehors résiste, il travaille cependant aussi un peu en souplesse et prend parfois des angles étonnants. Vers 14 heures, je fais bonjour très amicale à la très célèbre tour Nab ; mais que se passe-t-il ?
   Elle semble bien malade avec son cerclage en poutrelle d’acier. Cela fait exactement 100 nautiques depuis Deauville en plus ou moins 24 heures; la moyenne, pénalisé par le manque de vent, est 4,2 noeuds. 

La tour Nab en réfection

     Le chenal du Solent Est est embouqué peu après, le courant passe de neutre à légèrement contraire ; dans ce type de situation (avoir plus ou moins prévu d’arriver à la renverse du courant), le skipper est assez heureux voir fier de lui et de mes capacités à calculer les marées. Mais le vent faiblit et je remets le moteur en face de Ryde.
     Juste avant l’entrée de Marina River, deux voiliers se sont échouées près de la cote, sur un banc de sable; on peut facilement imaginer qu’ils aient été en train de régater bord à bord et que, l’œil rivé sur l’autre, ils en aient oublié de regarder le sondeur. Ensuite ils se sont fait prendre par le courant de jusant sur un des nombreux et traîtres bancs de sable de cette partie du Solent.


   L'arrivée au Haven Yacht Club se fit vers les 18 heures, bien sur au ponton visiteur mais coté intérieur; et cela après une belle manœuvre au moteur pour me mettre dans le petit trou de souris entre plusieurs voiliers à couple dont un catamaran. Cette arrivée est suivie d‘un repas délicieux et copieux face à la mer ; un peu même trop copieux avec deux « meals » ou plats principaux « burger special » et puis « crab cake ». Enfin, je n’avais pas fait de vrai repas depuis presque 36 heures ! Est-il utile de préciser que je suis dans ma couchette dès 8 heures ? 7 heures en local, et cela pour une nuit très réparatrice.

vendredi 22 mai 2009

Aller direct vers Cowes : 1er jour

Le vendredi 22 Mai,
nous y voila !

     La matinée est très chargée; je n’arrive que le matin, vers 11h30 heures et le sas est prévu pour fermer à 13h30 ; farfa II est rapidement préparé, le plein d’eau fait ainsi que les courses au supermarché; puis je prends une bonne platée de spaghetti chez Bertella et je quitte le ponton à 12h30. et là, mauvaise surprise, le sas vient juste de fermer et je dois faire des ronds dans l’eau pour attendre l’ouverture suivante, j’en profite pour faire le plein de gasoil. Alors que l’heure limite de sortie de Deauville est fixée à 13h30, je quitte le sas à 13h10, pour une nouvelle séquence émotion.
     L’œil rivé sur le sondeur, j'essaye de garder farfa sur la partie la plus profonde du chenal, partie gravée qui doit être gravée dans mon cerveau reptilien, car il ne faut surtout pas échouer farfa II ; cela consisterait d’abord un contretemps fâcheux pour ma croisière mais aussi une honte gênante voir insupportable.
   Cela passe, même si pendant une cinquantaine de mètres, je n’ai eu que seulement 30 centimètres d’eau sous la quille, et je suis enfin dehors. Cap au 360°bâbord amures dans un petit Noroît de 6-8 nœuds et grâce au courant de jusant, je suis lentement dépallé vers l’Angleterre par ce bel après-midi ensoleillé.

La vie est belle dans on va vers l'Angleterre

     Navigation très tranquille durant toute l’après-midi, comme je les aime ; vers 19 heures, le vent vire lentement vers le NE, toujours aussi faiblard ; pour le suivre, je vire de bord et repart tribord amures. Et puis, car même si j’ai le temps, il faut cependant avancer et le moteur est mis vers 21 heures, 1800 tours pour 4,8 nœuds.
     Superbe nuit sans nuage, ciel étoilé de 10 000 étoiles; et cela même si l’humidité tombe vite et mouille tout. Je me mets au rythme d’un réveil toutes les heures bercé par le bruit du moteur.

jeudi 21 mai 2009

De Deauville à Cowes d'une seule traite.

Comment aller à Cowes
en partant 
de Deauville.

   Depuis déjà quelques temps déjà, une idée me travaillait : pour aller en Angleterre et plus particulièrement à Cowes, en partant de Deauville, il me fallait faire :
  • soit Deauville puis Saint Vaast la Hougue, Cherbourg, et enfin Cowes ; au final trois grandes journées de navigation avec, à chaque fois, un départ vers 7 heures du matin ; de plus le détour vers Cherbourg rallonge la route.
  • ou alors Deauville, Fécamp, Newhaven, soit deux jours de navigation; mais il faut rajouter une ou plusieurs journées pour faire route vers l’Ouest et rejoindre Cowes, et on a le risque de se faire bloquer par des vents d'Ouest. 
     Ces deux options sont longues, durent entre deux, trois, voir quatre jours et rajoutent des miles par rapport à ………… la route directe, bien sur ! En jetant un coup d'oeil sur une carte, la route la plus simple pourrait être la route directe: une ligne droite relie Deauville et Cowes. Oui mais la distance est de 120 nautiques, soit un temps de trajet de 24 heures à 5 nœuds et de 30 heures à 4 nœuds. Le plan "route directe" impose une « nav’ de nuit ».
     Cependant, en étudiant ce trajet d’un peu plus près, on peut imaginer qu’avec un départ de Deauville fin de matinée, on abordait les rails vers 5 heures du matin, et on pouvait arriver à Cowes vers le milieu de l’après-midi.
     Et pour le retour, avec le même départ fin de matinée, les rails sont traversés en début de nuit et l’arrivée se fait la aussi en milieu d’après-midi. Enfin, s’habituer à faire des navigations de nuit en solo en Manche est un nécessaire et important entrainement pour pouvoir envisager de rallier un jour, qui j’espère est proche, ce mythique phare du Fastnet qui constitue toujours pour moi un Himalaya à atteindre.

Le vendredi 22 Mai 2009, nous y voila !

dimanche 22 février 2009

La "bouée phare" du Havre

Samedi 21 Février au large du Havre


   Au large du Havre, et portant le qualificatif de "phare d'approche", il existe une ... bouée ? ... Phare ? ... Émetteur radar ? Cette "structure", qui est toutes les trois à la fois, se révèle des plus étonnantes.
  
   De quoi parlons nous ? Et bien de cette "grande chose" qui a été mis là pour que les bateaux, hier voiliers aujourd'hui cargos, la voient bien, allongent leurs routes vers ce point, et qu'ils sachent qu'à partir de là ils seront sous le contrôle, la protection des autorités du port du Havre.
  J'étais depuis longtemps intrigué par ce point sur mes cartes, et un jour, le bon vent, l’opportunité, ou la chance m'a permis d'approcher cette objet si bizarre.

La Bouée - Phare en question 

Presque DIX mètres de haut !!!


La plate forme de plus près

   Voilà, fin du reportage, un objet
de curiosité de plus en Baie de Seine !

dimanche 21 septembre 2008

Tofs en vrac

Plein de tofs et cela
durant deux weekend de suite

   Les photos de son cher boat sont nombreuses, et un blog comme celui-ci est d’ailleurs avant tout un grand livre d'image voir de films; mais les matelots n'ont pas beaucoup de possibilités d'avoir des photos de l'extérieur, de voir son destrier du dehors, et d'avoir des photos de soi sur son voilier.
   Et c'est pourquoi, par hasard mais celui ci fait bien les choses, durant deux weekend de suite, nous (pégase  & morgane) avons eu la possibilité de faire ces photos des autres et celles ci étant finalement des tof de nous mêmes. 


lundi 11 août 2008

En visitant le Cotentin

C'est le retour,
plus musclé que prévu,

........et avec ma fillecomme équipière

   Arrivé assez tard à Paimpol, plus de 9 heures du soir, je pris la place que le harbour master m’avait donnée.


   Et nous pûmes trouver un restaurant ouvert pour un diner à trois ; ma femme nous avait réservé un hôtel, et ma fille devait dormir sur farfa II, elle et son ….... chat; ou plutôt sa chatte, elle s’appelle "Muse", et allait faire partie du voyage et de la croisière, ce qui veut dire aussi "pas d'anglo" cette année.
   Le projet du lendemain est l’île de Bréhat, ma femme va y aller avec une des vedettes, et je vais y aller avec farfa II ; départ vers midi avec le dernier sas du jusant et retour le soir à l’ouverture du flot ; entre les deux une belle marée basse qui nous permettra de profiter du spectacle des rochers de granit rose. Une nouvelle fois, cette navigation fut bien améliorée par ce GPS / lecteur de carte ! Au diable le renoncement à la facilité !!! Lire et comprendre sa position en temps réel, voir les écueils défiler sur l’écran, et les voir défiler en vrai en levant la tête procure une impression d’une si grande facilité que cela en deviendrait presque indécent.


 Et imaginer comment ils devaient faire « avant » avec des cartes si peu fiables et des moyens de se positionner si primaires ; un coup d’œil sur des alignements pour la navigation quotidienne, au mieux un compas pour les situations plus compliqués.




   Nous avons traversé ce semis d’ilots, et sommes arrivés au sud-est de l’ile de Bréhat, et nous nous sommes ancrés dans un endroit appelé chaudière de mémoire et nous avons pu admirer les reflets chatoyants du granit rose qui apparaissait avec la marée descendante. Une fois l’annexe gonflée, nous sommes allés à terre retrouvé mon épouse et nos balader sur cette île.


Mais, par cette belle journée de la fin du mois de juillet, du monde il en avait ! Certes, j’ai l’habitude de dire que l’on ne peut raisonnablement être contre la démocratisation du tourisme ; mais il est presque pénible de se retrouver dans une ambiance de foule compacte alors que l’on pratique la voile, le plus souvent en solo, pour bénéficier de la calme quiétude des moments de vraie solitude quand celle-ci est volontairement recherchée.

Après cette balade, nous avons raccompagné madame a sa vedette, et nous sommes rentrés sur farfa II pour le retour, le flot ayant commencé. De nouveau, navigation en slalomant entre les rochers ; avec un vent léger, j’ai rapidement mis le moteur, il est plus prudent de n’avoir à faire que la navigation, l’œil rivé sur le GPS tout en surveillant tous ces rochers.
Nous sommes arrivés en fin d’après-midi, tout en surveillant le sondeur, en remontant le chenal vers Paimpol ; jamais plus d’un ou deux mètres sous la quille ! Heureusement, la mer était très belle et la navigation au moteur sans aucun problème ; mais au vue de l’étroitesse de ce chenal, il ne doit faire bon de se retrouver en situation difficile, avec de la mer, dans ce coin.
A partir du lendemain, la navigation se faisait avec ma fille, et son chat, comme équipage. Gros changement d’ambiance à bord de farfa II ! Maintenant, il me faut naviguer à deux voir trois.
La première étape nous entraine vers l’est, avec comme objectif Saint Quay Portrieux ; la sortie de Paimpol s’effectue au près, avec de nouveau une navigation dans les rochers. 

   Une fois sortie du chenal de Paimpol, nous logeons la cote avec d ‘abord du courant favorable. Une fois passé le 1er cap qui délimite l’entrée sud de Paimpol, la cote change du tout au tout. A la place d’une cote plate avec de nombreux rochers éparts, nous avons de belles collines tombant dans la mer, et cela tout au long de larges criques.

   La navigation consiste à passer d’une crique à l’autre, et en dépit du vent mollissant, et de rejoindre ainsi notre objectif ; le moteur nous a régulièrement aidés. Durant cette navigation, nous avons navigué de concert avec un voilier « voile aviron » qui possédait un gréement au tiers ; j’étais vraiment peiné de l’avoir doublé si rapidement, car il ne faisait que des bords carrés.

En milieu d’après-midi, nous arrivons en vue de Saint Quay Portrieux, en passant entre la cote et un petit groupe d’iles près de celle-ci ; ce port est du style « grosse digue toute neuve » c'est-à-dire qu’il a été bâti en construisant une grande digue semi-circulaire à l’aide de gros blocs de granit, et comme les constructeurs ont voulu faire un port à flot dans une zone de fort marnage, la hauteur de la digue est énorme, dans les 10 à 12 mètres. Le résultat est efficace, mais on ne peut le qualifier d’esthétique, avec entre autre des passerelles d’accès aux pontons éloignés et pentus.
Enfin, alors que j’accédais au ponton, mon moteur a recommencé à faire des signes, s’étouffant puis s’arrêtant. Nous avons quand même pu prendre ce ponton, le moteur ayant accepté de redémarrer ; puis nous sommes allés manger à un restaurant qui portait une enseigne « service à toute heure », alléchant car il était plus de trois heures de l’après midi. Hélas, il ne s’agissait pas du vrai menu à toute heure, comme on peut le trouver dans les brasseries parisiennes, mais que juste quelques parties du menu et je crois avoir mangé une pizza surgelée, qui a été suivi d’une bonne sieste.
Le soir, diner au casino de Portrieux, il y a en fait deux villes Saint Quay, ville neuve avec son port, et Portrieux la vieille ville. Après ce diner, chacun a vogué à ses occupations habituelles, casino pour ma fille et dodo pour moi !
Le lendemain, j’ai pris la décision de faire venir un mécanicien, car il fallait que je puisse avoir un vrai avis sur mon moteur, ces arrêts sont-ils graves ou bénins ? Est-il raisonnable de continuer à naviguer avec ce problème ? Et que peut-on faire pour les éviter ? Le mécano est venu en fin de matinée ; son diagnostic a confirmé la présence d’air dans le circuit de gazole, mais surtout il m’a appris comment purgé « vite et bien » un circuit de gazole. J’étais rassuré et près à continuer notre croisière estivale. L’après-midi fut très pluvieuse et nous fîmes quelques courses en ville ; pour la soirée, même programme que la veille.

Le lendemain, départ pour Saint Malo ; je fais les manœuvres seul, car ma fille dort ; le temps est tonique, avec du soleil mais aussi un vent de Ouest-Nord-Ouest, donc portant, dans les 15 à 20 nœuds, et farfa II roule dans une mer qui est quasiment formée. Après avoir paré les iles en face de Saint Quay, c’est la traversée de la baie de Saint Brieuc puis cap vers le Phare de Fréhel.

  Cette étape restera un mauvais souvenir pour mon équipage qui, entre la fatigue d’une soirée bien arrosé et le roulis du bateau, souffre du mal de mer, qui ne passe pas malgré la Nautamine. Il il est vrai que nous voyons de la mer, en passant devant le Cap Fréhel avec vent contre courant nous avons droit à un vrai petit raz ! Belles vagues dont le rendu, en photo, est comme d’habitude moins spectaculaire qu’en vrai.

  Après ce cap, la navigation est plus souple, et mon équipage retrouve des couleurs

L’arrivée à Saint-Malo est, comme la dernière fois, très intéressante au point de vue navigation ; une nouvelle fois, le GPS lecteur de cartes visible du cockpit a fait merveille, et a pu remplacer de très nombreux allers-retours entre la table à cartes et le cockpit; nous passons près du Phare du Grand Jardin, drôle de nom pour un Phare ! 

Nous arrivons au début du flot au port des Sablons, donc avec suffisamment d’eau sur le seuil, et un zodiac nous désigne une place ; la sortie du ponton, dans cet autre port quasiment à flot avec un fort marnage, est de nouveau un exercice d’alpinisme, avec une passerelle inclinée à un fort angle. Après quelques courses, nous traversons l’isthme et allons dans un restaurant en face du fleuve « La Rance » ; pas si facile de se faire servir en pleine saison !
Le lendemain, le cap est mis sur Granville, météo agréable avec quelques nuages, mais avec un vent assez faible ; la sortie de Saint Malo se fait par la passe Nord Est, au milieu de très nombreux cailloux ; en milieu d’après-midi, le vent augment doucement et je sors le spi symétrique, permettant à ma fille s’initier à la barre sous spi, ce qui est assez sportif. Après ces efforts un peu de réconfort


   En face du Mont Saint Michel, nous avons la chance d’être escorté pendant une demi-minute par un dauphin ; c’est la première fois de cela m’arrive dans les anglo-normandes, endroit où l’on dit qu’il y en a pas mal.
Arrivée à Grandville en fin d’après-midi, RAS au niveau de la prise de ponton ; la météo est défavorable pour les jours suivants et j’ai proposé de faire juste un stop & go et de repartir dés le lendemain matin pour Diélette ; mais ma fille me dit qu’elle ne souhaite pas naviguer le jour de son anniversaire, qui tombe le lendemain ; nous resterons donc deux jours à Granville, ce qui fera surtout deux grandes soirées de casino pour mon équipage.
Après cette étape, direction Diélette avec un départ en fin de matinée, le temps que la porte à seuil ouvre et laisse passer les 1,6 de tirant d’eau de farfa II ; il faut être patient car les vedettes, qui souvent cale 50 à 60 centimètres peuvent sortir AVANT que le seuil sous-marin ne s’affaisse.
Durant cette navigation, et après avoir passé pour la 1ère fois le Passage de la Déroute (encore un nom rassurant) je suis surpris par une alarme qui faisait "bip" "bip"; voyons d’où cela peut-il venir ? Après avoir fait de tour de mes (trop nombreux) instruments qui ont une alarme, je découvre, incrédule, que c’est mon baromètre qui est en mode alarme ; or le temps est clair, le vent modéré, farfa II avance sur une mer d ‘huile à une vitesse plutôt faible.


La courbe des pressions récentes est très nettement descendante, et le "bip" d’alarme indique une baisse si brutale du baromètre qu’une tempête n’est pas loin. Je savais que la MTO était pour le moins défavorable pour le lendemain, et qu’un vent fort était prévu, mais de là à avoir une tempête !!

Le plus étrange fut que l’alarme se déclencha une deuxième fois, juste avant d’arriver au port de Diélette ; je savais maintenant d’où venait ce "bip" "bip" et constata que le petit graphique visualisant les pressions atmosphériques présentait une pente toujours aussi descendante avec un angle de plus ou moins 30°. Bon, le port de Diélette n’était pas loin, et demain serait une autre journée.
   
L’arrivée de nuit à Diélette fut un peu stressante ; en effet, nous étions au début du flot, la hauteur d’eau était d’environ 4 mètres, et, si l’avant port a toujours plus de deux mètres de fond, il est défendu par un petit seuil dont la côte ne paraissait pas si bien défini que cela, avec des hauteurs différentes selon mes sources d’informations; heureusement ce seuil est en sable. Je m’avançais donc très lentement, et passait finalement avec, de mémoire 60 centimètres sous la quille. Une fois amarré, cap sur le premier restaurant ouvert, un restaurant de fruits de mer où je garde le souvenir d’avoir mangé, en plus de mes traditionnelles bulots, des frites faites maisons, rarissime.
Le lendemain, la MTO redoutée était bien présente ; que cela s’appelle "BMS en cours", coup de vent prévu ou tempête, le résultat est le même : mer forte et splendides vagues qui déferlent. J’ai fait passer farfa II de l’avant-port dans le port de plaisance, l’arrivée au ponton fut sportive avec un vent de travers très fort, j’ai soigneusement mis les pares battages entre la coque et le ponton et farfa II a commencé à s’appuyer de tous l’effort que lui transmettait le vent sur ces supports en plastique. Il est toujours surprenant de voir son voilier gité dans un port ; mais cela a été notre quotidien pendant … deux jours !!

   Car ce coup de vent a duré deux pleines journées, deux jours à entendre le vent hurler, à voir les vagues déferler au dessus des jetées, à sentir farfa II plier sous les rafales et deux jours à essayer de s’occuper dans une ville dont on peut faire le tour à pied et où il n’y a vraiment pas grand-chose à faire.


   Le matin du troisième jour, le vent s‘est, comme prévu calmé et je reste surpris que la mer se soit aussi rapidement calmé ; départ en début d’après midi pour aller franchir le raz Blanchard. Après deux jours de tempête, quel plaisir de naviguer de nouveau dans une ambiance estivale !

   Et avec ce beau temps, la décision avait été prise de passer ce fameux raz avec le courant « au cul » et de bénéficier au maximum de l’effet tapis roulant. Deux heures après avoir quitté Diélette, nous voila près du phare du Nez de Jobourg, et nous ne serons pas déçus. En effet, les marmites, zones de tourbillonnants sont bien là et la surveillance du GPS nous permet de confirmer que notre vitesse s’est brusquement accéléré, nous sommes déjà à 8 nœuds, alors que les voiles flottent lamentablement.


Pas si simple de se sentir pousser par une eau qui a l'air si calme !! J’ai d’ailleurs rapidement affalé les voiles et mis le moteur en route au ralenti, juste pour rester manœuvrant. Au large, spectacle étonnant d’un voilier qui avait gardé son spinnaker et portait celui-ci à contre, ce spi gonflait à contre du voilier, du jamais vu.

Avec ce courant porteur, nous sommes arrivés comme une fleur à Cherbourg, en moins d’une heure, à une vitesse toujours comprise entre 8 et 9 nœuds sur le fond, moteur au ralenti à 1200 tours. Prise de ponton sans problème, je suis accueilli par un « matelot » de HEO (guillat) qui a repéré mon pavillon grand modèle ; et après un diner, comme d’habitude, au restaurant du club house nous irons prendre un digestif à bord de son feeling.
Pour l’avant dernière étape, Cherbourg Saint-Vaast, l’heure du départ est conditionnée par la marée, et nous sommes plusieurs sur le ponton, dont Nolica et guillat, à avoir prévu de partir en début d’après-midi pour prendre le flot et passer le raz de Barfleur comme une fleur ; les portes de Saint Vaast la Hougue ouvrant à 20h30 de mémoire, il n’est pas nécessaire de partir plus tôt.
Cette navigation s’est passé sous le signe du soleil et du vent mollissant ; sortie de Cherbourg vers 15 heures, voiles hautes 15 minutes plus tard.
J'en profite pour présenter au lecteur mon équipage

Un vent d’Ouest faiblard nous emmène vers Barfleur ; je hisse le spi mais ne gagne que peu de vitesse, de toute manière le courant fera le reste !
Arrive le phare de Gatteville et le raz de Barfleur ; ce raz est tout à la fois moins tumultueux et moins rapide que le Blanchard, on distingue bien des eaux tournoyantes mais la vitesse fond n’est accéléré que de 4 à 5 nœuds ; une fois le raz passé, et avec le vent qui passait de calme à pétoleux.

   
J’ai mis le moteur de manière à ne pas arriver trop tard. Ah j’oubliais, nous étions le 14 Aout, et je craignais d’avoir des problèmes de places de port et / ou de place de restaurant.

Alternative intéressante au niveau du passage du « Run » ; quand on vient du nord et que l’on veut entrer dans le port de Saint Vaast la Hougue, il y a deux solutions ; soit faire le tour de l’ile de Tatihou par le sud, soit couper au plus court entre cette ile et la terre par le passage dit du Run ; il faut savoir que ce passage est tout entier consacré à l’ostréiculture, et j’avais pu voir deux semaines avant le nombre de casiers à huitres. Mes instructions nautiques sont divergentes sur ce point ; le pilote côtier affirme que cela est possible à partir de mi-marrée alors que le Cunliffe le déconseille. Je rejoins le bateau en bois moulé basé à Saint Vaast avec lequel j’avais pris l’apéritif à midi et lui demande son avis, il me répond qu’il n’y passe jamais. Je fais donc le grand tour. Je découvrirais plus tard, sur Hisse et Oh, que ce passage du Run est parfaitement fréquentable, à partir des coeff de 70, et plus ou moins heures de la plein mer.
Nous sommes entré dans le port de Saint Vaast 21 heures passés, et nous étions au moins une dizaine de bateaux, dont la majeure partie venait de Cherbourg, à nous présenter plus ou moins en même temps, chacun essayant de trouver une place et de places il n’y en avait plus. Comme j’étais sur de partir le matin à la première heure, je pris la décision d’aller musarder sur les places de propriétaires, et trouvait une place libre ; à la grâce de Dieu !
Aller au restaurant un samedi 14 Aout à 22 heures aurait ou être difficile, heureusement, le restaurant du port, juste en face des pontons avaient encore deux places de libre, que nous primes de suite, et cela malgré le fait que la moitié du menu n’était plus disponible.
Le lendemain, départ au plus tôt, à l’ouverture des portes, vers les 8h30 de mémoire. Nous avons retrouvé dans le chenal le matelot Guillat, qui avait fait la veille la même route que nous, et qui repartait vers Carentan. La MTO était favorable, avec une prévision de vent de Sud dans les 15 à 20 nœuds. En effet, durant la première heure, nous avons eu ce vent légèrement tonique. Malheureusement, la suite ne fut pas aussi favorable, et le vent a eu plutôt tendance à baisser et surtout à s’orienter vers le Sud-est, ce qui fit qu’à la place d’un vent de travers rapide, nous eûmes du près / bon plein.
Je garde aussi un souvenir décevant de ce retour, car j’ai eu l’impression d’avoir eu toujours le courant dans le nez ; en effet, sur un Saint Vaast Deauville de 10 à 12 heures, on a habituellement un équilibre entre les périodes de courant « dans le nez » et « portant » ; et bien je n’ai pas eu l’impression dans eu la dose habituelle de portant, un vrai mystère ; j’ai après émis l’hypothèse d’avoir peut-être eu un courant plus fort que d’habitude venant de la Seine.
Enfin, depuis ces contrariétés, et pour avancer plus vite car mon équipage souffrit beaucoup du mal de mer sur ce retour, je n’hésitais pas à mettre le moteur pour augmenter la moyenne. Mais nous sommes arrivés à Deauville que vers les 9 heures et demi, ce qui fit un plus long que d’habitude et plus que les prévisions.


Sitôt arrivés, direction le Pirate pour un bon repas, avec des petites soles pour ma fille. Il n’y eut qu’une petite soirée Casino, juste pour visiter ; en effet la fatigue se faisait sentir et il fallait rentrer le lendemain par le train avec départ à … 7h30.

En rentrant est arrivé ce que nous avions craint depuis plus d’une semaine, le chat est tombé à l’eau ! Heureusement, comme il était attaché au bout de sa laisse qui faisait office de harnais, il fut facile de le faire remonter à bord.
Voila, la croisière 2008 était terminé, elle fut marqué par la très grande différence entre ce que j’avais prévu et ce qui finalement fait, mais j’en garde un excellent souvenir !!

mardi 29 juillet 2008

De Deauville à Paimpol

Une manière longue et agréable
de rejoindre Paimpol 

en partant de Deauville.

   Réveil à 7 heures du matin pour partir au plus tôt vers Saint Vaast la Hougue, je suis bien évidemment seul à sasser une demi-heure plus tard, dans cette très calme matinée; et, après avoir virer le Pylône Nord, cap à l’ouest; cap sur le 270°.

   Le vent est d’abord faible, venant du Sud Sud Est ; je prépare le spi asymétrique et celui-ci est promptement envoyé. Et puis, le vent monte en dépassant la zone des 12 à 14 nœuds ; et alors, comme trop souvent avec cet asy, Roger, mon fidèle copilote se mets en vrac dès que le vent arrive dans cette zone et je me retrouve, comme d’habitude, à la barre à essayer maîtriser les départs au lof. Le vent a alors tourné vers le sud-sud-ouest, ce spi est amené dans un petit bord de vent arrière, et farfa II repart au bon plein travers ; le vent continuant à monter, je prends rapidement un riz dans le génois et la grand voile.





   Certes la vitesse était bonne, et je pensais bien faire les 50 nautiques entre Deauville et Saint Vaast la Hougue en 10 heures après ce départ tonitruant. Cependant, en milieu de matinée le vent a commencé à se calmer, les riz ont été largués et la vitesse s’en est ressentie. Enfin, le soleil brillait, le bateau avançait bien, tout allait pour le mieux ! En milieu d’après-midi les premiers doutes sur mon heure probable d’arrivée, l’ETA comme disent nos amis anglo-saxons, ont commencés à surgir ; en effet je n’étais pas tout seul et ma tendre épouse m’attendait à St Vaast. Tout seul je n’aurais eu aucun problème à arriver très tard, manger rapidement une assiette de spaghetti et à m’endormir comme une masse; mais je me devais d’arriver à une heure descente où les restaurants sont toujours ouverts.




   J’ai donc sollicité la risée Nanni et ce brave 21 chevaux qui m’a tant fait avancer ces trois dernières années; mais il a aussi continué à me procurer ces angoisses avec ce régime qui, sans aucune explication diminue tout d’un coup, repart, re-diminue et puis peut marcher comme une horloge pendant deux heures.



   Nous sommes arrivés après 9 heures, juste le temps trouver une place visiteur, la dernière du ponton (!!!) et puis une place, la dernière de la terrasse (!!!) au restaurant « Le Chasse Marée ». Après ce bon repas direction l’hôtel où nous avions réservé.

   Visites de la ville et puis de l’île de Tatihou étaient au programme du lendemain; pour y aller à Tatihou nous avons pris le bateau à roues à l’aller, mais nous sommes revenus à pied par le passage du Run ; cette île est vraiment superbe et on ne peut que conseiller à tous d’y aller au moins une fois.


   Par contre la célèbre épicerie Gosselin m’a déçue ; on voit bien qu’année après année cette vieille maison, célèbre pour la qualité de ses produits marins, se transforme en une banale supérette auquel on aurait accolé un rayon « vin pour anglais » directement copié sur ceux de Cherbourg ou Boulogne.

   Surprise aussi de découvrir que le matelot « Pégase » m’avait apporté un croissant chaud au bateau, que je n’ai pas pu manger chaud car je dormais à l’hôtel.

   Et puis vient le départ pour Cherbourg de concert avec le matelot « speedo » que je retrouve au moment de faire le plein de gasoil. Je n’espère pas gagner notre amicale régate, car son First 33.7 ne ferra qu’une bouchée de mon farfa non caréné.


 Il y a peu de vent pour cette étape, et je compte surtout sur le courant, avec le raz de Barfleur pour m'entrainer vers Cherbourg.



    

   L‘arrivée se fait sous une pluie fine avec peu de vent ; ayant mis mon moteur plus tôt que speedo, je le rattrape et le double sans problème. Par contre, les places aux pontons visiteurs sont rares, car beaucoup d’entre elles sont réservés pour une étape de la course du Figaro ; que c’est bizarre de chercher une place et de voir un ponton entier vide !

   Nous avons visités, le lendemain, la cité de la mer, à déconseiller sauf pour ceux qui ont des enfants en bas âge, et le sous-marin « Le Redoutable », que je recommande pour ceux qui voudraient savoir comment sont faits, à l’intérieur, ces monstres sous-marins.
   Que de câbles électriques ! Que de tuyaux amenant la pression hydraulique ! Que de canalisations avec de la vapeur à 300 °; époustouflant.
   
   Et puis vient le départ vers Guernesey….. Ce départ a été mûrement réfléchi et planifié, car il fallait le même jour que mon épouse prenne le ferry de Saint Malo et que je passe le Raz Blanchard ; or la météorologue n’était pas favorable; et le vent était annoncé force 5, orienté Sud-ouest. Comme un voilier ne peut passer le raz Blanchard qu’avec le courant favorable, il me fallait passer ce raz Blanchard par vent contre courant avec de plus un vent de force 5 soit les conditions que tout le monde qualifie la limite supérieure.

    Par contre les horaires étaient favorables, avec une marée haute à Cherbourg vers 9 heures du matin, et je me suis donc présenté à la passe de l’ouest vers 8 heures 30 et vogue la galère. Le départ s‘est très bien passé avec un vent plus faible que prévu, grâce, j’ose à peine le dire, à un vilain petit crachin qui coupait la force du vent. Mon fier farfa II taillait bien sa route, au près bâbord amures, et la cote défilait, dans une luminosité faiblarde signal de pluie et de vent, bref de mauvais temps.

   Vers 11 heures 30, du coté de la bouée dite « Basse Brefort » les choses sérieuses ont commencé, avec un vent qui est monté vers 20 nœuds, et la prise d’un riz dans la grand voile et le génois ; remontant vaillamment le vent de Sud-ouest bâbord amures, farfa II était plutôt à l’aise, même si le matelot se faisait consciencieusement branlé ! Et puis, au fur et à mesure que je me rapprochais du raz Blanchard, et grâce à l’étale de la marée montante, la mer s’est calmé, et la remontée au vent s’est faite plus tranquille. Le vent de Sud-ouest a alors commencé à virer, comme prévu par la météorologie, vers l’ouest ; ma route s’est lentement incurvé vers le nord-ouest et j’ai donc viré de bord, avec le Phare de la Hague en amer principal, pour repartir au près, tribord amures, et avec un cap sud-ouest. Durant le début d’après-midi, le temps, plutôt très nuageux voir bruineux, s’est nettement amélioré, et le soleil a fait son apparition. Cette journée de navigation qui avait commencé dans le doute et la pluie se continuait dans le calme et le soleil. J’ai d’ailleurs fait quelques belles photos.

   Cependant, en pendant que l’après-midi se passait sereinement, ma navigation commençait à m’alerter ; en effet, comme j’étais au près en tirant des bords, la vitesse n’était pas terrible, et le courant portant commençait à diminuer. Je voyais clairement le moment où j’allais atteindre Guernesey en pleine marée montante, courant dans le nez. Et je n’ai pas été déçu; après avoir contourné par le Nord les cailloux de Guernesey, je me présenté dans le Russel avec le courant de flot au maximum. De plus je devais ne pas arriver trop tard pour dîner avec mon épouse. Le moteur sollicité au maximum me permettait d’afficher un étonnant 7 nœuds surface, mais le GPS me ramenait à la dure réalité avec 2 voir 1 seul nœud sur le fond; sans doute, j’aurais peut-être été plus vite en contournant Herm par le Sud pour me présenté dans le Russel dans l’autre sens.
   Je suis finalement arrivé à St Peter juste à temps pour aller au restaurant mais trop tard pour le dîner dans l’auberge que nous avions réservée; ce diner s’est transformé en déjeuner le lendemain.
Je suis entré dans la marina, et le harbour master m’a trouvé une place à couple. Etonnant la capacité qu’avait ce gars à remplir son port, imaginer les bateaux à couple entre deux pontons, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un place au milieu pour permettre à un bateau de partir.
   Ce dîner du soir s’est fait dans un restaurant du port tenu par des français ; au menu un bon gros tourteau des anglo-normandes, un de ces gros crustacés que l’on prend un temps incroyable à déguster, bouchée après bouchée, miette après miette.
Au programme du lendemain, visite de l’île, avec : les deux maisons de Victor Hugo, le Castle et le musée de la ville avec retour à l’hôtel pour le déjeuner dans un restaurant adorablement old-fashion; hélas, le temps est devenu très pluvieux l’après-midi et mon épouse a préféré rentré à Saint-Malo.
Séance de couture pour moi ; en effet, au niveau de la capote, la couture du hublot bâbord s’était défaite sur près d’un mètre la veille, alors qu’un coup de roulis a fait que je m’étais plus ou moins assis sur ce hublot en plastique souple transparent. Depuis ce dernier pendait lamentablement, et il me fallait le réparer.
Armé d’une aiguille et d’un fil en coton, et sans avoir défaite la capote car celle-ci était trempé, je passais un certain temps, près d’une heure à faire des points de couture, et cela en faisant de mon mieux pour passer entre les averses ; enfin, la réparation provisoire a tenu le coup jusqu’au moment où j’ai pu faire la couture.


   Départ le lendemain à l’aube, avec une belle météo nous promettant un vent d’Ouest et sous un beau soleil ; le départ fut sportif ; non pas parce qu’il m’a fallu me glisser entre les deux files de bateaux, mais parce que mon voisin de ponton, le skipper du bateau à couple duquel je m’étais mis, a voulu m‘aider ; et il n’as réussi qu’à me casser l’attache du mâtereau du pavillon national et celui-ci est tombé à l’eau ! Mais j’ai pu, d’un coup de gaffe très élégant, le repêcher ; le skipper fautif, qui paraissant aussi désolé qu’un anglais flegmatique peut l’être, n’as pu que me dire un « What a nice fisching … ».
   Pour cette navigation vers Paimpol, j’avais mieux calculé les courants, et ceux-ci allaient un moins défavorables car traversiers ; avec un cap théorique Ouest-sud-ouest, j’allais avoir, pendant les deux à trois premières heures, un courant de marée montante qui allait me déporter vers l’est, puis le jusant devait m’entrainer favorablement vers l’est ; à mi-chemin de Guernesey et de Paimpol, j’avais bien évidemment prévu de faire une visite au très fameux phare des Roche-Douvres.
   Ah le beau soleil qui m’attendait ce matin là ! Et cela surtout après les trombes d’eau qui s’étaient abattues la vielle !
   Je pris le chenal entre l’ile de Guernesey et Serq, le « petit Russel » et cap au Sud-ouest ; pendant les 3 premières heures le courant de flot allait m’emmener vers la gauche, ramenant ma course vers un plein Sud, et puis le jusant devait m’entrainer vers l’ouest pour m’amener vers ce fameux phare.
Le vent forcit lentement, comme annoncé par la MTO ; et avec la clarté argentée que donne le soleil sur une mer qui frissonne, je pus faire quelques belles photos, sous le vent, de farfa II jouant et escaladant les vagues dans de belles gerbes d’écume ; une de ces photos fut plus tard comme le fond d’écran pour la période 2008-2009.
Le phare des Roches Douvres commença à apparaître dans le lointain ; et je garantis à tous les navigateurs qu’il vaut le déplacement, et qu’il est vraiment majestueux ce phare dans sa solitude improbable. En effet, la seules question raisonnable que l’on doit se poser est : « pourquoi avoir construit un phare si beau à un endroit où si peu de monde pourront venir l’admirer ? ».


Je suis passé juste au sud-ouest de l’ilot qui a servi de base pour le construire et, grâce à ce merveilleux GPS lecteur de cartes, j’ai pu passer à raz de ce phare, entre son ilot et un haut-fond, avec une impression de maitrise en temps réel que le report des positions sur la carte ne m’aurait pas permis.
Une fois passé ce phare majestueux, et tous ceux qui ont déjà lu ma prose savent bien comment je les admire et comment je suis capable de changer ma route juste pour le plaisir d’en voir un, je continuais vers Paimpol, tout en passant au raz d’un autre plus petit phare à quelques nautiques de la cote qui s’appelle le Bruhou.
Arrivant plus près de la cote j’avais naturellement droit au courant de marée montante, logique pour arriver à Paimpol à mi-marée montante. Une fois de plus, je dus lutter et jouer avec les courants ; mon plan d’arriver au niveau de Bréhat et de ma laisser alors porter par le courant de flot en passant entre les nombreux rochers et ilots. Ce plan était cohérent, mais il m’a forcé à naviguer avec le courant de travers pour rejoindre ce point de route. Ah ! Quel sensation spéciale dans nos régions que de d’avoir une route fond décalé de 40 à 50 degrés par rapport à sa route surface ! Et en effet, je faisais un cap surface vers les 300° et ma route fond était vers les 260° ; j’ai eu droit à de belles marmites, heureusement qu’il n’y avait pas de mer.

Après avoir trouvé les chenaux d’accès entre ces très beaux ilots de granit rose, j’embouquai, au moteur, le chenal qui mène à ce fameux port de Paimpol où je devais retrouver à la fois ma femme mais aussi ma fille.