Les balades de farfa II

lundi 5 avril 2010

La ballade à Honfleur

Qu’ils sont nombreux ces weekend
avec un aller-retour à Honfleur !


Nous avons là une navigation si plaisante que l’on ne s’en lasse pas;
et on la recommence souvent car jamais elle n’est identique.


   D'abord, pourquoi se décide-ton à passer la nuit à Honfleur ? Tout commence, comme très souvent dans notre belle baie de Seine, par les horaires de marée; si la mer est au plus bas en fin d‘après midi, on ne peut rejoindre Deauville pour y dormir; et il faut choisir un port qui sera accessible à basse mer.
     Ouistreham est exclue, car avec une arrivée tardive on ne peut espérer sasser dans la foulée, ce sas ne se fait pas après mi-marée. Il ne reste que Le Havre et Honfleur. Le premier choix (Le Havre) veut dire aller dormir dans une ville moderne après avoir évité les cargos parmi les plus gros du monde ; Honfleur est synonyme d’une remontée de la Seine pour atteindre une ville qui est une voyage dans le temps.
     Et le choix se fait souvent pour Honfleur, à la fois pour le plaisir mais aussi pour la navigation. Il faut commencer par la remontée de la Seine, et celle-ci doit être bien préparée ; comme l’on part alors avec la marée est descendante, il ne sert à rien de se présenter trop tôt à l’entrée de ce fleuve; le courant de marée peut atteindre 4 nœuds ! Il suffit de tirer des bords dans la baie de Seine, et d’attendre la fin du jusant avant de s’engager dans la remontée de l’estuaire de la Seine. Un pylône, qu'y s'appelle le marérographe car il possède une échelle à marée, marque le début de ce chenal.

Le centre de la baie de Seine
   Du haut de ses presque 10 mètres de haut, il est très visible dans la baie de Seine.
Honfleur se situe en effet sur la rive gauche de l’estuaire de la Seine, à une dizaine de kilomètres en amont de l’embouchure. A ce niveau, les deux rives ont été encadrées par deux grandes digues qui se poursuivent bien au-delà d’Honfleur ; ces digues sont conçus pour canaliser les sédiments de ce grand fleuve, de manière à limiter l’envasement. Il se dit qu’avant, et cela jusqu’au milieu du XX siècle, l’estuaire de la Seine était quasiment impraticable ; les bancs de sable mouvants ne permettaient qu’à quelques pilotes expérimentées  de remonter un bateau vers Honfleur, voir Rouen.
   Et puis les grands travaux arrivèrent, et le fleuve fut maîtrisé, encadré entre deux longues séries de digues qui partent quasiment de l’estuaire du petit fleuve la Risle (entre Honfleur et Tancarville) et qui dirigent le flot puissant du fleuve vers la Manche ; bien sur, il faut toujours draguer et veiller à ce que les sédiments ne réduisent pas la profondeur et ainsi permettre aux cargos de remonter vers Rouen, mais la Seine est devenu un fleuve facilement navigable.
  Pour le spectacle, on peut regretter que ces deux digues aient supprimées le trop fameux « mascaret » ; mais de quoi s‘agit-il ? Et bien, quand les coefficients de marée étaient importants et que la lutte entre le flux de marée et celui de la Seine étaient au plus fort, il arrivait régulièrement que la victoire de la marée se traduise par une vague d’un demi à un mètre de hauteur remontait l’estuaire de la Seine, en déferlant sur les berges. Les promeneurs venaient de loin pour profiter de ce spectacle ; mais celui-ci pouvait devenir tragédie, car c’est, on raconte, un mascaret qui noya la fille de Victor Hugo. Enfin, nos sommes au XXI siècle, et maintenant la Seine coule encadrée par ces digues qui contiennent et dirigent son flux puissant ; et les voiliers peuvent remonter la Seine sans aucun problème de navigation, sous la seule condition d’attendre durant le plus fort du jusant.
  Le paysage est très contrasté durant cette remontée ; nous avons sur la gauche une zone industrielle moderne, avec Port 2000, le (très) grand port à containers du Havre, on dit même que c’est le plus grand d’Europe; hélas cela n'est que trop faux !! Le Havre aurait pu, aurait du devenir le premier port à containers d'Europe .. mais cela est une autre histoire; et puis sur la droite la cote normande avec des petits manoirs à flanc de colline, une forêt clairsemé, le vieux Phare de la Falaise des Fonds qui guide durant la remontée de la Seine avec une des plus complexe signalétique que je connaisse, trois secteurs et autant de signaux; et sans oublier la nouvelle île dite des oiseaux; amas de rochers complètement inutile bâti selon les consignes écologistes d'ignares patentés.
  Il y a deux parties bien distinctes entre ces deux grandes digues ; d’abord le chenal des cargos dans sa partie sud, au raz de la digue sud dite du Ratier. Ce chenal est toujours dragué, tous les jours de la semaine , de manière à garantir une dizaine de mètre d’eau sous la quille des cargos. Et puis il y à la partie nord de la Seine, qui occupe les trois quarts du fleuve, jamais dragué; mais ayant toujours 3 à 4 mètres de fond ; et où la navigation des bateaux de plaisance est à la fois facile et obligatoire. Il nous est interdit d’aller dans le chenal des cargos; cela est bien compréhensible, car ces monstres doivent naviguer dans un très étroit chenal, et ils ne pourraient pas physiquement éviter un bateau de plaisance, même s’ils le voulaient.

  Cette remontée fait 7 à 8 nautiques, et il faut entre une à deux heures pour arriver en face de l’entrée du port d’Honfleur. Est-il ou non facile d’entrer dans ce port ? C'est-à-dire difficile de passer le sas ? Les avis sont partagés. En positif, nous avons un sas dont le fonctionnement est bien connu : les heures pleines pour entrer dans Honfleur et les demies pour y sortir;  des éclusiers sympathiques prêt à attendre quelques minutes si on les appelle par VHF. En négatif : les bollards (les grosses pièces en fer auxquels les bateaux s’accrochent par des amarres durant le sas et qui montent et descendent avec le changement des hauteurs d’eau) ne sont pas si pratiques, et sont conçus pour des grosses vedettes voir les petits cargos.




   Le sas reste-il parfois ouvert ? OUI, cela m’est arrivé de rares fois, il reste ouvert quand la cote est sans doute supérieure à 8 mètres.
  Je ne dirais pas que ce sas soit parmi les plus faciles, il faut avoir une gaffe solide en solo pour agripper les bollards, mais enfin, le sas est assez profond pour que l’on soit à l’abri des rafales de vent, et je ne garde de pas mauvais souvenirs de sassage, comme à Ouistreham par exemple.
   Une fois le sas passé, et dès que les deux portes s’ouvrent, le paysage de la ville apparaît et nous avons un autre monde. Nous voila plongés dans le passé, et, dans un premier temps, il s’agit du début du XX siècle que nous voyons, avec cette architecture à la fois solide et bourgeoise ; le bateau se déhalant dans un grand chenal, entre deux solides jetées.
  Il y a une intersection en Y, et sur la gauche un chenal mène à ce qui fut l’ancien port industriel de Honfleur, ce port est dit « de l’est » ; honnêtement, je n’y suis jamais allé bien que je sache qu’il y ait des horaires d’ouverture de son pont qui se lève. Sur la droite, le long du quai, on peut voir les premiers voiliers qui se sont mis à l’aplomb de celui-ci, ce sont souvent des grands voiliers qui sont au-delà de la taille maximum pour entre dans le bassin intérieur.
  Depuis peu, le printemps 2011 il me semble, il y a un vrai ponton pour les visiteurs sur la droite; ponton bine plus confortable mais aussi moins aventureux que l'ancienne halte; ce ponton est équipé de tout les confort (eau + électricité), et sa prote est protégé par un code qui est inscrit sur la partie intérieure de cette porte. 
  Et puis on accède à un large bassin, où sont amarrés les bateaux de pêche et les vedettes de promenade ; juste sur la droite, il y a une petit bout de quai qui joue le rôle de "ponton" d‘attente pour entrer dans ce lieu quasiment sacré pour un voileux, le saint des saints : le bassin de la Lieutenance.
  Ce merveilleux vieux bassin, qui constitue une partie importante de l’attrait touristique d’Honfleur, nous plonge en quelques mètres dans une atmosphère du XVII siècle. Mais il est fermé par un pont, sur lequel très nombreuses sont les voitures qui passent, et qui semblent en interdire l’accès. Comment fait-on pour y pénétrer avec un voilier ? Rien de plus simple ! Toutes les heures demies (tombant pile à 30 minutes de l’heure) ce pont se transforme en pont-levis, se soulève majestueusement pour laisser passer les voiliers. Il suffit de se présenter quelques minutes avant, et le préposé, toujours soigneusement caché, fait son ouvrage.
  Si en basse saison, le fait d’arrêter la circulation pendant quelques minutes pour un seul bateau peut sembler un luxe ; en haute saison cela constitue plutôt un spectacle très amusant pour les nombreux touristes ; et je suis sur d’être sur des centaines, milliers de photos en train de traverser ce passage pour accéder au bassin de la Lieutenance; car tel est le nom du vieux bassin intérieur de Honfleur.
  Une fois à l’intérieur de ce bassin pas si grand, y trouver une place parait au début difficile ; le ponton visiteur se limite à DEUX places sur lesquelles les bateaux visiteurs se mettent à couple, souvent sur 4 à 5 rangs en pleine été. Pour échapper à cela, il existe une botte secrète : le dernier levage du pont à lieu, en été à 19 heures 30, donc aucun voilier ne peut se présenter après, donc les places de propriétaires libres ne peuvent plus être prises par leurs légitimes occupants; si le matin suivant on est sur de partir tôt, ou de rester à bord, on peut les occuper sans causer aucune gène ; j’ai d’ailleurs pu vérifier l’accord tacite des gestionnaires du port.


farfa à Honfleur sur une place propriétaire
  Une fois amarré à un emplacement, la fin de journée commence souvent par un petit repos, une bonne sieste ; le tout est suivi (ou précédé) d’une petite balade autour de ce bassin.
  Quand vient de début de la soirée, et où doit commencer le diner, un débat toujours revient : manger sur le bateau ou chercher un restaurant ? Et alors, sur cette question, je crains d’apporter une réponse décevante : il n’y a pas, à ma connaissance, de restaurant à recommander autour du bassin de la lieutenance. Certes, nous avons des dizaines de restaurants ouverts sur le bassin, avec leurs terrasses accueillantes ; mais, en toute franchise, je ne peut pas recommander un de ces restaurants pour son rapport « qualité / prix ».
  Enfin, l’équipage est restauré, une bonne nuit de sommeil a suivi ; et nous sommes le lendemain matin, c'est-à-dire très souvent le dimanche matin.
  Le bassin de la Lieutenance s’est doucement éveillé ; quelques promeneurs sont venus prendre leurs cafés, et l’équipage de farfa II en fait de même. La principale et grande question que l’on se pose est à quelle heure partir sachant qu’il faut négocier entre les heures d’ouverture du bassin, les courants de marée dans la Seine et les heures d’ouverture de port Deauville ; le capitaine trouve toujours la bonne solution.
  Alors que, la veille, la levée du pont de la lieutenance se faisait avec une foule compacte ; le départ du dimanche matin a lieu dans le calme et la solitude ; et, pour peu, on pourrait craindre que le préposé au pont ne soit absent. Après le franchissement de cet obstacle, en avant toute vers l’écluse.
  Il est par contre fréquent que l’horaire du sas soit réglé en fonction des vedettes de promenade, cela n’est pas grave mais impose une attente entre 5 et 15 minutes. Mais une fois sorti, c’est toujours une surprise de se retrouver entrainé par le courant, soit de flot ou alors de jusant ; dans les deux cas ( le flot avec la tenue du plein, ou le jusant avec le courant de la Seine) le résultat est parfois spectaculaire, et je me rappelle les nombreuses fois où je me suis retrouvé scotché et immobile ou alors dévalant la Seine à une vitesse proche de 5 nœuds.
  Une fois le marérographe paré, il ne reste qu’à mettre le cap sur Deauville, en direct si le banc du Ratier le permet, avec une large boucle dans le cas contraire.

Et voila, nous voici de retour, juste à temps pour prendre
le train qui me ramène vers la capitale.

dimanche 22 novembre 2009

Un BMS de légende

OUI j'aime les BMS

   Et celui du weekend des 2& & 22 Novembre 2009 fut un BMS de légende, un BMS parfait; que cela veut-il bien dire ? Un BMS ultime permet de voir une météo déchaîne  une mer sportive, un vent terrible dans des conditions de sécurité adéquates, on dira aussi raisonnables.
  Que veut bien vouloir ce mot, proche de prudent?  


dimanche 9 août 2009

La cornouaille britannique

En visitant l'autre coté
de la Bretagne ...


   Pour cette deuxième partie de navigation "été 2009", le départ a eu lieu de Saint Malo en début d'après-midi dans vent faible, hésitant, variable et avec une sacrée canicule. Après une à deux heures de rythme, ce vent faiblard finit par se stabiliser au Nord et je peux mettre le cap au 290; et oui, c'est le cap qui m’emmènerait vers les Scillys !
   Dans mon journal de bord je lis "Le Grand Lejon, phare d’approche de la baie de Saint Brieuc est paré vers la tombée de la nuit"; j’ai aussi pu apercevoir le phare des Roche Douvres dans le soleil couchant. Malheureusement, dans la nuit le vent tourne Ouest puis Ouest-Nord-Ouest en s'établissant dans les 20 nœuds, exactement dans la mauvaise direction pour un voilier voulant rejoindre les Scillys. Le nouveau cap est vers les 340 bâbord amures avec la GV à deux riz et le génois roulé au premier riz. La nuit se passe tranquillement, sans oublier le traditionnel réveil toutes les heures. Au petit jour, je passe les rails, avec l’aide du radar, comme d’habitude.
   Mais, durant toute la journée, le vent refuse de plus en plus, tournant vers un Nord Nord Ouest, et au près je mets le cap au Nord entre 10 à 20 et me résigne à mettre le cap vers la baie de Plymouth. De plus de nouvelles infiltrations d'eau de mer dans l’équipée tribord mouille des livres et mon portefeuille. La journée est difficile, maussade, j’ai peu donc pas assez mangé ; vers minuit je me fais une très chaude alerte due à un cargo. mes calculs n’emmenaient juste à l'est de Plymouth, et une baire fut repéré avec des possibilités de mouillage de nuit; j’arrive donc en baie de Cowsand pour planter la pioche vers 3 heures 30 le dimanche 2 Août.


   Après ces presque 48 heures de navigation, de plus décevantes car n’ayant pas pu faire de l’ouest comme je l’aurais voulu, je m’accorde une journée de repos typique farfa: un bon restaurant à midi et un super pub le soir.


Vue du très bon resto
   Le seul évènement de la journée fut un changement de mouillage pour être moins brassé pour la nuit suivante.

   Départ à 10 heures, avec un cap au 240 vers le Cap Lizard, pour le dernier espoir de franchir ce cap et de rejoindre les Scillys. Hélas, j’ai toujours du vent du Nord à 20 nœuds et ce type de pluie fine, constante et démoralisante. Vers 15 heures, je prends la décision de mettre le cap sur Falmouth, et je mouille sur corps mort dans la baie de Saint Mavres. 
Sans commentaires
   Il y a de nombreux cargos dans la rade; je vais au pub le soir et fais un retour sous la bruine voir la pluie.

   Après un bon repos et un repas dans le même pub que la veille, je prends la décision de rester et de rester en Cornouaille. Après avoir attendu l’arrêt de la pluie, vers les 17 heures, et je lève l’ancre ; j’ai le plaisir de passer devant un Old gaffer qui porte le nom de Florence dans la baie.




   Direction Helford River, une petite heure au moteur suivi d'un dîner à bord. et, surprise, dès le lendemain, j'ai droit à du grand beau temps.


  

   Je prends l’annexe et m’offre un bon repas, avec moules marinières cuisinés à l’anglaise, sur la tof, il y a dans l'axe, ma bière et farfa au mouillage, la vision parfaite d'une bonne nav'.


   Départ vers Megavissey avec un bord de spi symétrique durant 3 heures. Les places visiteurs se limitent à 3 corps morts dans l'avant port, surlequels les voiliers s'attachent devant-derrière.

Le lendemain, visite du musée et balade sur la colline. Achat du RNLI T shirt. Ce port est célèbre pour ses "fish and ships" et on voie des centaines d'anglais manger leurs "fish & ships"le long des quais; en conséquence je m'en offre un, et cela n'est pas si mauvais que cela!
Départ vers Fowey à la voile, mais rapidement j'ai de la pétole et je finis au moteur. Je mouille sur corps mort sur la rive droite, et il y a du monde.

Ce coté Porluan me décoit, un seul pub et une suite de chantier navals plus ou moins à l'abandon. Pour son repas du soir, je traverse et dine en face.

Le lendemain matin est consacrée à la remontée de la rivière avec ces énormes cargos qui chargent le kaolin. Et quand ces cargos redescendent, juste escorté par une petite vedette, le spectacle est garanti.
Départ l'après-midi vers Yealm river, que l'on dit être la perle de la Cornouaille, avec un bord de spi asy. L'entrée de cette rivière est à la fois difficile mais très bien balisé, et la remontée est effectivement splendide. Mouillage très tranquille sur corps mort au milieu de la rivière.

Pour gagner mon pub du soir, je dois faire une belle marche d'une demi-heure.
Je suis réveillé le samedi matin par le harbour master qui me demande son du, et je part vers 10 heures pour Dartmouth, avec "soleil et pétole" pour passer devant Start Point; j'ai quand même pu mettre un peu le spi symétrique.

Sur ancre à Dartmouth, mais 5 £ quand même. Enfin trouvé du cash pour continuer à payer les mouillages !!!

Après une bonne nuit, je fais l'avitaillement en bière pour mon ambitieuse navigation du jour, avec départ un peu tard, après le plein de gasoil. Grand soleil et canicule ; spi symétrique puis moteur direction le raz de Portland. Au milieu de la baie, j'ai la surprise d'être éscorté par quelques dauphins, la tof n'est pas terrible, mais enfin on les voit plus ou moins bien

A partir de 11 heures du soir, dans la nuit avec un vent faiblard et le courant de jusant, j'ai toute la flotte de la course du Fastnet à contre bord. Eux doivent lutter, à la voile, contre le courant, tandis que moi je l'ai favorable et que je suis au moteur!!!
Grace aux instructions nautiques, je sais que je peut passer au raz du cap de Portland, car les conditions sont bonnes; ce cap peut générer un "raz" presque aussi mauvais que le Blanchard
Arrivée 3 heures à Portland Inner Harbour.
Ah ! Le matin, l’ancre légère chasse !! Départ en vrac et puis direction Weymouth. Ouf !! Sur un ponton avec électricité, à la 3ème place sur quatre. Balade vers le Noth Fort mais j'arrive trop tard la visite.
Départ 7 heures 30 le lendemain pour la traversée de la Manche. Au début pétole avec moteur et puis le vent rentre par le nord ouest ce qui permet de mettre le spi symétrique. Vent + soleil + chaleur !! Mais je lambine et arrive à Aurigny un peu tard, la nuit venant de tomber. Le port est plein comme un œuf, mais, grace à mon achat récent d'un vrai projecteur nocturne, je peut voir la situation et je prends un corps mort résident suivi d'un repas à bord.
Départ 10 heures le lendemain matin (sans avoir été à terre car j'étais sur un corps mort de résident!!!) pour le Blanchard avec un vent parfait d’ouest de 10 à 15 nœuds, mais du brouillard puis ou moins brumeux.
Pas de spi dans le Blanchard !! Ma navigation loin d’être parfaite avec un bord trop sud avant le Blanchard et trop Nord après. Avec la brume, je n'ai vu le phare de la Hague qu'à la jumelle. Arrivée vers 16 heures au port de Chanterenne, avec un grosse faim calmé par une orgie de Mac Do suivi d'une sieste.

En fin d'après-midi, je suis perplexe car ma prise à quai ne marche pas; mystère. Je finis par la démonter et découvre horrifié que le branchement était mal fait, trop peu de fil de cuivre faisait passer le courant, et qu'elle commençait à fondre. 
Ma première activité le lendemain matin a été de trouver une nouvelle prise et de la changer. Et puis, j'ai fait une superbe navigation vers Saint Vaast la Hougue, avec utilisation des courants et des chenaux entre les cailloux ; d’abord les trois pierres puis le Hardouin et le Run au final.
Exemple avec le passage du raz du cap levi au plus près

Suivi d'un passage "à terre" du Phare de Gatteville.

Farfa II était le plus petit mais a été le plus rapide des 15 à 20 bateaux ayant quitté Cherbourg en même temps pour rejoindre Saint Vaast la Hougue. Cela m'a aussi permis de prendre une place visiteur tranquille avant la cohue des poursuivants
Moules frites au Perey à 15 heures et assiette de fruits de mer le soir. J'ai ensuite transféré la chaussette du spi asymétrique au symétrique car il était prévu de l’ouest le lendemain.
Lever à …. 5 heures 30 !! Et oui, l’écluse ferme à 6h17 et le matelot obéi à la marée. La sortie de fait de nuit, cela n’est pas si facile, même avec un GPS et son lecteur de cartes ; chaque ombre devient un fantôme. Je suis récompensé par un lever de soleil de face, le vent est favorable au début, du Sud ce qui signifie spi asy sans chaussette pas de chance. 
Mais lentement le vent faiblit et tombe, et suivent 4 heures de moteur. Je passe devant un gros cargo à l’ancre au large de Port en Bessin, bizarre. Le retour du vent se fait au final avec un vent due Nord, avec une brise thermique typique d’un après midi estivale. L’arrivée à Deauville est vers les 18 heures avec un sas typique de la mi-août ; les habituées comprendront. Cette croisière de finie par un diner au Pirate.
600 nautiques pour une belle balade couplant Anglo+ Cornouaille.

mardi 21 juillet 2009

Vers les Anglo


De Deauville à Saint Malo
en passant par les Anglo ...

   Samedi 18 juillet, je suis parti de Ouistreham en taxi, pour rejoindre Deauville et ramener farfa II à Ouistreham. Le temps était beau : soleil avec quelques nuages et un peu de vent. Bien sur, il y avait ce « BMS en cours » qui annonçait un « force 7 ou plus d’ouest» pour l’après midi, mais comme j’avais décidé de faire la route au moteur, vent et mer de face, et je comptais faire cette route, habituelle pour moi, assez facilement.
En fait de « force 8 » j’eus droit a un 40 nœuds établi soit force.. 9, et l’ouest s’est transformé en Noroit, qui m’a apporté de la mer que l’on peut qualifiée de « forte », c'est-à-dire 4 heures pour faire Deauville Ouistreham au moteur par 40 nœuds, la PIRE nav’ que je n’ai jamais faite ; comme quoi, les surprises restent courantes en mer, et la MTO reste la reine.

   Le lendemain, départ Ouistreham 10 heures, le vent est SSO à SO entre 15 et 20 nœuds et je pars avec 1 riz dans les voiles; le cap est mis sur Saint Vaast le Hougue. Une belle navigation, sauf les infiltrations dans l’équipet tribord quand il y a des vagues plus du vent et donc des embruns. Arrivée 19 heures ; suivi d’un repas surprise avec Pegase que je retrouve par hasard au port.


Gatteville


   Sortie de Saint Vaast la Hougue et direction Cherbourg par le Raz de Barfleur au programme de la journée suivante; les conditions sont excellentes et (mais ?) je me donne comme objectif de chercher « le raz » en passant dans le coin déclaré le plus roof (dur) et me trouve avec une déferlante et 50 litres dans le cockpit. Arrivée Cherbourg avec Pegase vers 16 heures.




   Pour rejoindre Guernesey, nous partons, avec pégase, vers les 7h30 pour être au fort de l’ouest avant 8H30 ; l’objectif est le Raz Blanchard, que l’on doit toujours passer avec un certain respect et dans le cadre d’une navigation bien préparée et puis Guernesey dans la foulée. Après le fort de l’ouest, nous faisons une partie de rase cailloux, selon les recommandations du matelot écumeur, pour profiter des différents contre courants et cela jusqu’à tourelle « Basse Brefort » en profitant d'un noroît 10 à 15 nœuds. Le matelot pégase, récemment équipé d’un GPS lecteur de cartes, s’en donne à cœur joie dans et passe les cardinales Nord par leur sud.
   Et puis nous arrivons au raz Blanchard et le tapis roulant se met en place, nous entraînant sans effort vers le sud-ouest.




   Belle et calme navigation, malgré un temps qui est devenu nuageux, et à 17 heures j’arrive au ponton d’attente; une demi-heure plus tard nous entrons dans la marina du vieux port de Saint Peter. Il est toujours impressionnant de passer sur un seuil, tout d'un coup un mur sous marin se révèle et on croise les doigts que cela passe; n'oublions pas qu’il s’agit sans aucun d’un des plus anciens ports de plaisance à seuil, voir le plus ancien. Diner à bord de Pegase, cuisine faite par le skipper.

   Pour gagner Jersey, je dois sortir, au lendemain et à cause des horaires de marée, de la marina avant 9 heures 30 ; et je vais me (re) mettre au ponton d’attente. Pour gagner la ville, et comme à chaque croisière estivale, l’annexe est gonflée.



   Une fois en ville, je cherche quelque chose qu’il m’a été dit de traditionnel, il s’agit trouver du crabe en vente à Guernesey ! Malheureusement, les traditions se perdent, et dans ce port si connu pour ces crabes frais, il m’a été impossible d’en trouver un seul ; et l’ancien marché aux produits de la mer a été transformé en magasin de mode. Départ 13 heures vers Jersey, avec un suroît 15 nœuds. Arrivée dans la 1er marina, mais surprise je ne trouve que des places résidents, et la porte automatique pour sortir est fermée ; donc repas à bord.

   Le 23 Juillet, je suis sortie assez tôt de la marina, et me suis mis au ponton pour attendre 13h30: c'était en effet la meilleure heure de départ pour aller à Chausey. Petit tour en ville, et j’en profite pour acheter diverses choses dont mon nouveau parfum le « Light Blue ». Je me précipite dans le premier pub ouvert et m’offre un bon English burger. Le départ vers Chausey a lieu vers 13 heures, en même temps que le bateau auquel j’étais à couple ; une fois parti nous avons eu un peu de vent et puis pétole. J’arrive à Chausey toujours émerveillé par le spectacle des rochers. Je prends le Passage de la « grande porte » et remonte le Chenal Beauchamp.


   Superbe mouillage entre les rochers « la Culassière » et « la grande mauvaise » Ah ces noms de rochers toujours aussi misogynes.

La Culassière


La Grande Mauvaise
   Je suis réveillé le lendemain avec l’alarme GPS car l’ancre (la nouvelle légère en alu) dérape, entre les 2,5 nœuds de courant et le force 6 dans le même sens. Il faut dire que je m’y attendais, et j’imaginais bien que ce matin cette ancre légère pouvait déraper. Mais j’étais tranquille, car j’avais repéré que les fonds remontaient lentement et que l’ancre devait raccrocher. La remontée du mouillage fut très pénible, main sur main sur le guindeau. Et puis la navigation s’est faite au moteur ; à quoi bon monter les voiles, j’avais qu’une heure de navigation pour rejoindre le Sound. La sortie du chenal Beauchamp me donna une sacré frayeur avec la vue des « Piliers », une tête de rocher qui ne dépassait que de 20 ou 30 centimètres, et cela quasiment au milieu du chenal. 




   Vous voyez sur la photo, cette écume n'est pas une vague, mais un rocher !! J’y aurais bien mis une perche. Au final direction vers le Sound toujours au moteur. Après m’être mis au mouillage devant-derrière comme cela se fait dans le Sound. Je m’offre un superbe restaurant avec palourdes farcies et homard tout en ayant une vue (lointaine) sur farfa II. 
Croyez moi sur parole,
farfa est au mouillage en face

   Juste en sortant, un énorme orage, avec une pluie diluvienne. Revenu sur farfa II, j’ai le plaisir d’admirer la patience et la technique d’un grand goéland marin en train de massacrer une grande sole pour arriver à l’avaler ; au bout d’une demi-heure, et après plusieurs essais infructueux, ce goéland arrive enfin à l’avaler… et il reste après une bonne dizaine de minutes à démarrer sa digestion.

   La dernière étape Chausey Saint Malo fut une promenade de santé, avec un beau soleil et une vraie pétole ; je rate l’entrée du port de peu, et doit attendre 3 heures que la marée remonte sur une des bouées d’attente situé juste à l’entrée du port des Sablons. Mon fils et ma future belle fille viennent me faire un coucou à pied. Je rentre finalement dans le port vers 18 heures.

jeudi 16 juillet 2009

Croisière 2009


En guise d'introduction...

   Comme toutes les cinq dernières années, mes projets de croisière estivale tenaient en un seul mot : cap à l’ouest ! Cap vers ces contrées magiques qui sont pour tous les voileux, celles qui sont au delà du soleil couchant !!
   Et comme souvent, les vacances ont été intégrées à cette croisière, et j’ai (nous) avons commencées avec quelques jours à Ouistreham.

PS: Il y a moins de photos, mon appareil "waterproof" est HS, et il ne me reste que le téléphone portable pour immortaliser ces quelques jours de navigation.

mardi 26 mai 2009

Retour 2ème journée

De nuit sous BMS


   J’avais bien trouvé le rythme avec un réveil toutes les heures grâce au minuteur ; à chaque fois je jette un coup d’œil sur le radar qui est bien réglé sur son mode alarme car, enfin, je maîtrise ce réglage; de plus les voiles ont droit à un nouveau réglage régulier. Le vent forcit, passant de 20 à 25 nœuds; et je me mets sous grand voile et génois à un riz et puis deux riz, ce passage au deuxième riz est d’ailleurs assez sportif mais roger tiens très farfa qui, avec le courant de flot, cavale de plus en plus vite, toujours entre 6 et 7 nœuds voir 8.
   Avec le temps qui est devenu pluvieux, j’ai droit à mes premières alarmes radar dues à des zones de pluie qui sont parfaitement repérées. Entre 3 et 4 heures, nouveau réveil due à l’alarme radar ; et j’ai la surprise de voir un « gros truc éclairé de partout »; je fais une tof, et essaye de garder ma peur pour moi.





  Dans la nuit, je me trompe sur sa route et sur son feu rouge, et je fais demi-tour; avant que tous rentre dans l’ordre ; j’aurais du me souvenir « rouge sur rouge rien ne bouge ». Le BMS est annoncé et répété sur le 16 à partir de 4 heures du matin; le vent est devenu très tonique, 25 nœuds établis et de longs rafales plus fortes, orienté d’Ouest à Ouest-Nord-Ouest; mais farfa tient très bien le coup.
  Au petit matin, j’avance toujours aussi fort, cela tartine malgré la mer qui a grossie; mais tout est incroyablement OK sous deux riz grande voile et génois, et farfa fait une belle chevauchée ; très au large de l’Antifer, 3éme alarme radar avec un cargo qui a une route type Le Havre Fécamp.
   Durant la matinée, vent et pluie sont bien au rendez vous; avec mes deux riz grand voile et génois, farfa tiens très bien le coup ; j’ai droit à des quasi surfs sur les vagues ; la vitesse maximum de 9 nœuds est tenue pendant quelques secondes !! Je fais une vidéo mais on ne voit pas l’intensité des vagues.




   Vers 10 heures, le vent se calme, et je peux larguer un riz du génois ; l’arrivée à Deauville est sportive, il est bien précisé, dans les instructions nautiques, que l’accès à la rivière de la Touques est fortement déconseillé par tempête de Noroit, cela pouvant provoquer des déferlantes dans ce chenal ; ce sont justement les conditions de ce matin ; seul point positif, nous sommes en tenue de plein, donc à l’étale, et il doit y avoir peu de courant.
   Enfin, après quelques beaux coups de roulis, et quelques larges lacets, farfa tourne à droite vers la marina, et puis voilà le sas grand ouvert qui m’attend, farfa est a son ponton.


C'était mon premier "express" Deauville Cowes.
250 nautiques et deux nav’ de nuit;
 avec un météo allant
de la pétole tropicale
à la tempête hivernale.

lundi 25 mai 2009

Retour 1er journée

En attendant le BMS



   Le reveil du matin montrait une pluie fine, tenace, déprimante et typiquement britannique; mais le ciel finit par s’éclaircir et, vers les 11 heures, tout le petit monde des bateaux à couple est parti quasiment en même temps.



   Ah l’incroyable capacité des anglais à partir d’un ponton à plusieurs ! Cela donne un vrai ballet de manœuvres ou chacun connaît son rôle, et cela sans se dire un mot.



   Je pars moi aussi en début d'après-midi en sachant très bien que la pétole va m’accompagner une bonne partie de la journée, mais qu’un BMS d’Ouest à Nord-ouest est prévu pour le milieu de la nuit et la matinée suivante. Me présentant un tout petit peu trop tôt dans le Solent, d’une heure pas plus, je dois refouler la fin du courant de flot ; mais cela me permit de profiter de l’étale de pleine mer aux Needles, avec peu de vent et mer d’huile, et de faire une (très) belle vidéo de ces trois dents ou aiguilles.



      Et puis car au 140°, avec un courant de jusant légèrement défavorable dans le vent faible ; le résultat est une alternance de voile et moteur jusqu’au milieu de la nuit, vers 11 heures voir minuit. Durant cette période je ne que trois ou quatre voiliers rentrant sur Cowes.
   Le passage des rails s’est fait à la nuit tombante, avec une légère brume ; et le radar est mis route pour bien repérer tous ces cargos. Enfin vers minuit, la bascule Ouest arrive enfin, et le vent s’établit en se renforçant minute après minute : 10, 15 et puis 20 nœuds. Le moteur est enfin coupé et farfa s’envole à plus de 5 nœuds sur voiles seul.

dimanche 24 mai 2009

Entre Cowes et Lymington

In the Solent

     Le lendemain, en me réveillant, je découvre à couple de farfa un autre bateau;  habitué aux voiliers anglais si bien entretenus, je suis étonné de découvrir une quasi épave comme je n'en que j’ai rarement vu ; c’est un sailmaster (équivalent d’un petit westerly centaur), l’équipage se compose du père et de ses deux fils qui ont, par exemple, un vieux ventilateur rouillé en guise de pseudo éolienne.


      Petite visite dans Cowes, avec arrêt et recueillement devant la boutique « Beken of Cowes » ; elle est fâcheusement fermée car « Sunday Close » œuf corse.


     J’ai aussi repris le chain-ferry, et entendu son bruit à la fois nostalgique et insupportable, mais si utile pour aller vers Cowes East. Au retour je m’achète un ensemble short plus T-shirt Musto Rouge, la couleur de farfa, ainsi qu’un nouveau matereau arrière en acajou; c'est toujours lui qui me sert à montrer le drapeau tricolore, celui de la marine qui n'est pas 33/33/33 mais 37/33/30.

Les canons donnant les départs de régate
   Déjeuner en face de la Marina, dans un très ancien pub, le Pier View; et puis départ vers Lymington, juste en face un peu vers l'ouest, avec le courant favorable de jusant et peu de vent ; les voiles sont hissées et rapidement rangés car courant plus moteur à 1800 tours m’entraînent à la vitesse de 8 nœuds vers ma destination.
    En arrivant près de Lymington, je passe devant un pylône en mer dont le nom est très exactement « Jack in the basket » ; une petite explication sur cette appellation, elle vient du guide Cunliffe. Dans les temps anciens, le temps où la pêche se faisait à la voile, la tradition rapporte que les femmes de marins venaient mettre le casse-croûte de leur marin sur ce pylône à la sortie du port ; ainsi ceux-ci pouvaient venir prendre leur « basket » ou panier à la volée et recommencer à pêcher dans la foulée, tout en ayant la satisfaction de prendre le bon repas comme à la maison ; d’où le nom de ce pylône à l’entrée du port de Lymington. Le chenal qui suit est très bien balisé, et les nombreuses boucles ont embouquées sans problème. Par contre, je n’arrive pas à trouver un ponton visiteur dans la première grande marina à bâbord. Remarquant que de nombreux bateaux sont amarrées à des corps mort « devant- derrière » et avec des pare-battages sur le coté extérieur, j’imagine qu’il est permis voir recommander de se mettre à couple ; et c’est ce que je fais.
    Mais le harbour master arrive et me demande si j’ai une annexe ; après ma réponse négative car mini-farfa n'était pas gonflé, il m’emmène au ponton visiteur; imaginez deux places cote à cote sur un petit ponton, avec les bateaux qui se mettent à couple. Je me retrouve rapidement le 3ème de 5 bateaux ; le prix est quand même modéré pour la cote sud : seulement 13 livres.

farfa troisième sur les cinq voiliers à couple

    S’en suit une petite balade en ville sous une chaleur écrasante qui devient écrasante, et cela en Angleterre au mois de mai avec un BMS à venir. Le dîner se passe au pub en face du port avec comme commande l’habituel burger double, la surprise est venu d’une bonne bière qui nous venait d’Italie.

samedi 23 mai 2009

aller vers Cowes 2ème jour

Arrivée à Cowes

     En fin de nuit, alors que nous approchons des rails dans la très pale couleur rose orangé d’un lever de soleil sur la Manche avec un vent d’est faible et une mer d’huile; le spectacle d’une trentaine de voiliers à contre sens régatant sur le parcours inverse du mien apparut ; et oui ils font la course Cowes-Deauville; et pour eux pas de moteur, pas de risée Nanni ou Volvo.
     Vers les 9 heures, le vent est revenu; le moteur fut éteint et le spi asymétrique envoyé. Léger petit déjeuner dans un vent d’est-sud-est de 10 à 12 nœuds ; cela avançait bien, le nouveau bout dehors résiste, il travaille cependant aussi un peu en souplesse et prend parfois des angles étonnants. Vers 14 heures, je fais bonjour très amicale à la très célèbre tour Nab ; mais que se passe-t-il ?
   Elle semble bien malade avec son cerclage en poutrelle d’acier. Cela fait exactement 100 nautiques depuis Deauville en plus ou moins 24 heures; la moyenne, pénalisé par le manque de vent, est 4,2 noeuds. 

La tour Nab en réfection

     Le chenal du Solent Est est embouqué peu après, le courant passe de neutre à légèrement contraire ; dans ce type de situation (avoir plus ou moins prévu d’arriver à la renverse du courant), le skipper est assez heureux voir fier de lui et de mes capacités à calculer les marées. Mais le vent faiblit et je remets le moteur en face de Ryde.
     Juste avant l’entrée de Marina River, deux voiliers se sont échouées près de la cote, sur un banc de sable; on peut facilement imaginer qu’ils aient été en train de régater bord à bord et que, l’œil rivé sur l’autre, ils en aient oublié de regarder le sondeur. Ensuite ils se sont fait prendre par le courant de jusant sur un des nombreux et traîtres bancs de sable de cette partie du Solent.


   L'arrivée au Haven Yacht Club se fit vers les 18 heures, bien sur au ponton visiteur mais coté intérieur; et cela après une belle manœuvre au moteur pour me mettre dans le petit trou de souris entre plusieurs voiliers à couple dont un catamaran. Cette arrivée est suivie d‘un repas délicieux et copieux face à la mer ; un peu même trop copieux avec deux « meals » ou plats principaux « burger special » et puis « crab cake ». Enfin, je n’avais pas fait de vrai repas depuis presque 36 heures ! Est-il utile de préciser que je suis dans ma couchette dès 8 heures ? 7 heures en local, et cela pour une nuit très réparatrice.

vendredi 22 mai 2009

Aller direct vers Cowes : 1er jour

Le vendredi 22 Mai,
nous y voila !

     La matinée est très chargée; je n’arrive que le matin, vers 11h30 heures et le sas est prévu pour fermer à 13h30 ; farfa II est rapidement préparé, le plein d’eau fait ainsi que les courses au supermarché; puis je prends une bonne platée de spaghetti chez Bertella et je quitte le ponton à 12h30. et là, mauvaise surprise, le sas vient juste de fermer et je dois faire des ronds dans l’eau pour attendre l’ouverture suivante, j’en profite pour faire le plein de gasoil. Alors que l’heure limite de sortie de Deauville est fixée à 13h30, je quitte le sas à 13h10, pour une nouvelle séquence émotion.
     L’œil rivé sur le sondeur, j'essaye de garder farfa sur la partie la plus profonde du chenal, partie gravée qui doit être gravée dans mon cerveau reptilien, car il ne faut surtout pas échouer farfa II ; cela consisterait d’abord un contretemps fâcheux pour ma croisière mais aussi une honte gênante voir insupportable.
   Cela passe, même si pendant une cinquantaine de mètres, je n’ai eu que seulement 30 centimètres d’eau sous la quille, et je suis enfin dehors. Cap au 360°bâbord amures dans un petit Noroît de 6-8 nœuds et grâce au courant de jusant, je suis lentement dépallé vers l’Angleterre par ce bel après-midi ensoleillé.

La vie est belle dans on va vers l'Angleterre

     Navigation très tranquille durant toute l’après-midi, comme je les aime ; vers 19 heures, le vent vire lentement vers le NE, toujours aussi faiblard ; pour le suivre, je vire de bord et repart tribord amures. Et puis, car même si j’ai le temps, il faut cependant avancer et le moteur est mis vers 21 heures, 1800 tours pour 4,8 nœuds.
     Superbe nuit sans nuage, ciel étoilé de 10 000 étoiles; et cela même si l’humidité tombe vite et mouille tout. Je me mets au rythme d’un réveil toutes les heures bercé par le bruit du moteur.

jeudi 21 mai 2009

De Deauville à Cowes d'une seule traite.

Comment aller à Cowes
en partant 
de Deauville.

   Depuis déjà quelques temps déjà, une idée me travaillait : pour aller en Angleterre et plus particulièrement à Cowes, en partant de Deauville, il me fallait faire :
  • soit Deauville puis Saint Vaast la Hougue, Cherbourg, et enfin Cowes ; au final trois grandes journées de navigation avec, à chaque fois, un départ vers 7 heures du matin ; de plus le détour vers Cherbourg rallonge la route.
  • ou alors Deauville, Fécamp, Newhaven, soit deux jours de navigation; mais il faut rajouter une ou plusieurs journées pour faire route vers l’Ouest et rejoindre Cowes, et on a le risque de se faire bloquer par des vents d'Ouest. 
     Ces deux options sont longues, durent entre deux, trois, voir quatre jours et rajoutent des miles par rapport à ………… la route directe, bien sur ! En jetant un coup d'oeil sur une carte, la route la plus simple pourrait être la route directe: une ligne droite relie Deauville et Cowes. Oui mais la distance est de 120 nautiques, soit un temps de trajet de 24 heures à 5 nœuds et de 30 heures à 4 nœuds. Le plan "route directe" impose une « nav’ de nuit ».
     Cependant, en étudiant ce trajet d’un peu plus près, on peut imaginer qu’avec un départ de Deauville fin de matinée, on abordait les rails vers 5 heures du matin, et on pouvait arriver à Cowes vers le milieu de l’après-midi.
     Et pour le retour, avec le même départ fin de matinée, les rails sont traversés en début de nuit et l’arrivée se fait la aussi en milieu d’après-midi. Enfin, s’habituer à faire des navigations de nuit en solo en Manche est un nécessaire et important entrainement pour pouvoir envisager de rallier un jour, qui j’espère est proche, ce mythique phare du Fastnet qui constitue toujours pour moi un Himalaya à atteindre.

Le vendredi 22 Mai 2009, nous y voila !

dimanche 22 février 2009

La "bouée phare" du Havre

Samedi 21 Février au large du Havre


   Au large du Havre, et portant le qualificatif de "phare d'approche", il existe une ... bouée ? ... Phare ? ... Émetteur radar ? Cette "structure", qui est toutes les trois à la fois, se révèle des plus étonnantes.
  
   De quoi parlons nous ? Et bien de cette "grande chose" qui a été mis là pour que les bateaux, hier voiliers aujourd'hui cargos, la voient bien, allongent leurs routes vers ce point, et qu'ils sachent qu'à partir de là ils seront sous le contrôle, la protection des autorités du port du Havre.
  J'étais depuis longtemps intrigué par ce point sur mes cartes, et un jour, le bon vent, l’opportunité, ou la chance m'a permis d'approcher cette objet si bizarre.

La Bouée - Phare en question 

Presque DIX mètres de haut !!!


La plate forme de plus près

   Voilà, fin du reportage, un objet
de curiosité de plus en Baie de Seine !

dimanche 21 septembre 2008

Tofs en vrac

Plein de tofs et cela
durant deux weekend de suite

   Les photos de son cher boat sont nombreuses, et un blog comme celui-ci est d’ailleurs avant tout un grand livre d'image voir de films; mais les matelots n'ont pas beaucoup de possibilités d'avoir des photos de l'extérieur, de voir son destrier du dehors, et d'avoir des photos de soi sur son voilier.
   Et c'est pourquoi, par hasard mais celui ci fait bien les choses, durant deux weekend de suite, nous (pégase  & morgane) avons eu la possibilité de faire ces photos des autres et celles ci étant finalement des tof de nous mêmes. 


lundi 11 août 2008

En visitant le Cotentin

C'est le retour,
plus musclé que prévu,

........et avec ma fillecomme équipière

   Arrivé assez tard à Paimpol, plus de 9 heures du soir, je pris la place que le harbour master m’avait donnée.


   Et nous pûmes trouver un restaurant ouvert pour un diner à trois ; ma femme nous avait réservé un hôtel, et ma fille devait dormir sur farfa II, elle et son ….... chat; ou plutôt sa chatte, elle s’appelle "Muse", et allait faire partie du voyage et de la croisière, ce qui veut dire aussi "pas d'anglo" cette année.
   Le projet du lendemain est l’île de Bréhat, ma femme va y aller avec une des vedettes, et je vais y aller avec farfa II ; départ vers midi avec le dernier sas du jusant et retour le soir à l’ouverture du flot ; entre les deux une belle marée basse qui nous permettra de profiter du spectacle des rochers de granit rose. Une nouvelle fois, cette navigation fut bien améliorée par ce GPS / lecteur de carte ! Au diable le renoncement à la facilité !!! Lire et comprendre sa position en temps réel, voir les écueils défiler sur l’écran, et les voir défiler en vrai en levant la tête procure une impression d’une si grande facilité que cela en deviendrait presque indécent.


 Et imaginer comment ils devaient faire « avant » avec des cartes si peu fiables et des moyens de se positionner si primaires ; un coup d’œil sur des alignements pour la navigation quotidienne, au mieux un compas pour les situations plus compliqués.




   Nous avons traversé ce semis d’ilots, et sommes arrivés au sud-est de l’ile de Bréhat, et nous nous sommes ancrés dans un endroit appelé chaudière de mémoire et nous avons pu admirer les reflets chatoyants du granit rose qui apparaissait avec la marée descendante. Une fois l’annexe gonflée, nous sommes allés à terre retrouvé mon épouse et nos balader sur cette île.


Mais, par cette belle journée de la fin du mois de juillet, du monde il en avait ! Certes, j’ai l’habitude de dire que l’on ne peut raisonnablement être contre la démocratisation du tourisme ; mais il est presque pénible de se retrouver dans une ambiance de foule compacte alors que l’on pratique la voile, le plus souvent en solo, pour bénéficier de la calme quiétude des moments de vraie solitude quand celle-ci est volontairement recherchée.

Après cette balade, nous avons raccompagné madame a sa vedette, et nous sommes rentrés sur farfa II pour le retour, le flot ayant commencé. De nouveau, navigation en slalomant entre les rochers ; avec un vent léger, j’ai rapidement mis le moteur, il est plus prudent de n’avoir à faire que la navigation, l’œil rivé sur le GPS tout en surveillant tous ces rochers.
Nous sommes arrivés en fin d’après-midi, tout en surveillant le sondeur, en remontant le chenal vers Paimpol ; jamais plus d’un ou deux mètres sous la quille ! Heureusement, la mer était très belle et la navigation au moteur sans aucun problème ; mais au vue de l’étroitesse de ce chenal, il ne doit faire bon de se retrouver en situation difficile, avec de la mer, dans ce coin.
A partir du lendemain, la navigation se faisait avec ma fille, et son chat, comme équipage. Gros changement d’ambiance à bord de farfa II ! Maintenant, il me faut naviguer à deux voir trois.
La première étape nous entraine vers l’est, avec comme objectif Saint Quay Portrieux ; la sortie de Paimpol s’effectue au près, avec de nouveau une navigation dans les rochers. 

   Une fois sortie du chenal de Paimpol, nous logeons la cote avec d ‘abord du courant favorable. Une fois passé le 1er cap qui délimite l’entrée sud de Paimpol, la cote change du tout au tout. A la place d’une cote plate avec de nombreux rochers éparts, nous avons de belles collines tombant dans la mer, et cela tout au long de larges criques.

   La navigation consiste à passer d’une crique à l’autre, et en dépit du vent mollissant, et de rejoindre ainsi notre objectif ; le moteur nous a régulièrement aidés. Durant cette navigation, nous avons navigué de concert avec un voilier « voile aviron » qui possédait un gréement au tiers ; j’étais vraiment peiné de l’avoir doublé si rapidement, car il ne faisait que des bords carrés.

En milieu d’après-midi, nous arrivons en vue de Saint Quay Portrieux, en passant entre la cote et un petit groupe d’iles près de celle-ci ; ce port est du style « grosse digue toute neuve » c'est-à-dire qu’il a été bâti en construisant une grande digue semi-circulaire à l’aide de gros blocs de granit, et comme les constructeurs ont voulu faire un port à flot dans une zone de fort marnage, la hauteur de la digue est énorme, dans les 10 à 12 mètres. Le résultat est efficace, mais on ne peut le qualifier d’esthétique, avec entre autre des passerelles d’accès aux pontons éloignés et pentus.
Enfin, alors que j’accédais au ponton, mon moteur a recommencé à faire des signes, s’étouffant puis s’arrêtant. Nous avons quand même pu prendre ce ponton, le moteur ayant accepté de redémarrer ; puis nous sommes allés manger à un restaurant qui portait une enseigne « service à toute heure », alléchant car il était plus de trois heures de l’après midi. Hélas, il ne s’agissait pas du vrai menu à toute heure, comme on peut le trouver dans les brasseries parisiennes, mais que juste quelques parties du menu et je crois avoir mangé une pizza surgelée, qui a été suivi d’une bonne sieste.
Le soir, diner au casino de Portrieux, il y a en fait deux villes Saint Quay, ville neuve avec son port, et Portrieux la vieille ville. Après ce diner, chacun a vogué à ses occupations habituelles, casino pour ma fille et dodo pour moi !
Le lendemain, j’ai pris la décision de faire venir un mécanicien, car il fallait que je puisse avoir un vrai avis sur mon moteur, ces arrêts sont-ils graves ou bénins ? Est-il raisonnable de continuer à naviguer avec ce problème ? Et que peut-on faire pour les éviter ? Le mécano est venu en fin de matinée ; son diagnostic a confirmé la présence d’air dans le circuit de gazole, mais surtout il m’a appris comment purgé « vite et bien » un circuit de gazole. J’étais rassuré et près à continuer notre croisière estivale. L’après-midi fut très pluvieuse et nous fîmes quelques courses en ville ; pour la soirée, même programme que la veille.

Le lendemain, départ pour Saint Malo ; je fais les manœuvres seul, car ma fille dort ; le temps est tonique, avec du soleil mais aussi un vent de Ouest-Nord-Ouest, donc portant, dans les 15 à 20 nœuds, et farfa II roule dans une mer qui est quasiment formée. Après avoir paré les iles en face de Saint Quay, c’est la traversée de la baie de Saint Brieuc puis cap vers le Phare de Fréhel.

  Cette étape restera un mauvais souvenir pour mon équipage qui, entre la fatigue d’une soirée bien arrosé et le roulis du bateau, souffre du mal de mer, qui ne passe pas malgré la Nautamine. Il il est vrai que nous voyons de la mer, en passant devant le Cap Fréhel avec vent contre courant nous avons droit à un vrai petit raz ! Belles vagues dont le rendu, en photo, est comme d’habitude moins spectaculaire qu’en vrai.

  Après ce cap, la navigation est plus souple, et mon équipage retrouve des couleurs

L’arrivée à Saint-Malo est, comme la dernière fois, très intéressante au point de vue navigation ; une nouvelle fois, le GPS lecteur de cartes visible du cockpit a fait merveille, et a pu remplacer de très nombreux allers-retours entre la table à cartes et le cockpit; nous passons près du Phare du Grand Jardin, drôle de nom pour un Phare ! 

Nous arrivons au début du flot au port des Sablons, donc avec suffisamment d’eau sur le seuil, et un zodiac nous désigne une place ; la sortie du ponton, dans cet autre port quasiment à flot avec un fort marnage, est de nouveau un exercice d’alpinisme, avec une passerelle inclinée à un fort angle. Après quelques courses, nous traversons l’isthme et allons dans un restaurant en face du fleuve « La Rance » ; pas si facile de se faire servir en pleine saison !
Le lendemain, le cap est mis sur Granville, météo agréable avec quelques nuages, mais avec un vent assez faible ; la sortie de Saint Malo se fait par la passe Nord Est, au milieu de très nombreux cailloux ; en milieu d’après-midi, le vent augment doucement et je sors le spi symétrique, permettant à ma fille s’initier à la barre sous spi, ce qui est assez sportif. Après ces efforts un peu de réconfort


   En face du Mont Saint Michel, nous avons la chance d’être escorté pendant une demi-minute par un dauphin ; c’est la première fois de cela m’arrive dans les anglo-normandes, endroit où l’on dit qu’il y en a pas mal.
Arrivée à Grandville en fin d’après-midi, RAS au niveau de la prise de ponton ; la météo est défavorable pour les jours suivants et j’ai proposé de faire juste un stop & go et de repartir dés le lendemain matin pour Diélette ; mais ma fille me dit qu’elle ne souhaite pas naviguer le jour de son anniversaire, qui tombe le lendemain ; nous resterons donc deux jours à Granville, ce qui fera surtout deux grandes soirées de casino pour mon équipage.
Après cette étape, direction Diélette avec un départ en fin de matinée, le temps que la porte à seuil ouvre et laisse passer les 1,6 de tirant d’eau de farfa II ; il faut être patient car les vedettes, qui souvent cale 50 à 60 centimètres peuvent sortir AVANT que le seuil sous-marin ne s’affaisse.
Durant cette navigation, et après avoir passé pour la 1ère fois le Passage de la Déroute (encore un nom rassurant) je suis surpris par une alarme qui faisait "bip" "bip"; voyons d’où cela peut-il venir ? Après avoir fait de tour de mes (trop nombreux) instruments qui ont une alarme, je découvre, incrédule, que c’est mon baromètre qui est en mode alarme ; or le temps est clair, le vent modéré, farfa II avance sur une mer d ‘huile à une vitesse plutôt faible.


La courbe des pressions récentes est très nettement descendante, et le "bip" d’alarme indique une baisse si brutale du baromètre qu’une tempête n’est pas loin. Je savais que la MTO était pour le moins défavorable pour le lendemain, et qu’un vent fort était prévu, mais de là à avoir une tempête !!

Le plus étrange fut que l’alarme se déclencha une deuxième fois, juste avant d’arriver au port de Diélette ; je savais maintenant d’où venait ce "bip" "bip" et constata que le petit graphique visualisant les pressions atmosphériques présentait une pente toujours aussi descendante avec un angle de plus ou moins 30°. Bon, le port de Diélette n’était pas loin, et demain serait une autre journée.
   
L’arrivée de nuit à Diélette fut un peu stressante ; en effet, nous étions au début du flot, la hauteur d’eau était d’environ 4 mètres, et, si l’avant port a toujours plus de deux mètres de fond, il est défendu par un petit seuil dont la côte ne paraissait pas si bien défini que cela, avec des hauteurs différentes selon mes sources d’informations; heureusement ce seuil est en sable. Je m’avançais donc très lentement, et passait finalement avec, de mémoire 60 centimètres sous la quille. Une fois amarré, cap sur le premier restaurant ouvert, un restaurant de fruits de mer où je garde le souvenir d’avoir mangé, en plus de mes traditionnelles bulots, des frites faites maisons, rarissime.
Le lendemain, la MTO redoutée était bien présente ; que cela s’appelle "BMS en cours", coup de vent prévu ou tempête, le résultat est le même : mer forte et splendides vagues qui déferlent. J’ai fait passer farfa II de l’avant-port dans le port de plaisance, l’arrivée au ponton fut sportive avec un vent de travers très fort, j’ai soigneusement mis les pares battages entre la coque et le ponton et farfa II a commencé à s’appuyer de tous l’effort que lui transmettait le vent sur ces supports en plastique. Il est toujours surprenant de voir son voilier gité dans un port ; mais cela a été notre quotidien pendant … deux jours !!

   Car ce coup de vent a duré deux pleines journées, deux jours à entendre le vent hurler, à voir les vagues déferler au dessus des jetées, à sentir farfa II plier sous les rafales et deux jours à essayer de s’occuper dans une ville dont on peut faire le tour à pied et où il n’y a vraiment pas grand-chose à faire.


   Le matin du troisième jour, le vent s‘est, comme prévu calmé et je reste surpris que la mer se soit aussi rapidement calmé ; départ en début d’après midi pour aller franchir le raz Blanchard. Après deux jours de tempête, quel plaisir de naviguer de nouveau dans une ambiance estivale !

   Et avec ce beau temps, la décision avait été prise de passer ce fameux raz avec le courant « au cul » et de bénéficier au maximum de l’effet tapis roulant. Deux heures après avoir quitté Diélette, nous voila près du phare du Nez de Jobourg, et nous ne serons pas déçus. En effet, les marmites, zones de tourbillonnants sont bien là et la surveillance du GPS nous permet de confirmer que notre vitesse s’est brusquement accéléré, nous sommes déjà à 8 nœuds, alors que les voiles flottent lamentablement.


Pas si simple de se sentir pousser par une eau qui a l'air si calme !! J’ai d’ailleurs rapidement affalé les voiles et mis le moteur en route au ralenti, juste pour rester manœuvrant. Au large, spectacle étonnant d’un voilier qui avait gardé son spinnaker et portait celui-ci à contre, ce spi gonflait à contre du voilier, du jamais vu.

Avec ce courant porteur, nous sommes arrivés comme une fleur à Cherbourg, en moins d’une heure, à une vitesse toujours comprise entre 8 et 9 nœuds sur le fond, moteur au ralenti à 1200 tours. Prise de ponton sans problème, je suis accueilli par un « matelot » de HEO (guillat) qui a repéré mon pavillon grand modèle ; et après un diner, comme d’habitude, au restaurant du club house nous irons prendre un digestif à bord de son feeling.
Pour l’avant dernière étape, Cherbourg Saint-Vaast, l’heure du départ est conditionnée par la marée, et nous sommes plusieurs sur le ponton, dont Nolica et guillat, à avoir prévu de partir en début d’après-midi pour prendre le flot et passer le raz de Barfleur comme une fleur ; les portes de Saint Vaast la Hougue ouvrant à 20h30 de mémoire, il n’est pas nécessaire de partir plus tôt.
Cette navigation s’est passé sous le signe du soleil et du vent mollissant ; sortie de Cherbourg vers 15 heures, voiles hautes 15 minutes plus tard.
J'en profite pour présenter au lecteur mon équipage

Un vent d’Ouest faiblard nous emmène vers Barfleur ; je hisse le spi mais ne gagne que peu de vitesse, de toute manière le courant fera le reste !
Arrive le phare de Gatteville et le raz de Barfleur ; ce raz est tout à la fois moins tumultueux et moins rapide que le Blanchard, on distingue bien des eaux tournoyantes mais la vitesse fond n’est accéléré que de 4 à 5 nœuds ; une fois le raz passé, et avec le vent qui passait de calme à pétoleux.

   
J’ai mis le moteur de manière à ne pas arriver trop tard. Ah j’oubliais, nous étions le 14 Aout, et je craignais d’avoir des problèmes de places de port et / ou de place de restaurant.

Alternative intéressante au niveau du passage du « Run » ; quand on vient du nord et que l’on veut entrer dans le port de Saint Vaast la Hougue, il y a deux solutions ; soit faire le tour de l’ile de Tatihou par le sud, soit couper au plus court entre cette ile et la terre par le passage dit du Run ; il faut savoir que ce passage est tout entier consacré à l’ostréiculture, et j’avais pu voir deux semaines avant le nombre de casiers à huitres. Mes instructions nautiques sont divergentes sur ce point ; le pilote côtier affirme que cela est possible à partir de mi-marrée alors que le Cunliffe le déconseille. Je rejoins le bateau en bois moulé basé à Saint Vaast avec lequel j’avais pris l’apéritif à midi et lui demande son avis, il me répond qu’il n’y passe jamais. Je fais donc le grand tour. Je découvrirais plus tard, sur Hisse et Oh, que ce passage du Run est parfaitement fréquentable, à partir des coeff de 70, et plus ou moins heures de la plein mer.
Nous sommes entré dans le port de Saint Vaast 21 heures passés, et nous étions au moins une dizaine de bateaux, dont la majeure partie venait de Cherbourg, à nous présenter plus ou moins en même temps, chacun essayant de trouver une place et de places il n’y en avait plus. Comme j’étais sur de partir le matin à la première heure, je pris la décision d’aller musarder sur les places de propriétaires, et trouvait une place libre ; à la grâce de Dieu !
Aller au restaurant un samedi 14 Aout à 22 heures aurait ou être difficile, heureusement, le restaurant du port, juste en face des pontons avaient encore deux places de libre, que nous primes de suite, et cela malgré le fait que la moitié du menu n’était plus disponible.
Le lendemain, départ au plus tôt, à l’ouverture des portes, vers les 8h30 de mémoire. Nous avons retrouvé dans le chenal le matelot Guillat, qui avait fait la veille la même route que nous, et qui repartait vers Carentan. La MTO était favorable, avec une prévision de vent de Sud dans les 15 à 20 nœuds. En effet, durant la première heure, nous avons eu ce vent légèrement tonique. Malheureusement, la suite ne fut pas aussi favorable, et le vent a eu plutôt tendance à baisser et surtout à s’orienter vers le Sud-est, ce qui fit qu’à la place d’un vent de travers rapide, nous eûmes du près / bon plein.
Je garde aussi un souvenir décevant de ce retour, car j’ai eu l’impression d’avoir eu toujours le courant dans le nez ; en effet, sur un Saint Vaast Deauville de 10 à 12 heures, on a habituellement un équilibre entre les périodes de courant « dans le nez » et « portant » ; et bien je n’ai pas eu l’impression dans eu la dose habituelle de portant, un vrai mystère ; j’ai après émis l’hypothèse d’avoir peut-être eu un courant plus fort que d’habitude venant de la Seine.
Enfin, depuis ces contrariétés, et pour avancer plus vite car mon équipage souffrit beaucoup du mal de mer sur ce retour, je n’hésitais pas à mettre le moteur pour augmenter la moyenne. Mais nous sommes arrivés à Deauville que vers les 9 heures et demi, ce qui fit un plus long que d’habitude et plus que les prévisions.


Sitôt arrivés, direction le Pirate pour un bon repas, avec des petites soles pour ma fille. Il n’y eut qu’une petite soirée Casino, juste pour visiter ; en effet la fatigue se faisait sentir et il fallait rentrer le lendemain par le train avec départ à … 7h30.

En rentrant est arrivé ce que nous avions craint depuis plus d’une semaine, le chat est tombé à l’eau ! Heureusement, comme il était attaché au bout de sa laisse qui faisait office de harnais, il fut facile de le faire remonter à bord.
Voila, la croisière 2008 était terminé, elle fut marqué par la très grande différence entre ce que j’avais prévu et ce qui finalement fait, mais j’en garde un excellent souvenir !!