Les balades de farfa II

dimanche 13 octobre 2013

Ouest France: fait divers à Deauville

   
En direct de notre reporter à Deauville


   On nous signale un cas de vandalisme dont a été victime un voilier qui était sur le terre plein du port de la marina de Deauville; le spectacle en ce lundi matin est stupéfiant, ce voilier un Etap 28 (ou Etap 20 selon ce que l'on lit sur la coque), a été dépecé de tout son matériel, et à la place de chaque instrument on ne distingue qu'un grand trou dans la coque du voilier.

   Notre merveilleuse police a été démarré son enquête, et, selon les premiers résultats tout à fait confidentiels mais dont nous avons eu connaissance, ils y auraient trois suspects:

- une jeune femme dont le nom serait "cap'tain frisette" qui a extrait les pièces les plus lourdes, étonnant.
- un vieux matelot "pierrot le désosseur" qui aurait ratissée le bateau de tous le petit matériel qui se peut se dévisser.
- enfin un beau gosse, répondant au surnom de farfa, dont le rôle se limitait de ravitailler les deux autres en produits divers évitant la déshydratation.

   Un dernier complice "guy l'homme" serait intervenu en liaison avec celui qui pourrait être le commanditaire de ce saccage, un certain Mr Max Praut




dimanche 28 juillet 2013

La dernière nav' .............

   Je ne savais pas, en partant de Deauville pour un énième Le Havre avec les Mettei, que ce weekend serait la dernière navigation de farfa II.

   Le vent était assez tonique en ce samedi après-midi, à la place du 10-12 noeuds prévus nous avons eu droit à un 15 voir 20 noeuds, toujours du Noroit. Tonique, viril mais correct. Que s'est-il bien passé durant cette nav' ? Et bien en remontant au près serré vers le Havre, j'ai eu la flème de réduire la toile, et je suis resté assez, très gîté; tellement que je repris la barre durant le dernier quart d'heure, car roger était à l'agonie. M'enfin, navigué gîté est aussi un plaisir, sentir son voilier doucement éviter les rafles en s'inclinant devant l'obstacle !
   
   Arrivé au ponton, et après avoir amarré farfa, je remarquais que les planchers étaient humides, mouillés; et en soulevant ceux-ci, j'eu droit à une très désagréable vision : il y avait de l'eau dans les fonds; et suffisamment pour avoir débordé au dessus des planchers quand farfa était à la gîte durant ce bord de près "viril mais correct"; j'épongeais le tout.

   Un peu plus tard, au cours du classique apéritif avec les Mettei qui conclut une après-midi de navigation et qui précède un bon repas pris à bord, je leurs fit part de ma perplexité sur cette eau soudainement importante dans les fonds. Après quelques classiques moqueries de leur part sur "farfa" et ses deux mains gauches, c'est à dire ma désolante capacité à ne pas comprendre ces problèmes de bricolage, réparations ..etc...; ils me firent part de leur diagnostic ... terriblement clair: les boulons de ma quille n'étaient plus étanches, et l'eau de mer rentrait par ceux-ci.
   En navigation normale, il ne passait rien, car la quille tirait peu sur la coque, mais le bord de près que j'avais fait dans l'après-midi (bine voir trop gîté) avait "entre-ouvert" le joint de la quille et l'eau rentrait par les boulons.

   Pouvais-je rentré à Deauville ? Pour eux pas de problème si je rentrais calmement aidé du moteur; mais un grutâge s'imposait pour voir le dessous de la coque.

   Ainsi fut fait, et quelques jours plus tard, je demandais à TOP-marine de gruter mon voilier; le premier commentaire par téléphone que j'eus du responsable me laissait perplexe; ils y avait un pessimisme étonnant dans sa voix.

   Le voilier était maintenant au sec, et comme j'avais acheté un régulateur d'allures "Narvik" je demandais à mon copain jacques de venir me le livrer pour pouvoir l'installer.
   A mon réveil, car j'étais arrivé par le train la veille au soir; je croisais sur le terre-plein du chantier de la Marina de Deauville Mr Bourgeois, patron de Top-Marine; cela fut un choc, en trente petites secondes il m'informa que le bateau était "foutu".


   Ainsi va la vie pour les matelots en Baie de Seine..... 

dimanche 28 avril 2013

La passe des pécheurs ........

Une navigation catharsistique ....
.... la fin d'une malédiction.

   Pourquoi parler de "catharsis" ? Je garde un très mauvais souvenir de cette passe; ayant du contacté la SNSM en Août 2003 après l'avoir raté, et m'être mis sur la digue du ratier avec mon farfadet, le premier du nom.
   Depuis lors, je suis passé des dizaines de fois devant ces trois pylônes; le premier est une cardinale Ouest, le deuxième délimite le bord Ouest de cette passe; et le troisième est un refuge pour ceux qui seraient pris par une marée montante. Il y a 10 ans, j'avais confondu la cardinale Ouest et le 2éme pylône .. Malédiction. Et depuis, je restais au large de la passe aux pécheurs; y jetant régulièrement un coup d'oeil anxieux.
   Cependant, lors d'une nav' pluvieuse de l'automne dernier, en longeant la partie Sud du banc du ratier, j'avais remarqué que les fonds remontaient tout doucement; un examen de la carte marine me montrait qu'avec une cote de 6 mètres ou plus, il devait être possible de se présenter à la passe des pécheurs sans trop de problème et d'entrer dans la Seine à ce niveau là.
   Pour cette après-midi de fin Avril, le vent était modéré orienté Nord, la mer belle et une marée de 106 garantissait plusieurs heures nettement au dessus de 6 mètres. Comptant faire un Honfleur de plus, la décision fut prise de tenter la passe des pécheurs.



Au loin le pont de Normandie

Les trois pylônes
   Les voiles étaient hautes, avec un riz GV-GE, mais le moteur était en route pour parer à toute éventualité; bientôt nous y étions : farfa II sur le point de franchir la passe des pécheurs.



De plus en plus près,
farfa est maintenant à deux doigts de l'exploit


  Et le lendemain, pour le retour, avec un départ à marée haute en fin de matinée, que croyez vous que je fis ? Et bien rebelote !

lundi 22 avril 2013

Weekend de Paques

Le Nordet...

   Est un vent bien connu en baie de Seine; l'hiver, il est la conséquence de hautes pressions situés quelque part entre la Norvège et les pays baltes et pressions plus basses
qui peuvent se trouver plus au Sud, Europe centrale par exemple. En baie de Seine, nous avons en conséquence, une descente d'air frais et sec ce qui donne aussi un temps lumineux, un vent bien établi et une température à ne pas mettre un matelot dehors; enfin sauf ceux qui aiment cela. Le programme de ce weekend de Pâques était du Nordet tonique, viril et glacial.
   Pour le samedi, la sortie eu lieu à 11 heures, avec un sas grand ouvert, et je mis pris un beau et vrai baston de NE, avec du vent jusqu'à 29.9; deux à trois riz GV + Gen suffirent à faire avancer farfa à des allures sportives. Le dîner se fit à bord et je cuisinais pour Morgane ma nouvelle spécialité filets de harengs pommes de terre chaudes; il me dit qu'il apprécia.

   Le Dimanche commença avec ce fameux changement d'heure bisannuelle; et la sortie fut juste avant midi. Pour anticiper les horaires de marées,  le site, nouveau pour moi, nommé "123" se révéla plus précis que le Shom; et comme il est nettement plus "user friendly" je crois bien que le Shom va être retirée de mes favoris. Le Nordet était toujours là; un grand bord tribord amures m'amena jusqu'au Cap de la Hève, et j'eu le plaisir du spectacle d'une régate de Laser avec plusieurs centaines de participants.




   Comment pourrais-je me plaindre du froid, bien au sec dans mon cockpit  avec mes polaires et mon super ciré, alors que je voyais ces régatiers prendre des embruns si souvent ?

   Enfin, le lundi, un BMS en cours de NE était prévu; sortie à 12h50 après avoir vérifié à la VHF avec le gars de l'écluse; je fis deux longs bords mais, le BMS n'était pas là, et j'eu droit à un petit 25 noeuds établis, tout cela dans une grande fraîcheur. 

mercredi 27 mars 2013

Le weekend des p'tits "piou piou"

Encore un titre bizarre 
pour un post de farfa II
c'est quoi un "piou piou" ?

C'est un pet't "piou piou" et c'est le gazouillis de ces petits oiseaux, moineaux de notre jeunesse; un petit cri qui reste attaché à des balades en campagne; durant lesquelles nous étions entourés de ces p'tits "piou piou" qui chantaient. Un voilier naviguant en baie de Seine est plutôt habitué à croiser des goélands, mouettes et autres cormorans; que peut bien venir faire un "piou piou" dans cet environnent salé ?

   Et bien, racontons donc cette histoire de "piou piou", qui eut lieu durant un weekend de fin Mars. Comme ces deux jours se présentaient avec un faible marnage (marée basse en milieu d 'après-midi) le départ de Deauville devait être en fin de matinée, et un aller-retour au Havre était au programme.
   Le vent n'était pas prévu pour être très fort, et cela fut une vraie pétole; et comme parfois dans ces cas de "marais barométrique", une brume basse avait commencé à se former dès le début de l'après midi en s'épaississant lentement; cette si pale luminosité hivernale qui fait le charme des nav' hors de la saison estivale était là.
   Deux heures après la sortie du port, j'avais toujours en visu la bouée Trouville Sud Ouest, je n'avais avancer que d'un demi-nautique; cependant le moral était aussi haut que la semaine de travail avait été chargé.
   Il me fallait quand même rejoindre le Havre je finis par mettre le moteur en route dans cette brume qui lentement devenait blanchâtre, épaisse et obscure; soudain, je vis deux petits oiseaux, sans doute des moineaux, tourner autour de farfa; ils n'étaient pas à leurs aise, on pouvait imaginer qu'ils fussent désorientés, ayant perdus leurs repères visuelles; et anxieux avec cette bizarre brume.
   Rappelons à nos lecteurs qu'un oiseau non marin qui mouillerait ses plumes, ses ailes dans la mer ne pourrait plus s'envoler, ces plumes ne pouvant plus le sustançer; il serait définitivement condamné à mourir noyé; les oiseaux le savent et ne s'aventurent que très rarement au dessus de l'eau salée.
   A force de tourner autour de farfa, ces deux p'tits "piou piou" ont du  se fatiguer; et ils ont commencé à venir atterrir sur mon voilier; d'abord des pauses de quelques dixièmes de seconde, et puis des repos plus longs sur un élément du gréement, un bout, un cordage; mais je voyais bien qu'ils étaient apeurées, affolées tout à la fois par cette luminosité forte avec cet horizon impénétrable, que par la crainte de l'océan salé.
   
   Et puis, alors que farfa, maintenant au moteur, remontait lentement vers Le Havre, et que je m'étais allonger sur ma couchette, je fut inexplicablement réveillé par un bruit bizarre, comme un bruissement, un flottement près de mon oreille; c'était un des piou piou qui était entré dans la cabine de farfa.

   Un peu après, je pris cette première photo, on voit bien ce petit oiseau posé sur l'équipet tribord: il est suffisamment fatigué et stressé pour ne plus se préoccuper du reste du monde.




   
   Mais en parlant de stress, le matelot lui aussi n'était pas au mieux, voir au pire; en arrivant au Havre, après le chenal vers Rouen, la brume était devenue un brouillard  dense de plus en plus puis épais; la visibilité ne dépassait plus que 20 à 30 mètres; comment arriver et rejoindre un port où entrent des monstres de 100 000 tonnes et plus quand on en vois pas à plus de 20 mètres ? Les nouveaux instruments électroniques (GPS, radar & AIS) m'ont été d'un grand secours, mais aurais-je pu, aurais-eu le courage ou l'inconscience de naviguer sans eux ? Et qu'aurais bien pu faire dans ce cas ...
   Mettre la pioche devant le Havre ? Me déporter vers Honfleur ? Parfois, on comprends et on visualise bien mieux les terreurs et angoisses des marins d'avant.

   Avec mes instruments, entrer dans le port du Havre fut juste un peu plus compliqué, un peu plus spectaculaire que d'habitude; qu'une de ces si nombreuses fois où j'avais rejoint ce port. Enfin, ce fut à coup sur une des plus bizarres, et quand je distinguais subitement la jetée Nord, celle-là même qui m'envoyais se son de sa corne de brume depuis déjà une demi-heure (3 de bruit puis 12 secondes de silence) la surprise fut à al fois franche et inattendue. que très souhaitée.

   Une fois farfa amarré au ponton, je fis comme d'hab', prise électrique pour le chauffage et petite sieste; au bout d'une petite demi-heure, le petit cri "piou piou" se reproduit; quoi y avait-il toujours un p'tit moineau sur farfa ?
   Et où était-il, où se cachait-il dans un espace si petit que peut l'être celui d 'un voilier de 28 pieds ? Je ne le sais mais subitement le bruissement aérien d'un piou piou en vol se manifestât et je put faire cette vidéo.



   Et oui, la chaleur produite par le radiateur électrique soufflant a redonnée des forces à ce p'tit piou piou; une fois remis en forme, l'espace complexe d'un voilier fut pour lui la derinère énigme difficile à résoudre; enfin après quelques essais, il franchit la descente du carré, s'arrêta deux secondes sur le banc du cockpit, découvris ou plutôt retrouva le monde extérieur et pris sur son envol vers un monde meilleur, vers son monde à lui.

   Le matelot était heureux du dénouement; il se fit une nouvelle salade de harengs pommes de terre pour et profita d'un bon repos.

   Le retour vers Deauville fut sans aucune surprise, vent d'Est à Nord-est, température  peu fraîche, et départ vers Paris par le train de 13 heures après un arrêt express chez Bertella.


Cela fut,
le weekend 

"piou piou".

dimanche 6 janvier 2013

Les 1er Nav' de l'année 2013

Début Janvier
Entre pétole et ciel nuageux bas

   Très souvent, les post sur les "balades de farfa II" commencent par une critique des prévisions météorologiques voir une grande désillusion sur la fiabilité de celles-ci; écart par rapport à ce que j'avais imaginé en prévoyant un weekend de nav' et la réalité de la météo subie durant ce même weekend.
   Cette première balade 2013 n'échappa pas à cette règle; à la place de deux journées ensoleillées avec un vent maniable, temps qui est caractéristique en cas de haute pression sur le centre de la France, j'eu droit, au final, à un ciel bas, nuageux, sombre, et avec un vent assez faible.


   Mais qu'importe, je naviguais après plusieurs semaines d'abstinence.





Le pylône Nord du port de Deauville était de nouveau dans mon champ de vision.


Début Février
Du Vent et un nouveau "costard"


  Du vent pour ce weekend de trois jours, mais aussi de la pluie voir un mélange de grêle et de neige fondue. Parfait ! Un tout nouveau costard, veste + salopette de compétition, du matériel "top" pour justement me permettre de naviguer tranquille quand il ferait maussade, était sur la liste des achats à faire le vendredi après-midi; direction Top-Marine. Les vêtements choisis sur le catalogue n'étaient pas disponibles, mais il y avait des Musto exposées voir en solde; une demi-heure plus tard j'étais équipé d'un nouveau "costard pour l'hiver" en GoreTex avec les accessoires indispensables (polaire et sous couches); tout cela dans le budget envisagé : "moins de 1000 €" car je m'étais arrêté à 990 €. Essai de ces vêtements sur deux jours suivants; le samedi ce fut deux bords de largue dans un froid de canard, sous un Noroît de 10-14 noeuds; et le dimanche une remontée vers le Phare des Falaises sous une pluie entrecoupée de neige / grêle avec un Sud Est qui est monté à 25 noeuds avec Ge + GV 1 riz.
   Et bien, ces nouveaux vêtements sont quand même étonnants; à la place de ces grosses vestes épaisses qui nous donnent l'impression d'être un "bibendum" nous avons une veste et une salopette avec une étrange impression de légèreté, elles ne pèsent pas sur le corps, cela permet des mouvements beaucoup plus souples.
   Et le concept de "transpiration passive" c'est à dire que la transpiration peut s'éliminer tandis que l'on navigue; étrange la disparition de cette sensation de lourdeur à l'intérieur du corps; de plus, une fois arrivé au ponton, on n'a plus l''impression d 'être une cocotte-minute prête à relâcher sa pression.


En un mot comme en 100 : bizarre mais très bonne première impression de ce costard en GoreTex.


Début Mars
Enfin du Nordet pour bien naviguer

   Pour ce 1er weekend  de Mars, une MTO typiquement hivernale normande était annoncé et présente: un anticyclone descendant du grand Nord nous envoyait un Nordet lumineux et frais. Avec mon nouvel investissement dans un radiateur électrique soufflant, la température dans mon farfa pouvait être vers les 20 degrés au ponton, et en nav' mon nouveau costard était impeccable.




   Ne suis-je pas prêt pour affronter le grand Nord ? Ou le grand Sud !


Un vent tonique m'as permis de bien profiter de ces deux jours.



dimanche 2 décembre 2012

Weekend Hivernal & Lumineux

Roger le retour, la résurrection

  Ceux qui suivent les aventures de farfa savent que roger, mon fidèle équipier, celui qui barre presque qu'aussi bien que moi, a eu de très graves problèmes juste avant l'été; tellement graves qu'il m'avait fallu en acheter un autre; depuis lors farfa était guidé par un autre roger, nommons le "roger le jeune". Mais je n'avais pas perdu espoir pour roger le vieux, et il était à Châtillon pour une examen complet; il fut complètement désosser, et je découvris que son problème n'était qu'une toute petite goupille qui était cassé.
   Mais comment réparé cette goupille ? Et comment remonté tout le système ? Et comment espéré que cela puisse fonctionner ? Moi avec mes deux mains gauches....
   Je me mis à l'ouvrage en ce vendredi soir; et après avoir imaginé comment devait se passer la réparation, je me mis à l'ouvrage et, divine surprise, du premier coup, le piston de "roger le vieux" faisait son va et vient et son petit bruit du moteur électrique.

   Au matin, le test grandeur nature était prévu et dés que farfa eut passé le sas, les voiles furent hissées dans une superbement lumineuse matinée hivernale





Mais qui barrait farfa ? C'était roger le vieux qui avait repris du service.     

   

  
        

Et oui, j'ai maintenant DEUX équipiers égaux en compétence.


dimanche 25 novembre 2012

OUI, j’aime naviguer de nuit.........


Texte de Jean-François Deniau – V&V Avril 1979

   Deux avions, trois avions, la Chine, l’Inde, voyages, affaires d’état… Et la mer qui attend… Une feuille, quelques lignes, personne ne le voit écrire … Au bout de son stylo, Jean-François Deniau est parti. Ne dérangez pas le ministre du Commerce extérieur. Ce soir là, il est de quart. La nuit s’ouvre pour lui…..

   Toute traversée est une nuit. Partir, quelle que soit l’heure, c’est toujours une sorte de crépuscule. Derrière soi, le quai, la ville, les amis, la chaleur, la lumière. Devant soi, ce qui n’est pas connu. Pour un jour ou un mois, l’imprévisible, l’obscur, autrement dit la nuit. Et arriver, quelle soit l’heure, c’est toujours un peu une aube.

   Toute nuit est une traversée. D’abord l’heure trouble qu’ont ressentie tous ceux qui ont navigué. La nuit n’est pas encore venue mais le soleil est couché. On sent le froid à l’intérieur de soi. Parce qu’il fait moins chaud ? Non, parce qu’il fait plus sombre. C’est le moment du frisson imperceptible, de l’inquiétude vague, de la solitude, elle, plus précise et qui, un instant, pèse sur les épaules. Larguons les amarres du jour. Un léger pincement au cœur, comme quand le quai s’éloigne et que l’amarre tombée à l’eau est remontée à bord. Voici maintenant venir la double traversée, celle de la mer et celle de la nuit. Les êtres de cette terre, les formes familières, les certitudes réconfortantes une à une s’estompent et disparaissent. Voici venir maintenant la double solitude, celle de la nuit et celle de la mer. Seigneur, que j’aime naviguer de nuit. Peu à peu, chacun de nos sens va retrouver une autre habilité, une autre vie. L’œil, perdu d’abord, tâtonne dans le noir et enfin trouve son chemin. Le blanc d’une crête de vague qui déferle lui fait signe. Une étoile qui se balance entre deux haubans l’appelle. La main, aveugle, va aussi trouver sa route. La barre, dans la paume, la soutient. La résistance de la mer, comme la tendance du bateau à lofer, lui sont d’autres mains qui la guident. Et l’oreille ! Son règne commence. S’il fait beau, le bruit de l’eau contre la coque est une soie qu’on déchire. S’il vente, c’est le plain-chant de la mer qui s’élève. Une écoute qui bat, une voile qui faseille, une drisse qui claque. Vent arrière, c’est l’orchestre avec les stridences du vent et la basse continue de la mer qui roule sur elle-même. Vent debout, c’est le vacarme, tout craque et gémit, mais chaque craquement porte un nom. Ceux qui croient que la voile c’est le silence n‘ont jamais navigué à la voile. Comme elle se peuple vite, la mer déserte et la nuit où l’on est seul. La nuit, tout bruit est multiplié, renforcé, répercuté, toute distance agrandie de la dimension du mystère : tout contact devient surprise hostile ou geste amical. La nuit, tout est différent et plus rien n’est indifférent. Etre seul, à la barre, de nuit, ce n’est pas la même chose non plus. Le jour est quand même une sorte de compagnie. Désormais, il n’y a plus que la mer et son cercle autour de vous, plus près, plus serré, plus dur, doublé et renforcé du cercle de la nuit. Mais qu’elle va se peupler vite, la nuit sur la mer …. Passent dans la tête les songes demi-éveillés, des souvenirs, penser à lâcher le cunningham, des visages amis, qu’est-ce qui brinquebale encore en bas …. Pas de vastes pensées philosophiques, non, au risque de décevoir les âmes romantiques. Mais une sorte d’histoire sans queue ni tête, pleine de photos jaunies, de détail de cuisine, de jubilation vague, qu’inquiétudes techniques soudaines et dérisoires, de paix qui ne sait pas qu’elle est la paix. De temps en temps, le cockpit étanche prend la parole. L’eau qui siphonne vous interpelle. « gloup-choub bubletcouck » ou autres phrases qui m’ont toujours paru relever d’une langue ouralo-altaïque assez proche du turc. On lui répond. On se répond aussi, car assez vite on se parle sans plus très savoir si c’est en dedans de soi ou à haute voix. Parfois aussi une autre voix dit votre nom, net, précis. Comme elle se peuple vite, la mer déserte et la nuit où l’on est seul….. Antares peu à peu s’engloutit dans le noir de la mer. Dans le noir de la nuit, la Grue fidèle navigue de conserve à bâbord. Arctucus, pierre brillante jetée de la Grande Ourse, va sombrer à son tour. A l’Est, cette décoloration comme une maladie de peau, c’est l’aube qui gagne. Maintenant, on peut aller dormir. Oui, que j’aime naviguer de nuit.

dimanche 11 novembre 2012

Un Fécamp en Novembre

Un vent proche de l'idéal,
pour un aller retour Fécamp  


   Les prévisions, que cela soit du vent ou de la marée, prévus pour ce weekend des 10 et 11 Novembre étaient quasiment parfaites pour faire un aller retour à Fécamp; y aller et en revenir durant deux journées de navigation.
   Pour le vent nous avions le samedi un Sud Ouest virant Ouest de plus de 10 noeuds et le dimanche un Nord Ouest de même force; parfait que du portant, du largue au grand largue.
   Pour la marée, une basse mer en début d'après midi garantissait pour l'aller, si le départ se faisait en fin de matinée (juste avant la fermeture du sas), un courant neutre car traversier jusqu'au cap de la Hève, et puis légèrement favorable avec le début du flot; pour le retour, un départ à pleine mer en milieu de matinée permettait d'envisager un courant favorable de jusant jusqu'à ce même cap de la Hève suivi d'un courant de flot traversier jusqu'à l'ouverture du sas de Deauville.
   J’espère sincèrement que ces explications techniques seront compréhensibles pour les initiés et pas trop rébarbatives pour les non manchards; bref, les conditions de nav' étaient idéales pour un aller-retour Deauville Fécamp et cela sur deux jours.

   Je me suis retrouvé ce samedi matin pour réalisé ce trip, ce voyage; tout s'est déroulé comme prévu au niveau du vent et du courant; tout sauf la nébulosité; qui de variable est devenu franchement pluvieuse. Mais ces "gouttes de pleurs" comme disait Barbara ne purent m'enlever le plaisir de voir la navigation se déroulait comme prévu, au niveau du vent et des courants; ainsi sont les plaisirs des manchards toujours satisfaits de voir leurs prévisions de nav' être réalisées.
   Rendu à Fécamp, amarré au ponton visiteur, ma déception fut grande sur deux points: d'abord les pontons étaient très sales, avec la couche de "fient" déposée par les oiseaux marins; de plus je ne pus me ravitailler en eau, les robinets ayant été fermés. Stupeur et incrédulité: farfa était en panne d'eau.
   Un bon dîner au restaurant, avec du "poulet" de Fécamp" (filets de harengs) assez bons mais suivi d'une entrecôte qui, elle, n'avait eu le temps de décongeler avant d'être cuite; je retournais au bateau en essayant d'oublier cette incroyable catastrophe : farfa était en panne d'eau.

   Le départ du lendemain fut comme prévu (ah qu'il est doux de naviguer comme prévu !) avec un temps plus ou moins maussade mais le vent souhaité. Et le passage du cap d'Antifer se fit au près / bon plein avec le Noroit que la MTO avait annoncé.



  
          
Nous avancions bien,
dans un soleil presque hivernal



   Près de Deauville, le ciel est devenu nuageux / pluvieux
et j'ai eu droit à cette tentative d'arc en ciel.

   


Ainsi sont les nav' en baie de Seine.

lundi 22 octobre 2012

En Remontant la Seine

Un aller-retour
jusqu'au Pont de Brotonne

   Les prévisions météorologiques ne seront jamais une science exacte; pour ce long weekend d'octobre, car rallongé avec le vendredi, j'avais confiance en des prévisions de temps ensoleillé malgré le peu de vent; mais si le vent fut absent, j'eu droit, en guise de soleil, à une pluie qui n'a quasiment pas cessé durant trois jours.
Comment peut-on trouver du plaisir à naviguer en Baie de Seine dans ces conditions ? 

   Départ le vendredi en début d'après midi avec une fine pluie et tenace; ayant eu l'idée de reimpermeabiliser les deux parties de mon ciré avec une de ces petites bombes miracles, aucune goutte ne pouvait logiquement les traverser durant ces trois prochains jours.

   Sitôt sortie, je put faire cette vidéo
qui se passe de tout commentaire.



  Un peu plus tard, durant une improbable accalmie, se présenta le spectacle toujours étonnant du marérographe, vu ce jour à moins de 10 mètres ; rappelons qu'il s'agit d'un pylône  enfoncé très profondément dans le sable et / ou la terre, dans un des endroits où il y a vraiment des vagues, et dont la taille totale (hors de l'eau et sous l'eau) doit friser les 15 mètres.



   
   Arrivée à Honfleur au ponton visiteur en fin d'après midi. Durant mon frugal repas, je mettais au point le plan du lendemain, en intégrant les horaires suivants:
- La basse mer est prévue vers 10 heures au Havre, le flot arrive une heure plus tard à Honfleur; ce décalage de flot augmente au fur et à mesure que l'on remonte la Seine et les horaires sont précisément indiqués dans la brochure que remet le port de Honfleur.
- Les courants doivent être forts avec un coeff de 100, je dois pouvoir compter sur un bon 4 noeuds avec le flot.
- après 6 heures de flot, le jusant devrait démarrer vers 4 heures de l'après-midi
   En conclusion, et en intégrant le fait que la journée du lendemain serait (très) peu ventée; je décidais de faire un essai de remontée de la Seine au moteur, porté par le flot, et cela jusqu'au maximum possible; et puis de redescendre avec le jusant pour retourner à Honfleur avant que la nuit ne soit trop noire.

   Au matin, départ pour le sas de sortie de 11 h 30; après avoir payé mon du au harbour master qui est, à Honfleur une jeune fille très sympathique; à cela change du Havre où nous avons affaire à des "alcoolo-tabagiques" de la plus basse espèce !!! Bref à Honfleur on paye comptant et content.
  Sitôt sorti, et avec le moteur mis tout juste à 1 600 tours, j'ai le plaisir de me voir entraîner par le courant, et d'avoir le plaisir d'admirer la vitesse GPS accélérer,  et de se mettre rapidement vers les 8 noeuds; dans notre si belle baie, c'est toujours avec beaucoup de fierté que nous faisons des nav' avec le courant, content d 'avoir pu anticiper cette aide si naturelle, et très heureux d'augmenter notre vitesse grâce à la marée; la vue du GPS montrant 10 noeuds est du plaisir à l'état pur.


10 noeuds et le moteur à 1 600 tours
   Et on remonte vite avec un bon courant de flot; ce n'est qu'en passant près d'une bouée qui, retenu au fond de la Seine, nous permet de visualiser cette eau mouvante.



   La circulation n'est pas si facile quand on remonte la Seine, car d'autres engins flottants  de très gros cargos, la descendent; la règle est que le "gros" soit dans le chenal et le "petit" juste à l'extérieur.


   
   La remontée se poursuivit, dans cette ambiance si particulière dégagée par une après-midi grise et humide de la fin d'un mois d'octobre; et j'ai atteint le pont de Brotonne  le 3éme et dernier pont entre Le Havre et Rouen.



   Toujours de l'avant, vers l'amont, farfa continuait sa course; cependant, une question commençait à me tarabusquer ....... cette renverse de courant, ce passage du flot au jusant c'était pour quand ? Cela allait démarrer à quel moment ? Le temps, les heures passaient, et les signes de moindre poussée du courant se faisaient discrets; nous étions à 16 heures passées avec toujours du courant porteur, bien plus faible (un noeud au max) mais du flot; la décision de faire demi-tour fut prise; mais, en refaisant mentalement les calculs de courant, je commençais à craindre (prévoir) une arrivée nocturne.


Cinq heures me vit passer devant Caudebec,
avec comme réflexion : 
"toujours pas de jusant".




  La navigation, toujours au moteur à 1600 tours, se passait bien, belle balade dans ce nostalgique calme de cette douce et humide après-midi.



   Vite, au ponton pour un repos bien mérité après cette journée étonnante pour la balade, et assomante par le bruite continu du moteur.
  Bien a signaler pour le retour à Deauville le lendemain. 

dimanche 30 septembre 2012

Un "Le Havre Deauville" typique

Un virée classique
quand l'automne arrive

   Après avoir hésité et envisagé de faire Honfleur, le choix s'est porté sur un p'tit Le Havre, un comme tant d'autres, un de plus; pourquoi Le Havre ? Et bien tout simplement parce que l'on ne pas revenir à Deauville en fin d'après-midi quand on est parti en fin de matinée, il n'y a plus d'eau; et puis c'est une balade, on dort dans un autre port que le sien; enfin nous étions trois voiliers à rejoindre le même port, l'apéritif serait donc animé.
  Départ avant le déjeuner, pour avoir une longue après-midi de nav'; comme souvent, les prévisions sur la force du vent sont inexactes, et le petit 12-14 noeuds se transforme en 16-18 noeuds établis; ah !! Si j'avais mis la trinque tôle, j'aurais été mieux !!


  




   Avec ce beau vent, j'ai pu remonté au delà du cap de la Hève; et , vers les 5 heures, je remis le cap vers Le Havre, au milieu d'une foultitude de voiliers revenant au port après avoir régaté l'après-midi, ces croiseurs et des dériveurs; je suis croisé à contre bord par un groupe de 420 équipages féminins. Ah le quat' vingt !! toute ma jeunesse !!!
  Comme prévu, apéritif long et dîner copieux avec les matelots.

Mais qui a pris la photo ?


  Avant de quitter le port du Havre, j'ai bien attention à ne pas payer, il est dommage voir humiliant de laisser de l'argent au port le plus cher et le moins sympathique de la baie de Seine.
  Le retour se fit avec un vent de Sud Ouest virant lentement Ouest; au près tribord amures, farfa est parti du havre avec un cap 160°, quasiment vers le marérographe, et puis petit à petit le vent a adonné pour pouvoir tenir un cap 210°; cela s'est au milieu d'une nuée de voiliers qui régataient; et oui, quand le soleil brille et que le vent souffle bien, les bateaux sortent des ports de Deauville. 

dimanche 16 septembre 2012

Pétole à mi-Septembre

     Pour ce week-end des 15 & 16 Septembre, la météo prévue s'est réalisée; un bien ou un mal ? D'un coté, grand beau soleil (+++) et de l'autre pétole avec un vent qui n'a jamais durant ces deux jours dépassé les 5-7 noeuds.
    
   Pourquoi ce vent si faiblard ? Et bien entre un flux très modéré de Sud-ouest et des brises thermiques du Nord; le match fut assez équilibré; et nous eûmes, au final:
- une toute petite brise de Sud-ouest jusqu'à 11 heures
- une pétole total, un vent inexistant de 11 heures à 14 heures.
- une petite brise thermique du Nord-est de 14 heures à 17 heures.

     J'ai pu quand même rejoindre Ouistreham, en faisant la vidéo ci-dessous:


     Arrivé à Ouistreham, je suis resté au ponton d'attente; pourquoi rejoindre un port qui est devenu très cher et n'offre aucune commodités ? Je passerais de moins en moins le fameux sas de Ouistreham maintenant qu'en plus je gère mieux mon électricité.

     Le reveil du lendemain fut en deux fois, la première avant 8 heures pour laisser partir le bateau de plaisance à moteur auquel j'étais à couple, et une deuxième fois à 10 heures qui est mon heure normal de reveil. Le retour sur Deauville comporta un petit peu de voile; il fut agrémenté par le souffle d'un dauphin entendu deux fois, sa nageoire dorsale fut entraperçu, et puis il disparu dans les flots.

     La suite fut bercé par le ronronnement du Nanni qui me ramena à bon port.         

samedi 8 septembre 2012

Arromanches et son "port"

     "Ah, bon ? Il y a un port de plaisance à Arromanches ? Nous parlons bien du même endroit, Arromanches dans le Calvados, là où a eu lieu le débarquement du 6 Juin ? Non, je ne savais pas, je dirais même que je suis sur qu'il n'y à pas de "port de plaisance" à Arromanches; le seul port qui me revient à l'esprit a été celui que les Américains avaient fait de toutes pièces en 1944, mais depuis il a du être détruit pas les tempêtes."

     Si vous dites à votre voisin de ponton que vous aller faire une escale à Arromanches avec votre voilier, voila le type de remarque qu'il va vous faire: non, il n'y a pas de port à Arromanches, mis à part celui du débarquement.
   Et c'est vrai, il n'y a pas de port à Arromanches; il ne reste que les ruines de ce qui fut un des ports les plus étonnants qui soit, celui qui fut construit en quelques jours par les Alliés pour pouvoir débarquer du matériel et des hommes juste après le débarquement du 6 Juin 1944.
     Les instructions nautiques parlent d'un "abri précaire rapidement intenable" par vent du Noroit au Nordet; et ils ont raison ! Malgré le spectacle émouvant de ces grands caissons de béton, cet endroit ne mérite le nom d’escale que si les conditions météo le permettent, il faut un vent du Sud assez léger pour n'avoir que des petites vaguelettes et un petit coeff de marée pour ne pas se faire chahuter de droite à gauche par le courant traversier. 
     Justement, en ce samedi 7 Septembre, ces deux conditions étaient réalisés; et après être sorti d'un sas épouvantable comme seul la marina de Deauville peut en réserver lors des week-end Caraïbes en Normandie (quand je parle d'un sas épouvantable, le parle d'une multitude de bateaux plutôt moteur qui se bouscule sans aucune expérience ni savoir vivre ou plutôt savoir naviguer) je mis le cap sur Arromanches.
     La matinée avait été travailleuse avec: une amélioration de mon nouveau système d'écoute de Grand voile qui est passé du système "retour en pied de mat" avec 6 poulies simples au système "écoute continue sur les deux bords" avec 2 poulies doubles et 3 simples; voir la vidéo ci dessous.



     Les surliures d'écoutes de génois furent aussi refaites ainsi qu'un système d'accroche de spi asy permettant de se passer de bout dehors.
    Dès le Pylône Nord passé, et avec un p'tit Nordet tout à fait sympathique (c'est à dire inférieur à 10 noeuds et permettant à roger d'assumer tout seul) je lançais le spi asy, et le matelot "zoé" sous mon vent a pu prendre les photos suivantes; pour les non-voileux, sachez que l'on ne lasse jamais de photos de spi asy en général, et de SON spi asy en particulier !!!








Ah les belles photos
 
de beaux bateaux
 
conduits par de beaux skippers !

     Farfa taillait bien sa route et les miles défilaient durant cette après-midi pleine de soleil; je dois dire que je me suis rapidement rendu compte que mon nouveau système d'ammarage de "spi asy sans bout dehors" s'est révélé inadapté, la poulie du bras de spi se coinçant dans la ferrure d'étai; j'ai donc remis le bout dehors en mer, cela fut possible avec les conditions météo très favorables de cet après-midi.
      Les experts vont noter la différence entre la précédente vidéo et celle ci-dessous, pas facile quand même de s'y retrouver.




    Et puis je suis arrivé près de ce port, cette ruine de port, voir de ce port musée ou même ce port monument de l'archéologique de guerre; de cette vaste zone qui accueillit chaque jour des dizaines de bateaux, de Liberty Ships, de cet endroit qui a pu transformé une plage en fourmilière dont certains disent que son trafic a pu être durant quelques mois supérieure à celui de Rotterdam juste avant la deuxième guerre mondiale; de cette merveille de génie militaire il ne reste que des blocs de béton disposé en un grand rectangle, blocs suffisamment visibles pour pouvoir attirer des bateaux dans l'espoir d'un abri, mais si abîmés par les tempêtes que l'abri espéré se réduit à un mouillage en pleine eau, mouillage quelconque, si se n'est le plaisir d'avoir élu domicile dans une petite baie avec une belle vue sur de si nombreux oiseaux de Normandie, surtout ceux qui ont fait leurs nids sur ces historiques ruines.

     Ainsi vont les témoignages d'hier, les trésors futures; et je suis prêt à parier que d'ici quelques (dizaines ???) d'années, un mouvement "spontané" demandera un classement stupide voir une restauration impossible de cet endroit si nostalgique qu'est l'ancien port d'Arromanches.



         Enfin, j'ai planté la pioche, mis mon ancre dans un endroit marqué d'une ancre sur mon GPS, cela confirme qu'il s'agit d'un mouillage reconnu; et après un simili dîner / apéritif pris, le naturel a repris le dessus et pour le skipper, ce naturel est une bonne nuit après une belle journée de navigation.

     Il y a moins de choses à dire pour le retour; réveil à 7 heures et demi (beaucoup trop tôt !) moteur, envoi des voiles; mais le 8-10 noeuds prévu du Sud ne s'est pas matérialisé ou si peu, pendant de très brefs quart d'heure; sur les sept heures du retour il y a eu presque six de moteur, de plus avec un réservoir peu rempli, assez pour rejoindre la marina, mais suffisamment vide pour avoir cette sourde crainte de la panne de gasoil.

     Sas à 15 heures, le bateau en entrant, après avoir vu passer, sortant de ce sas, une interminable file de PCBN (Promène Couillon Bronze Nana).
    Une grosse chaleur m'attendait à la marina; et une ambiance comparable dans le train dur retour.


dimanche 2 septembre 2012

Week-End tonique début Septembre

     Deux  jours, un weekend complet avec farfa II; cela faisait près de deux mois (non plus de deux mois, le dernier weekend fut les 23 & 24 Juin) que je n'avais pas pris deux jours à Deauville; entre-temps, il y avait eu la grand nav' des Scillys; ainsi que les vacances. Le samedi fut plutôt morose; juste une petite sortie avec un temps nuageux et un vent faiblard; et en plus une petite pluie très fine, version bruine; un type de pluie qui  mouille peu, mais gène beaucoup la nav'; elle arriverait même à gâcher le plaisir d'être en mer. Cette fausse nav' fut suivi d'un (long) apéritif avec les Mettei & Morgane sur farfa.
    Heureusement le lendemain se présentait nettement mieux, avec un beau soleil et surtout un vent d'Ouest prévu régulier entre 10 et 14 noeuds au maximum; ce temps est idéal pour envoyer le spi asymétrique et faire quelques aller-retours devant Deauville.
     Sitôt dit sitôt fait, je me retrouve dehors, en train de gréer ce spi; je ne l'avais pas sorti depuis plusieurs mois, mais bientôt il est prêt et hissé en tête de mat; la cavalcade commence. Cavalcade car le fait de passer des 27 m² du génois aux 55 m² du spi, donne à farfa un "coup de pied au cul" magistral; mon fidèle destrier vole alors à des vitesses au delà de 6 noeuds, voir proche de 7 noeuds.
    Par chance, cet après-midi, je croisais à contre bord l'équipage du voilier Nolyca, et ceux-ci avaient un appareil photo de bonne qualité; et (oserais-je imaginer qui'ils furent éblouis par la beauté d'un 28 pieds ?) ils capturèrent ces moments d'efforts et d'émotion que je laisse au lecteur le soin de découvrir ci-dessous.








Ah ! Quelle beau voilier avec son capitaine courageux accroché à la barre ! Je remercie aussi l'auteur de ces photos d'avoir réussi à donner l'impression que je le rattrapais......alors qu'il défilait à contre bord.

mardi 7 août 2012

Sur la plage de Deauville ...

Que dire quand on a fait une grosse (mais finalement pas grave) bêtise ?


     Certes je pourrais philosopher sur le thème : "Naviguer en solo 311 heures c'est bien, mais il faut ne pas se relâcher à la 312ème heure." Cela serait un début d'explication à l'aventure qui m'arriva, en ce milieu de nuit, alors que mon port d'attache se rapprochait et qu'un relâchement dans la conduite de farfa s'était sans doute installé. Revenons aux épisodes précédents; si je reprends mon journal de bord je note : "23h15: RAS, ETA (estimated time arrival pour ceux qui ne maîtrise pas la langue de Shakespeare; en français: heure estimée d 'arrivée) 1 heure;  cette ETA est au Pylône Nord du chenal du port de Deauville; farfa avance à 5 noeuds sur un mer plate". Sans aucun doute une fin de navigation parfaite, fraise sur le gâteau d'une très belle croisière en solo aux Scillys.
    Et le matelot-skipper, après avoir écrit ces quelques notes, et tandis que farfa continuait sa route tribord amures, pensât qu'il pouvait s'assoupir quelques minutes sur la couchette tribord; farfa n'était que très peu gîté, cette couchette était parfaite pour un léger repos.

     Hélas ! Trois fois hélas !!! Cette assoupissement qui se voulait momentané, prévu pour durer entre 15 et 30 minutes, s'est transformé, sans doute à cause de ce maudit relâchement que procure la sensation de l'arrivée et de la promesse de ces visions de beaux souvenirs après une croisière agréable, en profond mais alors très profond sommeil. Hélas ! Trois fois hélas !!! Que se produit-il quand un voilier, guidé uniquement par un pilote automatique se repérant sur le cap magnétique, prolonge sa route vers son port d'attache, ne sachant pas que ce port est au-delà d'une plage, et que cette même plage est à la fois longue mais relève doucement son niveau comme celle de la grande plage de Deauville ?
     Et bien le voilier, mon brave farfa, continue sa route en ligne droite; et, sans pouvoir savoir que devant le port il y a cette plage, il va tout doucement, sans aucune brutalité car la mer était belle, se mettre au plein (il est certain que ce mot est bizarre et inadapté, mais c'est celui qui est employé dans le langage maritime quand un bateau se retrouve à terre involontairement) sur le sable de cette magnifique et très connue plage. Vers 1 heure du matin, endormi dans un sommeil que seule la très proche arrivée pouvait expliquer, j'ai tout d'un coup la sensation, dans l'état quasi comateux que quelqu'un que l'on aurait réveiller brutalement, que quelque chose ne va pas dans le rythme habituel de farfa quand il navigue; je me lève (écrasant au passage ma paire de lunettes qui était tombé par terre), et regarde par l'arrière ce qui se passe; et je ne comprends pas vraiment ce que je vois.
     Car quelle est la vision qui s'offre à moi ? Du noir d'abord, car il fait nuit; mais derrière le bateau cela a l'air  plus noir que noir, et puis ce bateau est tout secoué; serais-ce un orage subit ? Et un très fort clapot généré par une brusque montée du vent ?
     Sortant de la cabine de farfa et regardant plus précisément l’extérieur, une sensation  rapidement de plus en plus très désagréable commença à m'envahir ..... et si .............. Et si cette clarté noire devant moi n'était pas la mer  mais la terre......... Et si ce clapot dure et inhabituelle était .... 
     
     Nom de Dieu !!! Pute borgne !!!!! Et si ce mouvement était celui de la quille de mon brave et fidèle destrier raclant un banc de sable inconnue, non cartographié par le SHOM, non cela est impossible. Mais alors, et si j'étais malencontreusement et ignobablement échoué, au plein, sur la terre ferme; et si j'étais dans la situation qui est, depuis la nuit des temps, la terreur de tous ceux qui vont sur la mer ?
     Franchement, les mots de Conrad me sont revenu à l'esprit; "Un capitaine qui échoue son bateau a le droit pendant cinq minutes à penser à des idées de suicide".
     Au bout d'un nombre très brefs de secondes, et après un effort intellectuel tout aussi intense que la situation était risible, honteuse tout en restant non dangereuse du point de vue de la sécurité (car je compris aussi tout cela se passait à quelques mètres de la ville et qu'il me suffisait de mouiller mon short pendant 3 secondes pour me retrouver sur la terre ferme) je me mis à envisager ce qu'il fallait faire, et d'abord affaler et ranger les voiles qui claquaient au vent.
     Une fois cela fait en quelques minutes grâce à mes deux enrouleurs, génois et grand-voile; j'eus l'heureuse surprise que voir mon farfa se mettre spontanément face aux  vagues, face à la mer; et de constater que la mer, le clapot était somme toute assez réduit, de 15 à 20 centimètres et que le bateau, selon l'expression très proche de la réalité et des sensations du matelot, ne "souffrait" pas.
     Et je pris la VHF, et lançais (selon l'expression utilisée) un Pan Pan Pan sur le 16; que cela veut-il dire pour les non-inities ? Et bien le canal 16 est celui réservé à la sécurité en mer; et on peut y lancer trois types de message: Mayday veut dire risque sérieux pour une personne humaine; Pan problème technique important et Sécurité pour informer les autres. Le fait d'envoyer un Pan voulait bien dire aux services de secours que je (ma personne physique) n'étais pas en danger, mais que le bateau était dans une situation on ne plus désagréable.
     Dans les 5 secondes qui ont suivi, je reçus une réponse du Cross Jobourg (l'organisme qui surveille la mer de Dunkerque à Brest) un "vrai" professionnel qui m'a rapidement demandé de changer de fréquence (sur le 68 il me semble) qui s'est assuré que j'allais vraiment bien, que j'avais mon gilet de sauvetage (et oui je le porte à 100% en solo avec en plus une balise Sarsat-Corpas attaché à celui-ci); il ma' aussi demander de confirmer que mon appel était bien pour le bateau (pour mon farfa) ce qui voulait dire , en langage codé, que j'étais d'accord pour payer le renflouement, ou plutôt de dessouchement de mon voilier; j'ai été évidemment d 'accord, non seulement pour sortir mon voilier de cette position difficile, mais aussi pour ne pas subir la suprême humiliation d’être le matin suivant, d'ici quelques heures, la vue et la risée de quelques centaines de milliers de personnes sur la plage de Deauville.
     Je garde aussi le souvenir précis de m’être trompé sur ma position, et d 'avoir déclaré être devant la plage de Trouville, confusion excusable d'un pi’taine en situation de stress; mais la confirmation de ma position avec les coordonnées GPS fut sans aucun équivoque, j'étais bien sur la plage de Deauville, juste en face du mur de pierre qui délimite le début du port de la marina de Deauville; que se serait-il passé si les coefficients avaient été plus haut, et si la haute mer avait pu frôlé voir être sur ce mur de pierre  de granit ? On peut facilement imaginer un bateau en plastique détruit sur ces rochers, et le matelot courant se réfugier sur la terre ferme en sautant sur ceux-ci.
     Maintenant il me restait à attendre; et comme celle-ci est mauvaise conseillère, j'ai allumé mon moteur en imaginant que celui-ci pouvait lutter contre les vagues et aurait assez de puissance pour faire avancer une quille raclant sur du sable; je ne suis arriver qu'à déclenché l'alarme température, la prise d'eau de refroidissement se trouvait à l'air libre.
     Attendre j'ai donc continué, et bientôt est apparu la vedette SNSM de la base, avec ses gyrophares allumés; elle m'a rapidement vu mais s'il était clair qu'elle avait la puissance pour sortir farfa de ce mauvais pas, il était aussi sur qu'elle ne pouvait pas s'approcher suffisamment de moi pour me passer le câble, ce bout salvateur et l'accrocher sur mon farfa.
     Ils durent mettre leur zodiac à l'eau, et celui-ci vint me rejoindre en portant ce fameux câble; deux personnes étaient à bord, l'un d'entre eux monta sur farfa en tenant ce bout et l'autre ramena le zodiac vers la vedette.
     Prenant cette amarre  de 20 mm, je l'amenais vers l'avant du bateau pour le fixer sur un taquet; je commis alors une petite erreur en mettant ce bout sur le taquet tribord sans faire un brelage avec le taquet bâbord; on verra le résultat plus tard. Une fois ce bout mis, j'ai recontacté la vedette par VHF pour lui dire que tout était OK de mon coté et que la balle était dans son camp, dans la puissance de ces moteurs diesels.
     Et alors en seulement quelques minuscules secondes, dès que la vedette fut dans la bonne position, situation, avec le bon angle; le capitaine de la vedette mis les gaz et farfa fut tirer d'affaire, le sondeur commençant à relever des valeurs positives; farfa était à flot !!! Hourra pour la SNSM !!!
    A flot je mis le moteur en route, le laissant sur neutre, et j'avançais pour libérer le bout, en coordination avec la vedette qui se trouvait 30 mètres devant moi; et, comme souvenir de la puissance qu'il avait fallu déployé sur ce câble en "plastique", les clés que j'avais fait sur le taquet se sont révélés si serrés par la tension que j'ai du aller cherché une pince pour les défaire; je constatais aussi que la tension du bout sur un seul taquet avait fait ployer le balcon avant, il était tordu de 20 à 30° sur la droite, ce même balcon que j'avais fait refaire l'hiver dernier; finalement cela sera le seul souvenir matérielle de mon aventure.


Le tracé sur le GPS de farfa en plein dans l'estran 

    Une fois à flot, tout n'était pas fini, et comme on dit dans les livres, je peut vous garantir que l'on n'est pas à 100% de ses capacités après un choc de ce type, et je me sentais si peu sur de moi que j'ai voulu donner la barre au gars de la SNSM à bord !!!
     Je me suis ressaisi, et suivant la vedette, je rentrais dans la marina de Deauville; la vedette s'accosta au ponton visiteur, je me mis à couple, et les papiers de mon farfa furent donnés à un matelot qui me connaissait car il travaille sur le chantier de la marina; j'ai eu aussi l'impression que l'équipage de la vedette SNSM, en faisant son bilan à chaud, conclut qu'il manquait d'entrainement dans les actions de nuit.
   
    Le lendemain matin, j'allais au chantier pour payé mon dû (en effet le sauvetage des personnes est gratuit, mais le sauvetage des bateaux est payant), et je fus quand même surpris de deux choses: 


  1. la modicité de la somme (350 €) qu'il m'a été demandé de régler pour le déplacement d'une douzaine de personnes en pleine nuit.
  2. Le fait de découvrir que les assurances nautiques remboursent intégralement les interventions de la SNSM; cela est logique au deuxième degré, vaut mieux rembourser 350 € d'interventions que 3000 € de réparations; mais cela fait quand même drôle de se voir rembourser  le coût venant d'une erreur !!!

En résumé, l'entrefilet paru
dans Ouest-France le lendemain.